Al Qudra : Le holding concrétise doucement ses projets au Maroc

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Mahmood Ebraheem Al Mahmood, PDG d'Al Qudra Holding (JOSEPH J CAPELLAN)

Le Matin | 27.02.2008

La filiale marocaine gère les investissements du groupe en Afrique du Nord et de l'Ouest

Par Nadia Benyouref | LE MATIN

Lorsque le groupe Al Qudra a démarré ses activités au Maroc, en novembre 2006, en lançant sa filiale Al Qudra Holding Morocco, il avait décliné en fanfare son ambition d'investir, à l'instar de la maison mère, dans des projets relatifs à l'immobilier, l'industrie des matériaux de construction, le tourisme, le transport, l'oléiculture, la pêche et la transformation des produits de la mer.

A la date d'aujourd'hui, près d'une année et demie d'activité au Maroc, des langues se déchaînent et des questions commencent à pointer du nez quant à la ténacité des engagements de ce groupe émirati, surtout que lors de l'inauguration du siège régional du holding Al Qudra, à Rabat, le président du groupe, Salah Salem Ben Omeir Al Shamsi, a déclaré que les dossiers avaient été préparés et les discussions nécessaires à leur établissement avaient été déjà engagées avec des partenaires publics et privés.

Pour couper court à toutes les supputations, le management de la filiale marocaine, qui gère également les investissements du groupe en Afrique du Nord et de l'Ouest, nous a révélé l'état d'avancement de ses projets au Maroc, sachant qu'outre les secteurs constituant le core Compétences d'Al Qudra, le groupe investit dans les différents secteurs de l'économie en tant qu'investisseur financier à travers des prises de participation minoritaires stratégiques.

Ainsi, dans l'immobilier, à travers une joint-venture (JV) constituée avec le groupe Addoha, donnant naissance à Al Qudra Addoha, deux projets ont été lancés: le premier se situe à la ville nouvelle de Tamesna, alors que le second est à Larache sur une surface totale d'environ 60 hectares. Dans le secteur touristique, les études sont en cours pour développer un projet touristique intégré sur un terrain d'environ 260 hectares au nord de Rabat sur la côte atlantique et d'un ressort intégré sur une surface d'environ 450 hectares sur la Méditerranée. Toujours dans le tourisme, le groupe, via sa filiale marocaine, a procédé à une prise de participation minoritaire dans le capital d'une société leader dans le développement immobilier et touristique dans le cadre d'une opération de placement privée destinée à renforcer les fonds propres de la société.

Dans l'agriculture, le management a levé le voile sur la constitution d'une JV avec des partenaires marocains actifs dans le secteur de l'huile d'olive à l'export. «Al Qudra Agrolivoil a pour objectif de développer un projet intégré d'agriculture, trituration, embouteillage et export de l'huile d'olive. La surface cible est de 14.000 hectares.

La société a participé aux appels d'offres lancés par les pouvoirs publics relatifs aux terrains des Sodea-Sogeta. D'autres terrains sont en cours d'analyse pour démarrer les travaux de plantation», a déclaré le management. Reste à préciser que le secteur oléicole attise de plus en plus les convoitises des investisseurs marocains et étrangers. Le business est juteux et le rendement y est sûr. Par ailleurs, en plus du Maroc, des projets ont déjà été lancés en Algérie, en Mauritanie et au Sénégal.

En Algérie, la société développe trois projets immobiliers dans les villes d'Alger, Oran et Tamanrasset. Le plus avancé étant un projet sur le site de Sidi Freij sur la Méditerranée près d'Alger. Elle a également obtenu des concessions portant sur 31.000 hectares de terrains agricoles pour y développer des projets dans les segments de l'huile d'olive, la production laitière et de pommes de terre.

En Mauritanie, dans le secteur de la pêche, Al Qudra a signé un accord avec le gouvernement mauritanien portant sur un quota de 200.000 tonnes/an de poisson pélagique. Elle négocie également avec un partenaire international la mise en place d'un projet dont les termes stipulent, d'une part, qu'une partie du quota sera pêchée, congelée à bord et commercialisée dans les marchés internationaux sans débarquement à terre, et d'autre part, en fonction des possibilités de débarquement au port de Nouadhibou, une quantité de plus en plus importante sera débarquée et valorisée à terre.

Al Qudra s'est engagé sur des projets immobiliers et touristiques à Nouadhibou dans le cadre du grand projet d'aménagement de la baie de Nouadhibou en cours d'étude par le gouvernement mauritanien. Au Sénégal, dans le cadre d'une convention globale signée fin 2007 avec le gouvernement sénégalais, Al Qudra conduit actuellement les études de faisabilité pour des projets de développement de deux complexes immobiliers et touristiques (hôtels, centres de conférences, centres commerciaux, résidentiels, etc.) à Dakar et d'acquisition d'une société opérant dans la conserve de thon.

En somme, en dehors de ces activités, Al Qudra veut déployer au Maroc son expertise internationale dans le transport urbain ainsi que dans la construction et la gestion des infrastructures (ports, aéroports…). Le siège de Rabat, base régionale pour s'étendre vers d'autres pays de la région, est destiné à dénicher les opportunités afin de les canaliser vers la société mère à Abu Dhabi.

450 MDH investis avec célérité

Jusqu'à présent, le montant des investissements déboursé par Al Qudra au Maroc s'élève à 450 MDH. Il porte sur une prise de participation minoritaire dans le capital d'une société prestigieuse ainsi qu'un projet à Tamesna pour le développement de 360 villas économiques. Pour ce qui est des projets en cours d'études, ils concernent d'une part, un grand projet résidentiel à Larache sur une surface de 48 hectares, dont l'investissement est à 1,2 MMDH, et d'autre part, deux projets de ressorts touristiques, l'un situé sur la Méditerranée et l'autre sur l'Atlantique sur des surfaces respectives de 264 hectares et de 450 hectares.

L'investissement prévu est d'environ 13 MMDH. S'y ajoutent un projet intégré d'huile d'olive (plantation, trituration, embouteillage et commercialisation) sur une surface de 14.000 hectares dans plusieurs régions du pays pour un investissement qui dépasse les 2 MMDH. Jusqu'à aujourd'hui, le financement a été assuré par les fonds propres du groupe et par le recours à l'emprunt auprès des banques marocaines. Pour les grands projets en cours de développement, Al Qudra envisage un financement par les fonds propres, les banques locales, ainsi que les banques émiraties et internationales.
Original source: Le Matin
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