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CASEF : La Réunion concernée par la réussite du projet

Le projet de Croissance Agricole et de Sécurisation Foncière (CASEF) est un projet de la Banque Mondiale
Témoignages | 7 décembre 2022

CASEF : La Réunion concernée par la réussite du projet

Madagascar peut redevenir le grenier de l’océan Indien

par Manuel Marchal

La réussite du projet CASEF peut avoir des effets positifs au-delà de Madagascar. Il contribue à un objectif : que la Grande île redevienne le grenier de l’océan Indien. Alors s’ouvrira pour La Réunion la possibilité de sécuriser ses importations de produits de première nécessité notamment pour le riz ou l’alimentation animale.

D’ici 2023, près de 1,4 million d’agriculteurs malgaches seront donc en capacité d’investir pour augmenter leur production grâce à cette opération de sécurisation foncière.

Ceci permettra donc de contribuer fortement à l’objectif d’autosuffisance alimentaire de la Grande île. Plus largement, Madagascar se fixe également comme perspective de redevenir le grenier de l’océan Indien, par la valorisation de ses importantes superficies de terres agricoles.

Rappelons que La Réunion avait des liens importants avec Madagascar. C’est en effet de la Grande île qu’était importée la nourriture qui n’était pas produite à La Réunion. Actuellement, ces importations viennent de pays lointains. Le riz, aliment de base des Réunionnais, est importé de Thaïlande. Le lait et la viande viennent en grande partie d’Europe, et l’aliment pour bétail d’Argentine. Il n’est pas rare de trouver dans les commerces de l’ail de Chine, des oignons de l’Inde, ou des carottes d’Australie.

Sécuriser les importations de La Réunion

Les conséquences de l’épidémie de coronavirus et de la guerre en Ukraine ont montré la fragilité de ce système. Il suffit que quelques bateaux soient retardés pour créer des pénuries de produits de première nécessité.

Il est donc essentiel de soutenir la production locale réunionnaise pour diminuer la dépendance aux importations. Mais, compte tenu d’un foncier réduit, il semble difficile d’imaginer pour La Réunion une autosuffisance totale. Dans ces conditions, Madagascar apparaît comme le partenaire évident pour fournir à La Réunion tout ce qu’elle ne peut produire.

Une telle orientation permettra de raccourcir considérablement la distance parcourue par nos importations, ce qui les sécurisera. Elle donnera aussi la possibilité à La Réunion de renouer des relations solides avec une île sœur qui a fortement contribué à son peuplement. Un partenariat gagnant-gagnant en perspective.

M.M.

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L’objectif des certificats foncier est de faire de Madagascar le grenier de l’océan Indien.
Témoignages | 7 décembre 2022

CASEF : la sécurisation foncière des agriculteurs pour aller vers l’autosuffisance alimentaire de Madagascar

Lutte contre la pauvreté : d’ici fin 2023, projection d’atteindre près de 1,4 million d’agriculteurs malgaches sécurisés de leurs parcelles avec l’obtention de certificats fonciers pour mieux investir

par Manuel Marchal

Le projet de Croissance Agricole et de Sécurisation Foncière (CASEF) est un projet de développement de la Banque Mondiale et sous tutelles du Ministère de l’Agriculture et de l’Élevage, et du Ministère de l’Aménagement du Territoire et des Services Fonciers.

L’Opération de Certification Foncière Massive appuyée par le Projet CASEF constitue la troisième plus grande opération de sécurisation en Afrique après l’Éthiopie et le Rwanda, le CASEF vise à délivrer près de 1,4 million de certificats fonciers d’ici la fin de l’année prochaine.

Sécurisés par un certificat foncier, les agriculteurs sont incités à investir pour augmenter leur production. L’objectif principal est d’aller vers l’autosuffisance alimentaire et redonner à Madagascar son rôle de grenier de l’océan Indien. La réussite d’un tel projet peut intéresser La Réunion qui dépend fortement d’importations venues d’Europe, de Thaïlande pour le riz, aliment de base, et d’Amérique latine pour l’alimentation animale.

Le projet de Croissance Agricole et de Sécurisation foncière (CASEF) vise à appuyer la production des agriculteurs malgaches avec la sécurisation foncière de leur exploitation.

Selon Madame Danielle HAINGONAVALONA, Coordinatrice nationale adjointe en charge des Opérations de sécurisation foncière du Projet : « Lancé en 2016, le CASEF a permis à ce jour la sécurisation foncière de 561.450 parcelles…. Elle concerne 14 régions sur 23 régions de l’île. Ces résultats de production de certificat foncier avec les appuis du Projet CASEF sont conséquents avec le nombre des Certificats fonciers produits depuis l’année 2005, s’élevant à près de 792.000 ».

Augmenter la production et les revenus des agriculteurs

Ce projet part d’un constat. A Madagascar, les terres sont léguées par les parents mais bien souvent, il n’existe pas de document prouvant la propriété. Les agriculteurs concernés sont donc des occupants précaires. Difficile dans ces conditions d’investir, une telle situation ne permet pas d’améliorer la production. Or, Madagascar connaît une importante croissance démographique, et se fixe comme objectif de redevenir le grenier de l’Océan Indien. Cela signifie l’autosuffisance alimentaire et la possibilité d’exporter les surplus, d’où la nécessité d’augmenter la production et les revenus des agriculteurs.

Danielle HAINGONAVALONA explique qu’il existe deux types de documents juridiques qui permettent de justifier de la propriété foncière à Madagascar : le Titre foncier et le certificat foncier.

Le certificat foncier a été créé en 2005 et la nouvelle Loi sur les propriétés privées non titrées tend à renforcer la promotion de l’agriculture. Il est plus rapide et moins coûteux.

Les Appuis du Projet CASEF font diminuer les coûts et frais à supporter par l’usager pour l’obtention d’un certificat foncier. « Le certificat foncier tient compte du pouvoir d’achat de la population rurale. Il coûte en moyenne 5000 ariary, soit moins de 2 euros… pour son obtention, il faut justifier de l’exploitation agricole d’un terrain pendant 5 ans au minimum. La superficie de la parcelle doit être inférieure ou égale à 10 hectares. Un agriculteur peut détenir plusieurs certificats fonciers. Le délai d’obtention est en moyenne à six mois, ce qui est rendu possible par le recours à la digitalisation des approches de certification foncière massive… La digitalisation des approches pour la mise en œuvre des opérations est une approche innovante en matière de sécurisation foncière à Madagascar ».

Le traitement du genre dans les actions de certification foncière

« Le fait d’être sécurisé et protégé juridiquement de son droit de propriété foncière pousse à mieux investir », souligne Danielle HAINGONAVALONA, « Avec la sécurité juridique procurée par l’obtention d’un certificat foncier, l’agriculteur est incité à effectuer tout type d’investissement sur sa parcelle. Le certificat foncier donne au paysan un capital sécurisé ». « Ces investissements permettront d’augmenter la production, et donc le revenu des agriculteurs », poursuit-elle. Elle précise également un accent particulier mis sur le genre : « 40 % des certificats fonciers seront délivrés à des femmes, selon les projections du Projet ».

Les appuis du Projet CASEF dans la Promotion de l’Agribusiness et de l’Elevage

« De nombreuses productions sont ciblées : curcuma, grenadine, letchis et cannelle, dans la partie Est ; lait et alimentation animale dans les Hautes terres ; viande rouge, bovins et petits ruminants dans le Sud », ajoute Tiana RAJAONA, Responsable communication de CASEF. Elle précise que le CASEF est un outil de lutte contre la pauvreté, par l’augmentation du revenu des agriculteurs.

Le CASEF soutient aussi le développement de l’agrobusiness : «  il permet de financer l’amélioration des pistes rurales, ce qui donne la possibilité à l’agriculteur de faire sortir sa production pour la commercialiser plus facilement, d’où une augmentation des revenus  ».

M.M.

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