Tiaret (Algérie) : 200 éleveurs menacés d'expulsion à Rechaiga

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(Photo : Le Matin)
Réflexion | 26 Août 2020

TIARET : 200 éleveurs menacés d'expulsion à Rechaiga

La certitude, c’est que l'investissement agricole connait des dysfonctionnements énormes, pouvant générer de graves problèmes et des conflits entre des investisseurs et la population autochtone de la région de "Mkaymen", relevant du chef-lieu de la commune de Rechaiga, à 90 km du chef-lieu de wilaya de Tiaret. En effet, cette région d'une superficie de plus de 32.000 hectares dont 28.000 hectares de réserves steppiques, relève de la compétence territoriale du haut comité de la steppe, dépendante des prérogatives des services de la présidence de la République.

Cette région de "Mkaymen" est le seul rempart de 200 éleveurs, propriétaires d'un cheptel ovin de plus de 60.000 tètes de moutons, comme attestent les certificats de vaccination délivrés par des vétérinaires assermentés et agréés par l'Etat. Ces propriétaires de cheptel déclarent qu'ils sont natifs de cette région, et ce depuis la nuit des temps, tout en nous dévoilant les documentations justifiant leur présence et celles de leurs aïeux qui ont grandi avec l’élevage dans cette région comme attestent aussi  leurs cartes de vote, tout en signalant que la moitié de cette population autochtone, est raccordée au réseau électrique. Cependant, ces jours passées, des investisseurs, venus de plusieurs régions du pays et munis d'actes de concession, ont sommé les autochtones de déménager, et dont l'un, se vantant être proche de l'ex-premier ministre, Nourreddine Bedoui, a ouvertement menacé un éleveur, en le menaçant de prison, le sommant de quitter les terres steppiques où il a grandi.

De tels exemples ne manquent pas, selon les déclarations des éleveurs qui n'ont pas caché leur mécontentement à l’égard de la liste dressée  par la commission de l'investissement et laquelle liste  a été truffée de noms de proches de certains ex-ministres. Faudrait-il rappeler que ces investisseurs ont été affectés aux régions d'Oum-Ezzeboudj et Erracha, mais ont préféré rejoindre la région de "Mkaymen" sur ordre de personnes influentes, proches de l'ex-premier ministre, tout en signalant que les services spécialisés de la gendarmerie nationale, enquêtent sur ce détournement de terres steppiques, apprend-on auprès de sources sécuritaires.

Par ailleurs, les éleveurs autochtones revendiquent l'annulation de la liste des pseudos-investisseurs qui veulent de force faire déménager la population. Une source responsable, nous dira que le dossier de détournement de terres steppiques a été pris en charge par le président de la République, lequel a demandé aux services compétents l'ouverture d'une enquête en urgence.

Abdelkader Benrebiha
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