Libéria : La Salala Rubber Corporation (SRC) sous le feu des critiques, 22 communautés se plaignant d'abus

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Front Page Africa |  28 mai 2020 [EN]

(Communiqué de presse de Green Advocates International)

Libéria : La Salala Rubber Corporation (SRC) sous le feu des critiques, 22 communautés se plaignant d'abus

COMTÉ DE MARGIBI - Les communautés des comtés de Margibi et de Bong, représentées par Green Advocates International (GAI) et trois de ses partenaires locaux, ont déposé une plainte auprès du Compliance Advisor Ombudsman (CAO), contre les activités de la Salala Rubber Corporation (SRC) dans le comté de Margibi (Liberia).

Le CAO est le mécanisme indépendant de surveillance et de redevabilité de la Société financière internationale (SFI) et de l'Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI) du Groupe de la Banque mondiale.

La plainte porte sur une série de violations flagrantes des droits de l'homme perpétrées contre les populations indigènes dans les zones de concession de la SRC, allant de l'accaparement des terres et de l'expulsion forcée, à l'absence de consentement préalable, libre et éclairé des populations indigènes (FPIC), à la destruction de leurs tombes ancestrales et de leurs sites sacrés, au déplacement économique et à la perte de leurs moyens de subsistance, à la pollution de leurs eaux, aux mauvaises conditions d'emploi et aux violations des droits du travail par la société, à l'accès limité aux écoles et aux installations sanitaires. L'entreprise s'est livrée à des violences sexuelles et sexistes (SGBV), à des représailles, des menaces et des intimidations, y compris le non-respect des lois nationales et internationales, ainsi que le non-respect des normes de performance de la SFI.

Les peuples indigènes de Gleagba, Bloomu, Old Dokai, New Dokai, Bondolon, Massaquoi, Martin Village, Dedee-ta 1, Dedee-ta 2, Kuwah-ta, Jorkporlorsue, Gorbor, Kolledarpolon, Monkey-tail, Ansa-ta, Lango, Garjay, Kolongalai, Sayue-ta, Tarteeta, Varmue, et Pennoh, n'ont connu aucune paix depuis que le gouvernement libérien a accordé des droits de concession à la SRC en 1959.

Green Advocates International-Liberia et trois partenaires locaux - Alliance for Rural Democracy (ARD), Natural Resource Women Platform (NRWP), et le Yeagbamah National Congress for Human Rights (YNCHR), ont tous travaillé pour apporter un peu de soulagement et de justice aux communautés touchées par le processus CAO.

Au nom des communautés touchées, nous exprimons notre gratitude pour la mission d'évaluation au Liberia, qui a eu lieu en octobre 2019 pour obtenir des informations de première main de la population sur l'ampleur des violations contenues dans la plainte.   

La population est vraiment ravie, dans un premier temps, que sa plainte remplisse les conditions d'éligibilité, ce qui a incité le CAO à venir au Libéria pour mener une évaluation indépendante des questions soulevées à l'encontre du SRC. Avant l'arrivée de l'équipe du CAO, une équipe préparatoire du Département environnemental, social et des entreprises de la SFI s'est rendue au Libéria début septembre 2019 et a rencontré le SRC, Green Advocates et ses organisations partenaires qui ont déposé la plainte ainsi que certains des plaignants des communautés locales.

Les plaignants et leurs ancêtres ont habité la zone de la concession bien avant que la société ne reçoive la concession en 1959, et leurs dates d'occupation sont bien antérieures à l'indépendance du Libéria en 1847.

Racontant leur calvaire à l'équipe d'évaluation, les gens ont déploré que depuis l'attribution de la concession, la SRC s'est largement engagée dans l'expulsion forcée et la saisie de leurs terres sans leur consentement préalable libre et informé dans la plupart des cas. Cela a eu des conséquences négatives sur les ressources religieuses, culturelles et naturelles, ainsi que sur les moyens de subsistance sociaux et économiques de la population.

Entre 2008 et 2014, la société s'est lancée dans une expansion violente de la plantation, après avoir reçu un prêt de 10 millions de dollars US de la Société financière internationale (SFI) ; elle a continué à raser certaines villes au bulldozer, à prendre des terres par la force et, dans certains cas, à détruire les récoltes de la population sans aucune compensation.

Ces actions inhumaines vont même à l'encontre des conditions du prêt de la SFI. Mais la SFI n'a pas veillé à ce que ses clients respectent et adhèrent à ses normes de performance, qui sont un ensemble de normes de protection sociale et environnementale.

Le SRC a nié ces accusations lors de la mission d'enquête du CAO au Liberia. La société a fait valoir que toute la procédure légale pour l'obtention de la zone de concession avait été suivie, mais n'a pas produit les documents légaux, affirmant que les documents originaux de la Commission foncière avaient été détruits pendant les guerres civiles libériennes. Quelle blague !

Malgré tous les actes délibérés et les violations dont elles ont fait l'objet, les communautés touchées étaient toujours disposées à s'engager dans un processus de résolution des conflits sous les auspices de l'équipe d'évaluation, mais la société a choisi d'agir autrement. Le CAO a indiqué dans son rapport d'évaluation de mars 2020, que "bien que la société ait indiqué sa volonté de s'engager avec les communautés touchées, la société a décidé de ne pas s'engager dans un processus de résolution des conflits sous l'égide du CAO".

Sans donner de détails, le rapport d'enquête révèle que la SRC a accusé l'équipe d'évaluation de partialité, pour laquelle elle a rejeté leur médiation. Cela signifie que l'affaire a été renvoyée à la fonction de contrôle de l'application des directives, conformément aux directives opérationnelles du CAO.

Les communautés et leurs représentants sont stupéfaits par l'allégation de partialité à l'encontre de l'équipe du CAO, alors qu'en fait, c'est la Société financière internationale (SFI) qui a accordé le prêt qui a facilité l'expansion de la zone de concession de la Salala's Rubber Corporation. C'est cette même SFI qui a commandité la mission d'évaluation du CAO.  

En juin 2008, la SFI a accordé un prêt de 10 millions de dollars à la SRC pour financer le programme de réhabilitation et d'optimisation de la société. Le rapport d'évaluation cite la SFI d'avoir dit que "le projet était destiné à compléter les plans de gestion de la SRC pour réhabiliter et élargir la plantation, qui avait été négligée pendant la guerre civile".

Pour Green Advocates et les organisations qui soutiennent la plainte, cela est étrange et constitue une tentative de la Société pour gagner du temps. Comment l'équipe d'évaluation pourrait-elle être partiale en faveur des communautés touchées ? Il est déconcertant qu'un client de la SFI, la Salala Rubber Corporation, allègue un acte criminel dans le cadre d'une enquête menée par un groupe travaillant pour la SFI elle-même afin d'examiner les allégations de fautes professionnelles commises par la SRC à l'encontre des communautés pauvres.

GAI et ses partenaires ont du mal à excuser la complicité de la SFI dans les abus commis contre nos clients (les 22 communautés), puisque c'est la SFI qui a fourni de l'argent à la SRC sans contrôler ses normes de performance.

Alfred Brownell, chef de campagne et conseiller juridique de Green Advocates, a déclaré que "les communautés touchées sont optimistes quant aux preuves d'abus excessifs perpétrés contre elles par la SRC et sont prêtes à tout pour que la société paie les dommages, mais elles sont également prêtes à épuiser tous les mécanismes de règlement des différends disponibles".    

Alors que nous écrivons cette déclaration, les actionnaires de la Socfin, société mère de la SRC, se sont réunis en assemblée générale le 26 mai 2020 pour distribuer 20 millions d'euros de dividendes entre eux, alors que la violence fait rage dans diverses plantations de la Socfin à travers le monde. Les excès de ce conglomérat agricole européen sont bien documentés et terrifiants.

GAI est l'une des huit organisations de défense des droits de l'homme au Liberia, en Sierra Leone, au Cameroun et au Ghana, soutenues par plusieurs organisations internationales qui ont signé une lettre ouverte aux membres du conseil d'administration et aux actionnaires pour réclamer justice et sécurité pour les travailleurs des plantations de caoutchouc et de palmiers à huile de Socfin pendant la pandémie de Covid-19.

La lettre datée du 29 avril 2020 note, entre autres, que "les communautés et les villages en Afrique sont déjà vulnérables avec l'épidémie de Covid-19. Il est inacceptable de mettre les employés en congé sans solde ou de les forcer à travailler dans les conditions actuelles sans respecter les mesures nécessaires, au risque de leur vie et de celle des membres de leur famille et de leur communauté. Nous comprenons que pendant la période de fermeture vos opérations et vos revenus en souffrent, mais nous sommes convaincus qu'il est dans les capacités financières du groupe Socfin de payer les salaires complets de ses employés pendant l'épidémie de Covid-19".

Historiquement, la Salala Rubber Corporation au Liberia (SRC) a été créée par une fusion en juillet 2007 entre une usine de traitement du caoutchouc autonome appelée Weala Rubber Company et une plantation d'hévéa autonome anciennement appelée Salala Rubber Corporation. La plantation a été créée en 1959 par la Weala Rubber Company et a été acquise par le groupe Socfin en 2007, après la guerre civile au Liberia. La SRC est détenue et gérée par le groupe Socfin.

Traduction libre (et légèrement corrigée) avec www.DeepL.com
Original source: Front Page Africa
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