Alerte précoce : Tensions exacerbées dans la chefferie de Malen

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Socfin, dont le siège se trouve à Luxembourg, est une filiale du groupe français Bolloré
Green Scenery | Communiqué de presse | traduit de l'anglais par GRAIN

Freetown, 11 octobre 2011

Alerte précoce : Tensions exacerbées dans la chefferie de Malen. La police a arrêté des manifestants opposés à l’accord foncier. Les parties prenantes devraient se mettre à la table des négociations

Selon des sources locales de la chefferie de Sahn Malen, dans le district de Pujehun, la police sous la direction de M. M. Sesay, commandant de l’unité locale de police, a arrêté  au moins 30 manifestants pacifiques dont le porte-parole Eddie Amara et les a transférés à Pujehun. Ceux-ci sont accusés d’atteintes à l’ordre public, selon le Commandant.

Depuis le lundi 3 octobre au soir, les familles propriétaires de leurs terres bloquent la zone d’opérations de Socfin (SAC) à Sahn Malen, au sud du pays. L’entreprise est l’un des plus grands investisseurs dans les plantations de palmiers à huile en Sierra Leone ; son nom a été mentionné dans le discours du Président, à l’occasion de la cérémonie d’ouverture du parlement.

L’accord de bail signé entre le gouvernement et la chefferie et sous-traité à l’entreprise provoque de grandes inquiétudes parmi les communautés affectées. Les propriétaires de terres font entendre leur colère de ne pas avoir été véritablement consultés et d’avoir été privés des détails concernant l’accord de bail qui a été encouragé par leur chef suprême B.V.S. Kebbie. La compensation pour les plantations et le loyer annuel de la terre confère une valeur ridicule à la perte des terres et des revenus de subsistance pour les familles à qui appartenait la terre. Les communautés affectées réclament régulièrement la renégociation de l’accord de bail, mais rien n’a vraiment été fait pour résoudre le problème.

Tout dernièrement, le 2 octobre, elles ont envoyé leurs doléances aux parties prenantes dont le commandant de police de Pujehun, leur chef suprême et le bureau du Président. Plusieurs réunions ont eu lieu avec les parties prenantes, mais plutôt que de considérer les causes profondes des doléances, les problèmes ont été banalisés ou transformés en questions personnelles entre les principaux protagonistes, son excellence le chef suprême et le député de cette circonscription.

Des travailleurs, essentiellement des hommes jeunes, se plaignent également des conditions de travail et de sécurité ; ils dénoncent notamment l’absence de vêtement et d’outils de travail, l’absence de traitement médical en cas d’accident, les bas salaires et la précarité du travail.

Dimanche 9 octobre, un représentant de l’entreprise, Lewis Shilling, s’est rendu à Kortumahun, l’un des villages les plus touchés. Les propriétaires fonciers ont déclaré : « désormais aucun travail ne sera fait, tant que nous n’aurons pas eu de réaction de l’entreprise et du chef aux demandes énoncées dans la lettre envoyée par les propriétaires fonciers. » Des sources locales ont rapporté que des hommes jeunes de Malen, le siège de la chefferie, ont été mobilisés et amenés à Kortumahun sur un tracteur de l’entreprise. La police a été informée de ce développement par des manifestants qui craignaient que la confrontation ne devienne violente. Ce matin même, la police a arrêté les protestataires. « Nous sommes arrêtés à cause de nos droits, » a apparemment déclaré Eddie Amara.

Green Scenery exhorte le gouvernement et l’entreprise à considérer sérieusement les doléances des communautés affectées et à engager les négociations.

Les recherches entreprises par Green Scenery en début d’année ont fait état d’un manque de transparence dans l’accord foncier. Une analyse récente des accords de Socfin, signés ou en cours de négociation, met en cause leur légalité et révèle des prévisions inquiétantes qui désavantagent le gouvernement et la population.

 Contact: Executive Director, Joseph Rahall, on +232 76 601979
Original source: Green Scenery
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