Le fonds Walter investit dans les terres agricoles

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Les fonds d’actifs agricoles achètent des terres agricoles afin de les louer à des fermiers qui les exploitent.
La Presse canadienne | 4 mars 2021

Le fonds Walter investit dans les terres agricoles

Gestion d’actifs mondiale Walter de Montréal acquiert une participation majoritaire dans un fonds canadien de terres agricoles. L’objectif est d’obtenir un rendement espéré de 8 % à 10 % tout en se mettant à l’abri de la volatilité des marchés.

Antoine Trussart

Considérés comme une stratégie d’investissement alternative, les fonds d’actifs agricoles achètent des terres agricoles afin de les louer à des fermiers qui les exploitent. Bonnefield Financial, de l’Ontario, possède près de 1 milliard de dollars d’actif sous la forme de 56 600 hectares (566 km2) de terres agricoles dans sept provinces canadiennes, mais pas au Québec.

Dès la fondation de Bonnefield en 2009, Tom Eisenhauer, PDG de la firme, a voulu s’assurer que les terres que possède son fonds soient bel et bien exploitées, et non gardées en friche ou revendues pour du développement immobilier.

« C’est un enjeu éthique pour moi », dit-il en entrevue. D’après M. Eisenhauer, sa firme vient combler une lacune dans l’offre de financement des exploitations agricoles entre le recours à la dette et aux capitaux. Les fermiers lui vendent leur terre pour ensuite la louer afin de réduire leur dette ou pour permettre une transmission à la génération suivante.

L’acquisition de terres par des fonds d’investissement a suscité des craintes dans le milieu agricole. En 2018, l’Union des producteurs agricoles (UPA) avait critiqué le modèle d’affaires du fonds Pangea, fonds d’investissement agricole financé par la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), la Banque Nationale et le Fonds de solidarité FTQ et codirigé par Charles Sirois, cofondateur du parti Coalition avenir Québec. L’UPA affirmait alors que cette stratégie d’investissement risquait de faire grimper artificiellement le prix des terres au Québec.

Se protéger des changements climatiques

Tom Eisenhauer explique qu’en plus de se mettre à l’abri des fluctuations du marché, les investisseurs dans son fonds y participent pour se protéger des répercussions liées aux changements climatiques.

Bonnefield a fait l’acquisition de terres nordiques bon marché qui ont le potentiel de devenir exploitables, et donc de prendre beaucoup de valeur, au fur et à mesure que le climat se réchauffera au fil des années. Il cite l’exemple des terres dans la région de Peace River, à cinq heures au nord d’Edmonton, en Alberta, et dans la région du Témiscamingue ontarien, à la frontière avec l’Abitibi.
Walter vise 20 % par an

Investisseur dans le fonds de terres agricoles de Bonnefield, Gestion d’actifs mondiale Walter (GAM) vise un ambitieux rendement annuel de pas moins de 20 % par an sur l’ensemble de son actif.

L’intérêt pour les terres agricoles découle du souci à protéger son portefeuille contre la volatilité extrême. « Ces dernières années, les marchés financiers ont bien fait, mais il demeure un certain risque, explique Sylvain Brosseau, chef de la direction chez GAM. Dans un portefeuille diversifié, ça prend des sources de rendement qui sont moins corrélées à des marchés publics. »

Selon M. Brosseau, membre du C.A. de la CDPQ, la force de Bonnefield est dans son équipe de direction et son expertise ainsi que dans ses liens avec ses exploitants agricoles. L’arrivée de GAM Walter permettra à Bonnefield d’attirer d’autres investisseurs dans ses fonds, qui sont actuellement surtout réservés à de riches familles et des caisses de retraite.

La société GAM Walter gère aujourd’hui environ 60 millions de dollars des partenaires fondateurs et de la famille Somers, qui a fondé et qui exploite toujours l’entreprise d’outils de coupe Walter, dans l’Ouest-de-l’Île de Montréal. Les Somers ont vendu une participation majoritaire de l’entreprise en septembre 2018 à la plateforme ONCAP d’Onex, de Toronto. M. Brosseau espère recruter des clients chez des familles et des investisseurs institutionnels à la hauteur de 500 millions d’ici cinq ans.
Original source: La Presse canadienne
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