Le chemin de croix des riveraines des compagnies agricoles

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En plus d’être privées d’un espace vital pour cultiver, du difficile accès aux services sociaux, les femmes riveraines des monocultures d’arbres subissent également des violences multiformes autour de ces plantations
Hurinews | 8 mars 2018

Cameroun : Genre : Le chemin de croix des riveraines des compagnies agricoles

Louis MBANGA

Sous la bannière du Réseau des acteurs du développement durable, ces femmes vivant aux alentours des grandes plantations de cannes à sucre de palmier à huile et d’hévéa ont tenu à faire entendre leurs difficultés quotidiennes à l’occasion de la journée internationale de la femme à travers plusieurs activités organisées à Yaoundé.

Dur dur d’être femme riveraine des grandes plantations de palmier à huile, d’hévéa, de banane… A l’occasion de la journée internationale de la femme qui se célèbre ce 8 mars, les femmes vivant près des grandes firmes agricoles ont décidé ce 7 mars à Yaoundé de crier à l’aide face aux souffrances qu’elles endurent au quotidien : « nous vivons le pire, la SOCAPALM (Société camerounaise de palmeraie appartenant au groupe Bolloré, ndlr) est implantée chez nous depuis 1968,  nous n’avons plus de terres où cultiver, nous n’avons pas accès à leur dispensaire, nous n’avons pas de centre de santé, la SOCAPALM a pollué nos eaux ainsi que de l’air du fait de leur usine, elle nous fournit de l’eau potable à partir des citernes qui ne sont pas contrôlées, mais depuis 2 mois, ces citernes ne passent plus », raconte Killeng Agathe, habitante de Mbongo dans l’arrondissement de Dizangue, non loin de Douala.

En plus d’être privées d’un espace vital pour cultiver, du difficile accès aux services sociaux, les femmes riveraines des monocultures d’arbres subissent également des violences multiformes autour de ces plantations : « nous sommes brutalisées par des gardiens et des militaires, des filles ont été violentées, violées de retour des champs par les gardiens engagés par la Socapalm après avoir été surprises avec des noix de palme. Certains ont été traînés au tribunal. Mais quand on les condamne, la Socapalm préfère les muter que de les voir incarcérés », confie Marie Noëlle Etonde Mbella, présidente des femmes de Synergie nationale des paysans et riverains du Cameroun. Affamées et violentées par les grandes compagnies agricoles, les femmes riveraines vivent dans la pauvreté et peinent par conséquent à nourrir leurs enfants ainsi qu’à les envoyer à l’école. Les garçons deviennent des délinquants souvent jetés en prison tandis que les filles attrapent des grossesses précoces.

Assistance judiciaire

A l’occasion de la célébration de la journée internationale de la femme, le Réseau des acteurs du développement durable (Radd) a multiplié des plaidoyers auprès de certaines institutions en vue de faire entendre la cause de ces femmes paysannes : «  nous avons rencontré la ministre de la Promotion de la femme et de la famille hier (le 6 mars, ndlr) afin de lui faire part de toutes ces difficultés que rencontrent les femmes autour et à l’intérieur des plantations, nous étions à l’Union européenne aussi », explique  Marie Créscence Ngobo, secrétaire exécutive du Radd.

A l’occasion de cette célébration, le Radd plaide pour une assistance judiciaire des femmes qui subissent toute forme de menaces ou de violences autour de ces compagnies agricoles ainsi que des poursuites judiciaires, la sécurisation des activistes menacées, le développement des activités alternatives, l’accès aux infrastructures sociales, le respect des accords signés entre ces firmes agricoles et l’Etat. C’est en janvier 2016 au cours d’un atelier international à Mundemba (sud-ouest) que le Redd a lancé une campagne pour défendre les droits des femmes riveraines des grandes compagnies agricoles dans 8 pays d’Afrique, d’Europe.

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Original source: Hurinews
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