Avec ses 120 millions d’hectares, la RDC dans l’œil du cyclone

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L’Avenir N°7466 | 02 mars 2021

‘’Guerre mondiale’’ des terres arables

Avec ses 120 millions d’hectares, la RDC dans l’œil du cyclone

Après la guerre du pétrole et celle du coltan ‘de sang’, la maffia internationale des bois de la forêt équatoriale, outre la guerre de l’eau qui s’annonce, la ‘guerre mondiale’ des terres arables tapit au seuil de la RDC. Selon certaines sources, 48,8% des 120 millions d’hectares des terres arables de la RDC sont déjà cédées aux étrangers avec la complicité de « l’élite » nationale. Les cas de terres de Lokutu et Mosite dans la province de la Tshopo (Issue de la Province Orientale démembrées) et la criminalisation des manifestations pacifiques contre la spoliation des terres ancestrales dans ces contrées,  illustrent bien ces propos.

Le mois de février 2021 qui vient de s’achever a été de tout sang pour les habitants des territoires de Lokutu et Yahuma, province de la Tshopo. Ces entités territoriales qui abritent les palmeraies de «PHC» (Plantations et Huileries du Congo) dans la province de la Tshopo (issue du démembrement de l’ex Province Orientale), est en ébullition depuis l’achat des PHC par une nouvelle entreprise. Les PHC est une société active dans l’huile de palme détenu par Ferronia, une société de droit canadien.

Mais, à la suite de son rachat par Straight KKM Ltd (Un fond d’investissement logé à l’île Maurice), le climat est devenu délétère entre la communauté locale et les communautés locales. Les leaders locaux se plaignent du fait que les transactions se soient déroulées « sans pour autant intéresser les communautés ayant-droit «. De son côté, « le nouveau patron de la PHC – Feronia KKM, Kalaa Mpinga, ancien actionnaire de la Feronia», tient à sécuriser cet investissement. Par le bras séculier des gardes industriels des PHC, toute manifestation contre l’expropriation des terres pour le compte des plantations est criminalisée «, dénonce le Réseau d’information et d’appui aux ONG (RIAO) que dirige le PCA, Jean François Mombia Atuku. La vague de la criminalisation des manifestations pacifiques organisées par la communauté locale, affectée par les activités des PHC, a conduit à des répressions violentes, dans le sang. Ces répressions ont atteint leur point culminant le 21 février 2021, avec la mort de Blaise Mokwe, un enseignant de33 ans, «Torturé à mort par les gardes industriels (GI) qui ont reçu le renfort de 50 éléments de la police et des forces armées (FARDC), sous le commandement du Estate Manager (Chef de sécurité) King Mpika.

Cela après la manifestation organisée à l’arrivée Mwingi près de Lokutu dans la Tshopo, d’une délégation des PHC constituée de 3 investisseurs asiatiques, un représentant de PHC et une représente sud-africaine. Accusé de « vol de noix de palme », Mr Blaise Mokwe, enseignant de son état, succombera dans son village de Yakote/Mosite groupement de Bolea, secteur Bolinga, territoire de Yahuma dans la province de la Tshopo, le 22 février 2021 soit six jours après son arrestation, de suites des coups et blessures. RIAO-RDC, remporte également des suspicions de plusieurs viols contre les femmes de Mindua, Bolesa et Mosite dans la province de la Tshopo. Ce triste tableau, du moins dans son épisode de criminalisation des manifestations pacifiques, n’est qu’indicateur de la grande ‘guerre internationale’ des terres arables au seuil de la République démocratique du Congo (RDC).

RDC sous le joug de la ‘guerre des terres arables’

Après le secteur des mines et celui du bois, un véritable bradage se fait actuellement avec la complicité des affairistes de l’élite congolaise au détriment du peuple congolais. Pour des intérêts partisans, ces ‘affairistes’ cèdent aux étrangers, eaux douces et terres arables.

Au-delà de ses mines, forêts et autres riches biodiversités, la RDC dispose des terres arables (120 millions d’hectares), propice à l’agro-industrie. Cerises sur le gâteau, à cheval sur l’équateur, les conditions climatiques favorisent le déploiement à grande échelle des activités toute l’année. En outre, arrosées par le deuxième bassin hydrographique au monde, les terres arables congolaises offres les meilleures opportunités agricoles sur la terre. Les terres arables se faisant de plus en plus rares dans le monde, la deuxième nation au monde, après le Brésil, entre les mains d’une élite qui s’embourbe dans des disputes politiciennes, laissant les ‘affairistes’ avec des investisseurs (spoliateurs) étrangers, la RDC devient donc l’eldorado mondial. Cela particulièrement du fait que l’Arabie Saoudite, la Chine et les États-Unis sont guettés par la désertification. Raison pour laquelle, la RDC est actuellement au centre de toutes convoitises, particulièrement dans la recherche de survie en matière de terres arables et est, heureusement ou malheureusement, au centre des nouveaux enjeux mondiaux. Ainsi donc, « les pays  riches ont un œil sur l’Afrique, pas uniquement en termes de profits et de retour sur investissement, mais aussi comme police d’assurance «, d’après Philip Woodhouse cité par Al Gore (ancien vice-président des USA sous Bill Clinton) dans son ouvrage « Le futur. Six logiciels pour le monde» et relayé en ligne le 28 février 2021 par Observatoire-OPG RDC.

Dans cette nouvelle chasse aux terres arables de l’Afrique, la RDC n’est pas à l’abri. Il y a des accords, à en croire une analyse de ‘Righys and ressources initiatives’, des accords avec des propriétaires ‘étrangers’ sur l’exploitation de l’huile de palme pour les biocarburants.

Actuellement, le monde nourrit de grandes ambitions sur des terres arables et la RDC est dans l’œil du cyclone avec ses 120millions d’hectares dont à peine 10℅ sont mis en œuvre...Il est donc urgent, « likambu ya mabele » (Entendez, droit de terre) que le Congolais se lève pour sauver et valoriser ses terres sans toutefois les brader.

Willy Makumi Motosia
Original source: L’Avenir
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