La République Démocratique du Congo: Nous avons besoin que justice soit faite

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Jean-François Mombia avec sa fille, dans les environs des plantations de Feronia à Lokutu.
WRM | 13 octobre 2015

La République Démocratique du Congo: Nous avons besoin que justice soit faite

Entretien avec Jean-François Mombia du RIAO sur les plantations de palmiers à huile

    Pourriez-vous nous dire ce qu’est le RIAO-RDC et quelles sont vos principales activités ?

Le RIAO est le réseau d’information et d’appui aux ONGs en RDC. C’est une organisation d’assistance et de protection sociale. Nous accompagnons les communautés dans la protection de leurs droits. Nous faisons aussi l’accompagnement des ONGs. Nous abordons les questions qui touchent la vie des communautés comme la protection des écosystèmes forestiers. Nous traitons aussi des questions de microfinance au niveau communautaire afin d’aider les populations.

    Les terres situées le long du fleuve Congo sont principalement occupées par des plantations de palmiers à huile de la société agroalimentaire canadienne Feronia INC. Pourriez-vous nous expliquer comment une entreprise a pu obtenir le contrôle d’autant d’hectares de terres ?

Feronia est venu juste hériter des terres qui ont été prises par le colonisateur, C’est-à-dire Unilever. Dans le souci de se créer de bonnes relations nos ancêtres, nos autorités, nos chefs ont donné ces terres en échange de la paix et des fouets que les blancs administraient aux populations. A l’arrivée d’Unilever Il avait déjà des forets de palmier, ce n’était pas encore des plantations. Mr Lever a donc négocié. A Leverville à Lusanga où Unilever a commencé, ces forets naturelles existaient depuis longtemps. Ces forets sont toujours a coté des cours d’eau, ou des rivières.

L’évacuation étant facile sur le fleuve, ils ont opté pour les terrains étant le long du fleuve. Ils ont commencé par de petits d’espaces. Ils ont donné beaucoup de promesse fallacieuse à nos parents. Comme les populations redoutaient le fouet, ils ont donné des espaces pour permettre les plantations. Aussi ces compagnies ont donné les promesses de pouvoir permettre aux communautés d’avoir du travail et des salaires. Ces communautés qui voulaient être proches des blancs, des colonisateurs ont accepté de donné les plantations. Ces derniers promettaient par exemple sur 3 plantations, de pouvoir en donner une aux communautés. Chose qui n’a jamais été respecté, ni a Boteka, ni à Lokutu, ni à Yaligimba.

    Y a-t-il d’autres sociétés impliquées ?

Oui il existe des sociétés qui sont dans l’exploitation forestière autour des concessions de Feronia. Par exemple a Igende, il y’a une compagnie qui exploite le bois. On trouve SODEFOR, SAFBOIS, soforma, socinex, isobois.

    Est-ce qu’il y a eu des consultations avec les communautés concernées avant ou pendant la mise en place des plantations ? Si c’est le cas, le processus a-t-il été satisfaisant ?

Devant les colonisateurs, les autochtones n’avaient pas de mots à dire. Comme je vous le disais, il faut remonter au temps de Unilever et vous comprendrez. Unilever a donné par exemple des sacs de sel ou des etoffes pour avoir ces terres. Aussi ces promesses accompagnaient tous cela. Ils ont trompe les populations. Il n’y a jamais eu des consultations.

    Qui achète l’huile de palme produite par Feronia ? Et d’où vient la demande (est-ce qu’il s’agit d’approvisionner les marchés de la région du Bassin du Congo ou des marchés situés ailleurs) ?

Cette question est un mystere, car les communautés n’ont pas droit à l’huile de palme venant de Feronia, pourtant l’alimentation de base des communautés est fait avec l’huile de palme. Les communautes sont privees de cette huile,ce n’est pas autoricé et les gens ne beneficient pas de cela. A l’epoque de Unilever, l’huile etait envoyé à la Marsavco qui fabriquait de la margarine et d’autres produits de consommation. Meme les tourteaux etaint envoyé à l’exterieur auparavant mais actuellement, on ne voit pas ou va l’huile. On se pose la question ou va l’huile de Feronia car aujourdhui la Marsavco importe l’huile depuis la Malaisie. L’armateur qui transportait aussi l’huile a disparu depuis tres longtemps. C’est vraiment un mystere.

    Pourriez-vous expliquer les principaux problèmes auxquels sont confrontées les communautés locales par rapport à ces plantations de palmiers à huile ?

Le premier probleme c’est la malnutrition des enfants, les parents n’ayant plus droit à la foret il est difficile de pouvoir faire l’agriculture. On vient d’apprendre aujourdhui que Feronia commence à planter meme dans les etangs piscicoles des communautes. Feronia commence à planter meme dans ces zones. Les communautes n’ont pas d’hopitaux, pas d’ecoles, c’est vraiment la misere. Les travaileurs sont traites comme des esclaves.

    Les communautés sont-elles aussi confrontées à des difficultés telles que les problèmes de santé liés à l’utilisation des pesticides ou à la pollution de l’eau ?

C’est une situation tres serieuse car les dechets d’huile qui sortent de l’usine sont utilisés par les villageois pour la fabrication de savon. Pourtant ces produits ayant été pulverisés avec des produits chimiques deviennet dangereux pour la sante des enfants et des jeunes. Il utilise le NPK et d’autres produits. On retrouve parfois des poissons morts dans les ruisseaux et les etangs piscicole. Il y’a toujours des problemes des diarrhes.

    Quelles activités ont été/sont organisées dans les communautés pour s’opposer aux activités de l’entreprise ? Que réclament les communautés ?

Pour le RIAO, après les echanges et la sensibilisation sur les problemes lies aux droits des commuanutes un travail de mobilisation a commencé et après la publication du Rapport avec GRAIN, les communautés que nous avons reussi à toucher se sont mis en opposition contre le retour de Feronia dans ces zones pour proceder aux bornages des terres. Et les communautés ne cessent de reclamer leurs terres car il ne veulent plus des fameux cahiers de charges que l’entreprise tente de leur faire signer en ce moment. Et les communautes impactés ont fait pour certains plus de 2.000 km pour encoré venir temoigner et rencontrer d’autres commuanutes victime des meme actions de Feronia.

    Pensez-vous qu’il y a eu des réactions positives du fait de la résistance locale ?

Oui il y’a eu des reactions positives par exemple à Mokaria en 1997 des manifestations avaient reussi a faire reculer l’entreprises et elle a abandonner les terres, mais l’Etat continue de ne pas vouloir retroceder ces terres. Mais actuelement ou Feronia est present il y’a des tensions mais pas encore de reactions positives. Les demarches sont en cours pour la liberation du peuple vis a vis de cette entreprise.

    Quelle sorte de solidarité internationale permettrait, selon vous, de soutenir les communautés touchées ?

L’information que nous donnons deja est une bonne chose. Nous devons continuer a denoncer tous ce qui se passe. Nous avons besoins que justice soit faite car il y’a eu des morts d’hommes et il est important de situer ces responsabilités la. Nous devons aider les communautes meme avec les besoins de base comme la santé et l’education. Nous devons aussi aider les enfants a aller a l’ecole car une strategie de l’entreprise est de faire en sortes que ces enfants ne puissent pas aller à l’ecole afin que les enfants des ouvriers puissent devenir à leur tour des ouvriers et les enfants des ceuilleurs, eux aussi des ceuilleurs.
Original source: WRM
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