RDC: Entretien avec Gilbert Lokombu Limela, Président de la société civile Basoko (rive Lokutu)

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Des chefs traditionels à Lokutu pour l'arrivée de la délégation de la société PHC/KKM, février 2021.
RIAO-RDC | 15 février 2021
 
Entretien avec Gilbert Lokombu Limela, Président de la société civile Basoko (rive Lokutu)

(English version)

Dans cet entretien avec l'organisation congolaise RIAO-RDC, le président de la société civile Basoko (rive Lokutu), Monsieur Gilbert Lokombu Limela, parle des récentes arrestations massives et des violences policières suite aux protestations pacifiques contre la société de plantation de palmiers à huile PHC à Lokutu, dans la province de Tshopo, en RD Congo. Le texte ci-dessous est basé sur des extraits de l'entretien.

RIAO: Parler nous de ce qui c'est passé ces dernières jours à Lokutu?
 
Depuis l'arrivé de la délégation PHC/KKM, il y avait la communauté locale de Lokutu, du groupement Mwingi, qui s'est manifesté avec des calicots pour dire qu'on arrive pas à comprendre comment qu'il puisse avoir un patron qui n'a pas terminé avec nos litiges et puis aujourd'hui on vient et on nous se présente comme le nouveau patron. À l'arrivée de l'avion on avait emmené les calicots là-bas et le lendemain on avait présenté ces calicots et puis on a essayer de leurs parler à propos des clauses sociales que la société avait signé avec les communautés à partir de Kisangani à la présence du Gouverneur pour leur dire que rien ne s'est fait jusqu'à présent. 
 
Le chronogramme que la société avait donné pour un période de dix ans pour finir construire tout ce que les communautés ont demandé c'était juste pour tromper les gens. Malgré la signature d'autres protocoles on voit que ça ne va pas. 
 
Dans la délégation de PHC venant à Lokutu il y a avait environs sept personnes-- cinq blancs et deux noirs. Mpinga n'était pas là. Mais on nous a dit qu'il serait içi aujourd'hui.
 
RIAO: Quelle était la réaction de la société PHC et la police ?
 
À Lokutu il y a un cachot de la police qu'on a transformé en prison. Un cachot peut garder les gens pour un maximum de 48 heurs conformément à la constitution congolaise, mais aujourd'hui sur place les gens sont en train de peiner 30 jours au cachot içi, sous le commandement de le capitaine Jean-Claude Nongo. Donc, on a transformer le cachot de Lokutu à un mini-prison. 
 
Aujourd'hui il y a des gens qui souffrent là. Il y a trois personnes de la communauté de Mwingi qui ont été mises au cachot et ensuite transférées au prison de Yangambi. Il y a trois autres qui sont présentement au cachot à Lokutu qui seront transférés à 4h du matin. On a réussi à faire libérer une personne. Et puis il y a quatre hommes et cinq femmes de groupement Bolesa qui sont détenus au cachot içi et il y une autre groupe de quatre de Yanongo qui ont été arrêtes et détenus là-bas. 
 
Les gens ont été tabassés et torturés. On les a emmenés en menottes. Il y a une personne qui a été torturé et est à l'hôpital.
 
Qui coordonne cette campagne de violence contre les populations ?
 
Içi à Lokutu il y a une service de sécurité qui est supervisé par un Monsieur King. Je me souviens que King a été emmené içi par le groupe de Kalaa Mpinga. Kalaa Mpinga connaît très bien Monsieur King. C'est lui qui l'avait emmené içi. À sont arrivé à PHC, Kalaa avait emmené trois personnalités içi. Il avait King qui était chargé de la sécurité. La première jour quand King est arrivé, moi j'avais commencé à faire des bruits et King est arrivé chez moi à la maison vers 19h le soir avec les gens de la sécurité ANR et aussi les deux autres emmenés par le groupe de Kalaa, José Ndolo et un blanc Sud Africain. On a parlé durant au moins 40 minutes. Ce sont les confidents de Monsieur Kalaa. Kalaa connaît très bien King. C'est King qui décide tout, partout içi. 
 
King avait d'abords recruté des gardes industriels de PHC et en plus il avait emmené un équipe de policiers qui ne peuve pas être moindre de 50 policiers congolaises, détachés du gouvernement, venus de Kisangani. Ils ont des armes, ils ont le tout içi. Il font le tout et le tout. Tout ça pour traumatisé les populations. Ils ont arrivé jusqu'au niveau de torture, de torture contemporaine. 
 
Ce sont ces unités de police sous le commandement de King qui frappent les gens, qui torturent qui font tout. King est le sécurité manager de la société PHC/KKM. Il était içi depuis l'époque de Feronia. 
 
Le commandant de la police nous à dit que puisque la société à fait plainte le procureur à décider de transférer à Yangambi tous ceux qui sont détenus à Lokutu. Un pirogue motorisé est déja là pour les transférer et il risque de partir vers 4 heures du matin puisque ils ont peur de la réaction de la population. 
 
Il y a un homme qui a été torturé et qui est maintenant à l'hôpital. C'est un autochtone de Yambula qui avait déclaré ouvertement que la communauté devrait couper les noix des palmiers puisque la société ne veut pas payer leurs litiges. Donc les gens déclarent qu'ils vont couper les noix puisque la société leur doit, puisque la société ne fait rien. Ils ont même construit des usines artisanales partout à Yambula. Pour la base, le problème est clair ; c'est un problème des clauses sociales qui ne sont pas mise en valeur.
 
Mais le problème fondamental pour tout Lokutu c'est un problème de terre. Nos revendications commencent d'abord par les terres. On doit d'abord récupéré les terres et, s'il y a négociations, c'est après. Qu'est ce qu'on va faire avec ces clauses sociales, des clauses sociales qui ne sont jamais réalisés ? Rien ne se fera içi avec leur promesses.
 
À Mwando, ils ont récupéré leurs terres et ils se sont très bien organisé pour produire de l''huile de palme eux même. C'est une initiative très appréciable. Les gens là travaillent calmement et tout le monde est bien payé. Ils ont même installé des machines préfabriquées de Kisangani. Ils se sont vraiment bien arrangés. 
 
Nous avons toujours l'espoir qu'un jour nous devons passer à la médiation, mais pas içi au Congo. Tous les autorités de l'État sont corrompus. On avait fait passé des protocoles à plusieurs reprises sans aucun changement. Donc, nous voulons la médiation, mais ça doit se faire là où les gens font sortir leurs argent.
 
Içi chez nous il n'y a pas de loi. Le gouvernement ne respecte pas la loi. Içi c'est la force de poches. Içi la société à dominé tout le monde. 
 
Je me souviens un jour le ministre chargé de l'intérieur de la Province de la Tshopo était içi. On était invité chez lui pour une séance. Il nous a dit qu'avec cette société vous n'auriez pas de moyens. Vous pourriez tout dire puisque la société à des possibilités. Il a dit cela publiquement, que la société peut donner au gouverneur US$ 50.000 ou US$ 200.000. Il a dit cela carrément devant tout le monde. Vous pouvez tout faire içi, mais vous n,aurez pas le temps de sortir parce que la société a de l'argent, la société collabore avec les autorités. 
Original source: RIAO-RDC
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