Le Maurice s'apprête à acheter des terres agricoles de première qualité au Mozambique

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Reuters | le 15 août 2009 | traduction faite par GRAIN | English version

  • L'île Maurice a l'intention d'acheter des terres agricoles au Mozambique
  • Pour les sous-louer ensuite à des investisseurs
  • Deux investisseurs importants se sont déjà présentés

Jean Paul Arouff

PORT LOUIS, le 15 août (Reuters) -- L'île Maurice a l'intention d'acheter 20 000 hectares (49 420 acres) de terres agricoles de première qualité au Mozambique pour apaiser les inquiétudes toujours plus grandes concernant la sécurité alimentaire sur cette île très dépendante des importations.

Les prix alimentaires mondiaux ont baissé par rapport aux niveaux records de 2007 et 2008. Mais ils demeurent volatiles et n'ont pas retrouvé leur niveau des années précédentes, ce qui pousse des gouvernements plus riches à acheter ou à louer des terres en Afrique pour assurer l'avenir de leur approvisionnement alimentaire.

La hausse brutale des prix de l'alimentation et de l'énergie a secoué l'économie mauricienne, l'une des plus stables d'Afrique, et accru l'inflation.

Selon le ministre des Affaires étrangères, Arvin Boolell, le succès d'un projet au Mozambique servirait de tremplin à des investissements similaires dans d'autres parties du continent.

«  En théorie », explique-t-il dans un communiqué vu par Reuters samedi, « nous allons sécuriser une provision suffisante de nourriture, atténuer les chocs par rapport aux prix et réduire la spéculation commerciale. »

M. Boolell a expliqué que 5 000 hectares dans la province centrale du Mozambique étaient réservés pour l'île Maurice et que 10 000 hectares supplémentaires étaient disponibles dans le département de Marracuene, à quelque 70 km (45 miles) de Maputo.

En outre, 5 000 hectares de plus font encore l'objet de négociations, a-t-il ajouté.

Le gouvernement mauricien qui avait déjà mis de côté un milliard de roupies (31,75 millions de dollars US) pour la création d'un fond de sécurité alimentaire dans son budget 2008/2009, a l'intention de prendre possession du bail de ces terres avant de les sous-louer à des investisseurs.

UN "MEGA PROJET"

M. Boolell a indiqué que deux investisseurs importants s'étaient déjà fait connaître.

Vita Grain Ltd, une société singapourienne enregistrée au Maurice et qui y développe des variétés de riz hybride, a fait une proposition de 43,5 millions de dollars US pour le site de 10 000 hectares.

Ning Group, une entreprise basée au Swaziland, connue surtout pour ses activités d'élevage de bétail et ses chaînes de restauration rapide, s'est aussi montré intéressé, confirme M. Boolell.

Les États du Golfe, dont l'Arabie saoudite, le Koweit et les Émirats arabes unis, ont, au cours des dernières années, acheté des terres agricoles au Soudan, le pays qui reçoit le plus en aide alimentaire du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies. Selon les Nations unies, il est à craindre que les droits des paysans dans les pays pauvres ne soient bafoués.

Mercredi, la banque internationale d'investissement Rothschild a fait une mise en garde : les transactions concernant les terres agricoles sont souvent critiquées comme étant une forme d'accaparement et risquent d'endommager la réputation des États du Golfe.

M. Boolell admet que pour les opposants, ces accords ont mauvaise presse et sont vus comme une forme de néocolonialisme. Cependant, il considère que les accords bilatéraux concernant les terres agricoles peuvent être bénéfiques pour les deux parties.

« Ce n'est pas le moment pour nous de mettre notre méga-projet en attente. Il nous faut rester vigilants et avoir une attitude plus sérieuse », poursuit-il.

Environ la moitié de la surface cultivée de cette île bordée de palmiers est plantée en canne à sucre. Les étagères des supermarchés sont pleines d'aliments en provenance de Madagascar, d'Afrique du Sud, de France et d'Australie.

Jusqu'à présent, les investisseurs étrangers ont acheté entre 15 et 20 millions d'hectares dans les pays en développement, estime l'Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (l'IFPRI).

(Article écrit par Richard Lough et édité par Daniel Wallis)
Original source: Reuters
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