La Socfin se désiste de son appel contre Mediapart et deux ONG

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(Photo : Le Quotidien)
Le Figaro avec AFP | 13/02/2019

La Socfin se désiste de son appel contre Mediapart et deux ONG

La Socfin, une holding propriétaire de plantations en Afrique et en Asie, dont le groupe Bolloré est actionnaire, s'est désistée mercredi de son appel contre le site Mediapart et deux ONG, poursuivis en diffamation.

Les ONG ReAct et Sherpa ainsi que Le Point, Mediapart et L'Obs avaient fait état en avril 2015 d'"accaparements" de terres appartenant aux riverains de plantations de palmiers à huile et d'hévéas. La Socfin, holding luxembourgeoise dont le groupe Bolloré est actionnaire à hauteur de 39%, les avait poursuivis en diffamation, mais les trois médias et les deux ONG ont été relaxés en mars.

Le tribunal correctionnel de Paris a estimé que même si les propos litigieux étaient diffamatoires, les prévenus pouvaient être relaxés au titre de la bonne foi, compte tenu notamment "de l'existence démontrée de revendications portées par certains riverains des plantations" de la Socfin et de la Socapalm.

La Socfin a renoncé mercredi à l'appel qu'elle avait interjeté contre les deux ONG et Mediapart. "A partir du moment où le tribunal a dit qu'il y avait eu diffamation, il n'y avait pas lieu de recommencer les débats contradictoires. Le tribunal nous a donné satisfaction sur le fond", a expliqué à l'AFP Dominique De Leusse, l'avocat de Socfin et de sa filiale Socapalm, qui a des activités au Cameroun et qui avait également poursuivi les ONG. Pour l'avocat de Mediapart, Emmanuel Tordjman, ce désistement montre que la Socfin "ne voulait pas qu'on remette dans le débat public la situation des habitants dans les plantations en Afrique, (...) une question qui commence à prendre de l'envergure".

Lors du procès en janvier, ONG et médias avaient dénoncé des "poursuites-bâillon". Ce procès "n'a pas d'autre but que de créer un climat d'intimidation", avait ainsi affirmé l'avocat William Bourdon, président de l'association Sherpa. Dans une tribune, des journalistes et ONG avaient dénoncé les poursuites systématiques dont ils font l'objet quand ils s'intéressent aux activités du groupe Bolloré, notamment en Afrique.

Mardi, le tribunal correctionnel de Nanterre a renvoyé au 1er octobre un procès opposant des paysans cambodgiens au groupe Bolloré, accusé de s'être accaparé leurs ressources. En 2015, 51 - désormais 77 - paysans cambodgiens de l'ethnie Bunong ont assigné le groupe Bolloré en justice. Ils l'accusent d'avoir détruit plusieurs hectares de forêt au seul profit de la culture du caoutchouc, les privant ainsi de leurs ressources.

Le Figaro avec AFP
  •   AFP
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