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L’agro-écologie est le futur mais l’Afrique l’ignore (activiste)
Published: 15 Nov 2017
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"Chaque fois que l’agriculture industrielle se félicite d’avoir une production record, la nature a payé le lourd tribut avec la destruction massive des sols, une grande perte de la biodiversité, l’accaparement des terres, la monoculture à grande échelle appuyée par des produits chimiques, des substances nocives qui affectent et détruisent l’environnement." Photo : Ouestafnew

Ouestaf News | 15 Novembre 2017

L’agro-écologie est le futur mais l’Afrique l’ignore (activiste)

L’Afrique est le parent pauvre de l’agriculture biologique. Sur les 43,7 millions d’hectares cultivés dans le monde, selon les carnets de l’Agence Bio en 2016, l’Afrique ne représente que 1,3 million d’hectares soit 0,1%. Pourtant, des Africains font la promotion de cette agriculture un sacerdoce. Avocate de formation, la Nigériane Mariann Bassey Orovwuje en est une. A preuve, la coordonnatrice du programme de souveraineté alimentaire au sein l’ONG les Amis de la Terre et présidente de l’Alliance africaine pour la souveraineté alimentaire (AFSA) a été la lauréate du prix 2017 des Jeunes volontaires pour l’environnement (une ONG créée le 23 novembre 2001). Dans cet entretien exclusif avec Ouestafnews, Mariann Bassey expose les avantages de ce type d’agriculture en Afrique mais surtout le manque de volonté politique des gouvernants qui plombe l’éclosion de l’agriculture écologique.

Ouestafnews - Vous avez été la lauréate du prix de l’Association des jeunes volontaires pour l’environnement, qu’avez-vous fait pour mériter ce prix ?

Mariann Bassey-Orovwuje - C’est une question que vous devriez poser à ceux qui m’ont décerné ce prix. Toutefois, au cours de la cérémonie de réception, ils ont expliqué que cette distinction m’a été donnée en récompense de ma passion et de la force de mon plaidoyer. Ils se sont aussi réjouis de la manière dont je gère la présidence de l’Alliance africaine pour la souveraineté alimentaire (AFSA). Donc, c’est un prix qui récompense le leadership.

Ouestafnews - C’est quoi l’agriculture écologique et comment la pratique-t-on ?

M. B. O - L’agriculture écologique se distingue par son harmonie avec la nature. Elle fait référence à un large système de pratiques culturales et alimentaires restauratrices. Celui-ci inclut une production organique diversifiée qui atteint ou parfois dépasse les standards de la National Organic Program aux Etats-Unis.

L’agriculture écologique promeut la diversité des espèces et des variétés culturales. Cette forme d’agriculture régénère et restaure la nature. C’est une méthode en faveur de la nature et non contre la nature. Pour le moment, l’agroécologie est pratiquée au niveau familial par de petits producteurs.

Ouestafnews - Pourquoi devrait-on privilégier l’agriculture écologique alors qu’on a besoin de produire plus pour se nourrir ?

M. B. O - En Afrique, nous n’avons pas de problème de production. Au contraire, ce continent peut même nourrir le monde entier. Maintenant, ce dont nous avons besoin, ce sont des infrastructures de base comme des lieux de stockage, de bonnes routes pour le transfert de la production, de l’électricité. Ceci, dans le but de préserver ce que les paysans produisent.

Nous sommes conscients de la promotion des organismes génétiquement modifiés (OGM). Les tenants de l’agriculture industrielle les brandissent comme étant la clé de voûte d’une production de masse.

Or, c’est un paradigme fondé sur de fausses prémisses. Les recherches et les expériences révèlent que chaque fois que l’agriculture industrielle se félicite d’avoir une production record, la nature a payé le lourd tribut avec la destruction massive des sols, une grande perte de la biodiversité, l’accaparement des terres, la monoculture à grande échelle appuyée par des produits chimiques, des substances nocives qui affectent et détruisent l’environnement. L’agriculture écologique, au contraire, offre de larges bénéfices qui sont durables en plus.

A cet effet, il faut bien comprendre que la production alimentaire n’est pas uniquement une affaire de rendement. Elle doit être faite d’une façon qui soit en accord avec la nature, c’est cela l’agriculture écologique contrairement à l’agriculture industrielle qui, elle, est facteur de destruction.

Un rapport de la FAO, publié en juin 2015 souligne que les méfaits environnementaux de l’agriculture industrielle coûte à la planète 3 milliards de dollars par an. L’Afrique offre les possibilités d’une agriculture saine. Nous sommes fatigués des agissements des grandes entreprises, des multinationales et autres entreprises qui viennent imposer leur point de vue et leurs “solutions” qui, en définitive, se révèlent toujours néfastes pour nous.

Ouestafnews - Comparée à celle de l’agriculture conventionnelle, quelle est la contribution de cette agriculture écologique dans la lutte pour la souveraineté alimentaire ?

M. B. O - Au niveau traditionnel, l’agriculture écologique se concentre pour l’essentiel sur la production vivrière. Nos ancêtres avaient à cœur de prendre soin de la nature dans leur pratique de l’agriculture. En même temps qu’ils préservaient la nature, ils faisaient en sorte qu’il y ait assez de vivres en quantité et en qualité afin de bien nourrir toute la communauté. C’est ce qu’on appelle la souveraineté alimentaire. Ils avaient le contrôle total de leur production, autrement dit, pas de main extérieure.

L’agriculture écologique est le pilier de la souveraineté alimentaire, elle fait la promotion d’une production durable démocratiquement contrôlée et combat l’influence des entreprises dans la chaine alimentaire. Les méthodes de l’agriculture écologique incluent le croisement des espèces, le compostage, la rotation des cultures, le contrôle biologique des insectes, etc.

Les recherches montrent que ces pratiques améliorent la santé des sols et la productivité, réduisent l’impact énergétique et l’usage des produits chimiques et préservent les sources d’eaux surtout dans les régions soumises à des cycles de sécheresse. La preuve est faite aujourd’hui partout dans le monde que l’agriculture écologique marche. Depuis 2013, l’AFSA a collecté 50 études de cas couvrant 22 pays d’Afrique qui montrent clairement que l’agriculture écologique est le futur du continent. Ces études ont documenté une grande variété d’approches collectives incluant plusieurs millions de cultivateurs.

Ouestafnews - Depuis son  introduction en Afrique subsaharienne dans les années 1980 et 1990 l’agriculture écologique n’est toujours pas pratiquée sur de grandes surfaces. Qu’est ce qui bloque son expansion ?

M. B. O - Il y a l’échec de nos gouvernements qui d’abord peinent à s’approprier l’agriculture écologique.

Notre dernière publication au niveau de l’AFSA, dénommée «L’agriculture écologique, la clé du futur» montre à travers des études de cas d’amples preuves indiquant que les agriculteurs africains disposent de toutes les potentialités pour nourrir le monde et de façon saine. Aujourd’hui, il faut une réorientation des politiques et des priorités de la recherche qui doivent  s’éloigner de l’agriculture industrielle et se concentrer sur l’agriculture écologique.

Le constat aujourd’hui est que les subventions et les exonérations de taxes favorisent les entreprises au détriment des  producteurs locaux et des communautés indigènes. Or, nous devons nous tourner vers nos cultivateurs qui possèdent le vrai savoir en ce qui concerne le travail du sol. A cet effet, on gagnerait à ériger en priorité le savoir et les innovations paysannes en lieu et place des intrants onéreux comme les pesticides et les semences génétiquement modifiées.

Ouestafnews - Quelle place pour les femmes dans ce type d’agriculture ?

M. B. O  - Les femmes sont à proprement parler des actrices majeures. Dans la plupart des communautés en Afrique, l’agriculture est aux mains des femmes et elles ont la responsabilité de s’assurer qu’il y a assez à manger au sein de leurs foyers. Ce qui veut dire que les femmes doivent être dans les instances de prise de décision.
 
FD-MN/AD

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