Les Ogres de la terre : un film pour dénoncer l'accaparement des terres agricoles

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Le film de Didier Bergounhoux aborde de l’intérieur les territoires du Berry et ses habitants (Photo : D. Bergounhoux)
La Nouvelle République | 24/02/2021

Les Ogres de la terre : un film pour dénoncer l'accaparement des terres agricoles

Didier Bergounhoux a réalisé un documentaire sur le rachat des terres agricoles par des investisseurs. Ses pas l’ont notamment conduit dans l’Indre.

Le film s’ouvre sur la vue aérienne d’immenses champs cultivés, quadrillés par un tracteur. La caméra s’approche, la poussière des blés envahit l’écran, on imagine l’odeur de la terre, des moissons, des cultures…

Dans son dernier film qui sera bientôt diffusé sur Public Sénat et sur France 3, Didier Bergounhoux signe d’abord un vibrant hommage à la terre et à l’amour qu’il lui porte. « J’ai toujours été sensible au monde agricole », explique celui qui a posé ses valises, il y a dix ans, dans le hameau rural de Saint-Hippolyte, dans l’Indre-et-Loire.

« Tous les paysans du monde se ressemblent » Sa curiosité et son engagement pour la planète l’ont conduit notamment en Afrique de l’ouest où il a réalisé, en 2007, Au-delà de l’eau, un documentaire sur la vie d’un village au Sahel.

En 2016, il découvre dans la NR de l’Indre un article révélant le rachat de plusieurs milliers d’hectares de terres berrichonnes par une société chinoise : « Cela m’a interpellé. Ca faisait écho à ce que j’avais vu en Afrique : l’accaparement des terres par des multinationales et des investisseurs, dont les manœuvres échappent au contrôle de l’État et des citoyens. Au cours de mes voyages, j’ai constaté qu’au fond, tous les paysans du monde se ressemblent et vivent la même chose… » Ce sera le sujet de son prochain documentaire. Il a mis quatre ans à réaliser Les Ogres de la terre. Il a interrogé des agriculteurs dans l’Indre ou dans l’Allier, des personnalités politiques, des associations, des citoyens, des représentants de la Société d’aménagement foncier et d’établissement rural (Safer)… « C’est un film à tiroir, explique-t-il. Je tire une ficelle pour démontrer que cette histoire des Chinois n’est que le révélateur d’un phénomène qui existe depuis des années en France, celui de sociétés qui sont là pour faire de l’argent et de la rentabilité, avec du matériel à la pointe et un seul salarié. Dans ce contexte, qu’en est-il de la qualité de ce qui est produit ? Des jeunes agriculteurs qui ne peuvent plus s’installer ? Cela participe tout simplement à la désertification rurale, à la destruction des paysages. »

Durant la réalisation du film, Didier Bergounhoux s’est heurté au silence, à la pudeur, à la détresse de nombreux agriculteurs : « Certains vendent à ces sociétés car ils ont des retraites minables. Ils reconnaissent qu’ils sont prisonniers du système. Autour de moi, là où j’habite, je vois des jeunes agriculteurs qui survivent, qui pensent au suicide, pendant que d’autres ne peuvent pas s’installer faute de moyens. »

Plus que dénoncer, Didier Bergounhoux veut alerter : « Même si elle appartient aux paysans, la terre est un bien commun, estime-t-il. J’ai voulu faire ce film comme un plaidoyer qui pose la question : que va-t-on laisser à nos enfants ? »

« Les Ogres de la terre », un film de Didier Bergounhoux (52 minutes) sera diffusé sur Public Sénat (Canal 13 de la TNT) mercredi 24 février à 16 h 30 ; samedi 27 février à 17 h et dimanche 28 février à 12 h. Il sera également diffusé sur France 3 Val de Loire le 22 mars.
Original source: Nouvelle République
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