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Comment les firmes accaparent-elles les fermes ?
Published: 21 Apr 2017
Posted in:  France
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Comment les firmes accaparent-elles les fermes ? (Getty / Ben Bloom)

France Inter | vendredi 21 avril 2017

Comment les firmes accaparent-elles les fermes ?

La terre se financiarise de plus en plus et le modèle agricole français est en train de vivre une révolution qui met à mal l'agriculture familiale.

Peu à peu, les fermes sont remplacées par des sociétés derrière lesquelles se cachent parfois des spéculateurs. L’illustration la plus spectaculaire de cette évolution, c’est le rachat en janvier 2016, par l’américain Stanley Kroenkee, actuel président du Club de football Arsenal, du domaine viticole Bonneau du Martray en Bourgogne. Le prix dépasserait les 100 millions d’euros. Un record. Pour Aubert Lefas, exploitant du domaine Lejeune à Pommard (Bourgogne) :

Cette transaction incroyable est purement spéculative.

Problème : les rachats se multipliant, ces prix exorbitants ont des répercussions sur les terrains voisins. François Mauss, expert en viticulture qui tient le blog Ma bulle, explique cette réaction en chaîne :

"Le fisc français va immédiatement considérer que les terres de ce niveau valent cette somme, donc toutes les autres propriétés qui cultivent sur le même terroir, vont voir du jour au lendemain la valeur de leur terre exploser."

Conséquence : les héritiers n’ont plus les moyens de payer les droits de succession. Le vigneron Aubert Lefas connaît un exemple concret :

"Un jeune sur la colline de Corton (Bourgogne) est endetté pour 20 ans pour pouvoir payer les droits de succession d'un oncle dont il a hérité en ligne indirecte. S'il fait 3 mauvaises récoltes, il ne sera plus capable de rembourser".


Quand la terre se financiarise par franceinter
 

Avant, le modèle familial était fondé sur la transmission de la terre à titre gratuit. Mais pour qu’aucun des enfants ne soit lésé au moment d’hériter des sociétés foncières agricoles divisées en parts ont été créées. Certaines ont ensuite été rachetées par des entrepreneurs, des banques ou même des sociétés d’assurance. Aujourd'hui, ces personnes morales sans vocation agricole, se multiplient, comme le constate Emmanuel Hyest, patron de la Safer, l'organe de régulation du foncier agricole :

"En 2015, 13% du marché était détenu par des personnes morales, donc ce n'est plus quelque chose de marginale. 13% en surface, 26% en volume financier. Les sociétés sont en pleine augmentation. Les gens qui acquièrent sous forme de financiarisation sont prêts à mettre le double de ce que ça vaudrait".

Autre illustration de cette évolution : en Indre, un milliardaire chinois, Monsieur Hu, a racheté 1700 hectares de céréales, avec l'aide de Marc Fressange, un français spécialisé dans l'import-export de vins. "Drapher", un blogueur appartenant à une équipe d’investigateurs du net suit le milliardaire à la trace :

"Il y a 9 sociétés agricoles, et une holding parisienne dont le directeur général est le PDG Monsieur Hu et le directeur le PDG de Beijing Reward International, Monsieur Fressange. On peut croire qu'ils veulent faire entrer du grain dans des coopératives à des prix très bas, mais on peut aussi penser qu'il y a une filière industrielle reliée à l'agro-industrie implantée en France qui avance beaucoup".

Mais ce genre de transaction inquiète Emmanuel Hyest : "Que sur la planète on aille faire son marché de matières premières quand chacun a répondu à ses propres besoins, ce n'est pas un souci, mais quand on va directement à la source, au risque que le pays qui le produit soit lui-même dans une difficulté d'alimentation, on n'est plus dans la même règle du jeu."

On assiste donc à une révolution du modèle agricole sur fond de mondialisation. Cette transition se fait sous les yeux de l'Etat qui reste impuissant : la Safer, dont la vocation est à l'origine de réguler le foncier agricole, ne peut rien faire contre les ventes de parts sociales. Elle ne peut bloquer une vente que si la totalité des parts d’une société change de main. Or, les acheteurs, généralement très bien conseillés, se contentent d’une majorité des parts pour contrôler une société.

►► Enquête intégrale à lire et écouter en cliquant ici.

Source: France Inter



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