Annulation de l’accord entre le Sénégal et Addoha sur 10 000 ha au Fouta

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Commodafrica | 19 avril 2019
 
Annulation de l’accord entre le Sénégal et Addoha sur 10 000 ha au Fouta

par Jean Gecit

Retournement de situation dans ce qui est devenu l’"affaire des terres de Fouta". La Cour suprême du Sénégal a annulé jeudi dernier, 11 avril, le contrat de bail de 40 ans entre le gouvernement et Afri Partners Sénégal, filiale du groupe marocain Addoha. Il portait sur 10 000 hectares (ha) de terres agricoles à des fins rizicoles dans le Fouta Toro, au Nord du Sénégal, rapporte Dakar Actu.

En effet, en mars 2017, 10 000 ha du domaine national à usage agricole dans les communes de Dodel et de Demette, a été cédée au groupe du milliardaire Anas Sefrioui contre FCFA 2 milliards (€ 3 millions). On parlait, à l’époque,  des bienfaits de la création de 1 500 emplois, de l’aménagement de 2 500 ha de parcelles villageoises et d’une volonté de rendre le pays autonome en riz (lire nos informations).

Alors que cette signature était facilement obtenue par le groupe marocain dans un contexte politique où Macky Sall faisait de l’autosuffisance en riz son cheval de bataille, la presse évoquait de son côté un « bradage foncier », un « cadeau », et bien sûr… un « scandale ». En effet, l’apport original jugé trop mince, l’accaparement des terres sur plusieurs génération au profit d’un seul investisseur, une modification des modes de vies pour les éleveurs et la recherches de nouvelles terres rendues plus difficiles pour de nombreux villageois, sont alors devenus  des arguments récurrents.

2 543 parties civiles se sont regroupées autour d’un seul avocat pour se défendre devant la Cour suprême de justice. Leur récente victoire n’est pas la première au Sénégal sur cette thématique, en 2011-2013, le projet Senhuile-Senethanol porté par des investisseurs en majorité italiens, disposaient alors de 20 000 hectares de terres agricoles pour produire des biocarburants pour l’Europe. Une décision qui avait conduit à des affrontements entre paysans et forces de l’ordre, et qui avaient alors provoqués deux décès.

Original source: Commodafrica
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