Agricultrices dans la solitude des champs d'oignons

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Les inégalités entre sexes seraient apparues à l’avènement de l’agriculture, quand s’opéra une distinction très nette entre le rôle des femmes et celui des hommes dans tous les domaines de la vie sociale. Les hommes à la création et à la production, les femmes à la reproduction et au foyer [1]. L’invention de la charrue a par la suite enraciné, et pour longtemps, les discriminations envers les femmes. Enfin, la privatisation de la terre et les « révolutions vertes » ont concentré les moyens matériels et financiers essentiellement entre les mains des hommes. Au XXIe siècle, le statut des femmes exerçant une activité agricole a peu évolué ; à travers les époques et les aires géographiques leurs contributions restent peu reconnues.


Gardiennes du foyer

Traditionnellement, dans les ménages ruraux, la production de nourriture pour la famille est une extension des travaux domestiques non rémunérés assignés aux femmes au même titre que le ménage, la cuisine, la lessive, etc. Qu’elles soient agricultrices indépendantes, main d’œuvre non rémunérée dans une exploitation familiale ou salariées agricoles dans une entreprise, les femmes doivent assumer la responsabilité de la bonne tenue du foyer et des personnes qui y vivent. Dans les pays en voie de développement, cela se traduit par des journées de travail qui comptent double. Aux tâches domestiques communes à tous les pays du monde, s’ajoutent les corvées d’eau et de bois de feu. Ces corvées quotidiennes peuvent prendre entre une et quatre heures selon les régions, les déplacements se faisant généralement à pieds. On apprend dans une note de la FAO Women, agriculture and food security que les Africaines portent en moyenne sur une année 80 tonnes d’approvisionnement en eau, bois et productions agricoles sur une distance d’un kilomètre contre « seulement » 10 pour les hommes. Il y a aussi le grain destiné à la consommation du ménage à piler ou à porter au moulin communautaire. Une enquête montre qu’en Tanzanie, le manque de moulins et d’infrastructures pour l’approvisionnement en eau et en bois accapare 8 milliards d’heures de travail non rémunéré par an, l’équivalent de 4,6 millions d’emploi à plein temps.

Il faut élever les enfants, prendre soin des personnes âgées, des malades et des personnes handicapées. Donner un coup de main au conjoint, s’occuper de son bétail. Éplucher, décortiquer ou sécher les aliments destinés à la vente. Enfin, cultiver sa propre parcelle dont les productions profitent à toute la famille. En Afrique et en Asie, les femmes des campagnes travaillent en moyenne 13 heures de plus par semaine que les hommes (14 en Tanzanie, 17,4 au Bénin). En Érythrée, pendant le pic saisonnier, elles travaillent 15 heures par jour, et quelle que soit la saison, 30 heures de plus par semaine que les hommes.

Discriminations institutionnelles

43 % de la main d’œuvre agricole est féminine. Dans des conditions météo normales, le bien-être des communautés rurales repose en grande partie sur les ressources alimentaires apportées par les femmes. Si par chance les paysannes vendent une part de leur production, l’argent perçu profite directement aux enfants qui peuvent avoir accès à de meilleurs services de santé et d’éducation. Le bénéfice de leurs efforts serait bien supérieur si elles ne rencontraient pas tant d’obstacles sur leur chemin. Car, outre le poids des travaux domestiques et des soins aux personnes qui limitent leur temps disponible à leur activité, rémunérée ou non, elles doivent faire face à tout un ensemble de discriminations pour l’accès aux moyens de production.

Suite... https://visionscarto.net/agricultrices-dans-la-solitude

Original source: Visionscarto
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