Accaparement des terres : Les femmes de Fandène contre toute forme de discrimination

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Le Soleil | 20 octobre 2015
 
Accaparement des terres : Les femmes de Fandène contre toute forme de discrimination
 
L’Association des femmes rurales de la commune de Fandène (département de Thiès), en partenariat avec Pesticide action network Africa (Pan Africa), a réuni à Fandène productrices, élus locaux et autres acteurs du développement pour échanger sur  la problématique de l’accaparement des terres.
 
Selon Thérèse Faye, présidente du réseau des femmes rurales de Fandène, l’accaparement des terres dans le monde rural affecte davantage les femmes qui subissent une nette discrimination  par rapport aux hommes pour ce qui est de l’accès à la terre. «Même si du point de vue de la loi, les citoyens doivent être traités  équitablement (même si les us et coutumes en matière foncière prennent encore le pas sur  l’application de la loi)», a-t-elle constaté. Toutefois, elle reconnaît que  beaucoup de plaidoyers ont été faits  pour tendre vers un consensus qui va aider les femmes à résoudre la question de l’accès à la terre dans le monde rural en essayant de sauver l’équilibre social tout en restant dans les balises de la loi.

«Malheureusement, les femmes rurales vivent des fortunes diverses selon les zones », a-t-elle déploré.
 
Au-delà de cette approche traditionnelle qui les fragilise pour accéder à la terre, afin de développer, au même titre que les hommes, leurs activités de productions agricoles, les femmes rurales se disent peinées  par l’arrivée massive d’investisseurs étrangers à qui les autorités donnent d’énormes espaces où ils produisent, pas pour nourrir à priori les populations sénégalaises, mais plutôt celles de leurs propres pays.  «Ceci risque, si l’on n’y prend garde, de fragiliser, voire saper la sécurité alimentaire  dans notre pays, d’accentuer la pauvreté en transformant la force de travail en ouvriers agricoles», a-t-elle lancé.
 
670.000 ha touchés par le phénomène  
 
Sur le même registre, la présidente de la fédération des productrices dans la zone des Niayes, Oulimata Mbengue, venue de Sangalcam (département de Rufisque), a appuyé sa sœur. «Aujourd’hui, nous sommes en train de perdre le caractère rural de notre zone à cause de la pression foncière que nous font subir les coopératives d’habitats et autres acteurs qui vivent de la spéculation foncière. Nos champs cèdent la place aux habitations», a-t-elle déploré. Une situation qui, selon elle, réduit davantage la chance  des femmes rurales productrices d’avoir des terres pour mener en toute sécurité leurs activités agricoles. «Pourtant, avec le peu  d’espace que l’on nous a prêté, nous avons pu faire une production extraordinaire de pomme de terre bio », a-t-elle souligné.
 
C’est pourquoi ces femmes rurales agricultrices, soucieuses de la sécurité alimentaire de leur communauté, interpellent les autorités sur l’enjeu que constitue l’accaparement  des terres au détriment des femmes. Dans son intervention, Maïmouna Dièye de Pan Africa a indiqué que le phénomène de l’accaparement des terres touche près de 670 000 hectares de terres arables au Sénégal «selon des études fiables». Elle a rappelé qu’en 2012 déjà, les femmes rurales ont eu à soutenir, dans une déclaration contre l’accaparement des terres au Sénégal, que la terre doit appartenir  à celles et à ceux qui  la travaillent pour se nourrir et nourrir le pays. Au nom du maire de Fandène, Dr Augustin Tine, le deuxième adjoint Mamadou Guèye a exhorté les femmes à s’approprier toutes les opportunités offertes par la loi pour accéder à la terre. «Vous vous êtes battues pour arracher la parité ; alors, je ne vois pas pourquoi vous ne réussirez pas à faire appliquer la loi sur l’accès à la terre», a-t-il confié.  A ce niveau, il a invité ses collègues  qui siègent dans toutes les communes du pays à travailler dans l’esprit et la lettre de la loi sur le foncier pour éviter les discriminations sur toutes les formes.
 
Mbaye BA
Original source: Le Soleil
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