La riziculture pourrait connaitre un boom en Afrique

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La Chine, dit Robert Zeigler, a déjà investi danes des zone rizicoles de l'Afrique subsaharienne, évoquant le Soudan, le Mali, le Sénégal, le Ghana et le delta du Niger. De tels investissements doivent être contrôlés mais pas refusés, selon lui.

Agence France Presse | Mardi, 14 Juin 2011

MADRID, 14 juin 2011 (AFP) - L'Afrique subsaharienne pourrait doubler voire tripler ses rendements de riz et même un jour en exporter vers l'Asie où l'expansion urbaine et la montée du niveau des océans menacent les rizières, explique un chercheur.

Une grande part de l'Afrique subsaharienne, le Soudan par exemple, a de grands espaces disponibles pour la culture du riz, a déclaré à l'AFP Robert Zeigler, directeur général de l'Institut international de recherches sur le riz de Manille. Mais ces terres doivent encore être exploitées.

Pour l'instant l'Afrique importe 40% de ses besoins d'Asie. En 2009 la production de riz en Afrique s'est accrue de 3,44% atteignant 24,43 millions de tonnes, selon les statistiques de l'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

Mais la demande s'est accrue de 4,2 % la même année obligeant le continent à importer 10 millions de tonnes pour une valeur de 4 milliards de dollars (2,8 milliards d'euros), a relevé le rapport annuel du Centre du riz pour l'Afrique (Adrao).

"Nous cherchons à doubler ou à tripler les rendements en Afrique, ils sont très bas actuellement", a expliqué M. Zeigler à Madrid où il était venu recevoir un prix de la fondation espagnole BBVA.

"D'ici dix ans nous allons nous allons commencer à voir des évolutions des statistiques nationales de production, je n'ai aucun doute la dessus", a affirmé le chercheur.

L'Institut international de recherche sur le riz (IRRI) ) prévoit une "révolution verte" en Afrique à partir de semences améliorées, de meilleures infrastructures, de mécanisation simple des outils agricoles et de recherche agronomique.

A long terme, explique son directeur général, la demande de riz va continuer de s'accroitre en Asie mais les terres disponibles pour les rizières sont déjà saturées et leur surface pourrait se réduire. Les mégapoles asiatiques gagnent du terrain sur les cultures et des deltas sont submergés par la montée des eaux ainsi que par les tornades dues au changement climatique, décrit M. Zeigler.

"Si vous regardez l'Afrique subsaharienne, il y a des zones, de très très grandes zones qui ont beaucoup de terres, de très bonnes terres, qui ont beaucoup d'eau et il y a peu de gens qui y vivent", dit-il.

"Ce sont des zones qui pourraient devenir les sources d'apport alimentaire dans le monde", estime M. Zeigler évoquant le Soudan, le Mali, le Sénégal, le Ghana et le delta du Niger.

La Chine, dit il, a déjà investi certaines de ces régions. De tels investissements doivent être contrôlés mais pas refusés.

"Il se pourrait que d'ici 25 ans l'Inde ou la Chine tirent des ressources significatives de leurs implantations en Afrique subsaharienne", prévoit le chercheur.

"Si c'est fait correctement ça pourrait être un énorme avantage pour les cultivateurs d'Afrique, de faire baisser la pression sur les terres en Asie, si c'est fait correctement tout le monde sera gagnant", ajoute-t-il.

L'IRRI a des programmes au Mozambique, en Tanzanie, au Burundi et en Ouganda. Il a noué des liens avec l'Adrao qui réunit une vingtaine de pays africains afin d'accroitre la riziculture sur le continent.

Le riz africain s'est détérioré avec le temps et de nouvelles variétés sont nécessaires qui poussent plus rapidement et qui soient plus résistantes à la sécheresse et aux maladies, dont le virus africain de la panachure jaune.

Mais les pays africains doivent également construire des routes entre les fermes et les marchés, et développer l'irrigation cruciale pour la riziculture, a ajouté Zeigler.

En Afrique les travaux agricoles sont souvent faits par des femmes avec des houx rudimentaires et portant leur bébé sur le dos.

Original source: AFP
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