Une filiale de la Banque Mondiale épinglée

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Une femme indigène appartenant à une communauté à Monte Olivo, au Guatemala, qui a souffert la repression liée à un projet financé par la SFI. (Photo : Consejo de Pueblos de Tezulutlán)
Les Échos | 3 avril 2015

Une filiale de la Banque Mondiale épinglée

RICHARD HIAULT / GRAND REPORTER

Des ONG dénoncent l'impact humain de prêts SFI accordés à des intermédiaires financiers.

La Société financière internationale (SFI) ne se soucie guère de l'impact humain de ses activités. C'est, du moins, ce qu'affirme une coalition d'ONG dans un rapport publié hier par Oxfam « La souffrance des autres ». Filiale de la Banque Mondiale spécialisée dans l'aide au secteur privé des pays en développement sous forme de prêts directs aux entreprises ou à des intermédiaires financiers, la SFI serait à l'origine de « méfaits scandaleux », selon l'étude.

Au Cambodge, au Honduras, en Inde et au Guatemala, le rapport relate des faits de répression, d'accaparements de terres et de violences ayant entraîné des morts. « La SFI met si peu d'informations à la disposition du public, sciemment ou par ignorance, que nous craignons qu'il ne s'agisse là que de la partie visible de l'iceberg » dénonce Nicolas Mombrial, directeur du bureau d'Oxfam International à Washington.

Le problème vient du fait que les fonds de la SFI sont de plus en plus souvent alloués à des intermédiaires financiers. En l'espace de quatre ans, jusqu'en 2013, elle a investi 36 milliards de dollars par ce moyen. « Ce modèle représente désormais 62 % du portefeuille d'investissements de la SFI, et des prêteurs parmi les plus influents commencent à le reproduire », souligne le rapport. « Les prêts de la SFI à des tiers représentent désormais des sommes si colossales, et son portefeuille est entouré d'un tel secret et entaché de tels abus qu'il est devenu indispensable de remanier entièrement ce modèle de prêt », estime Natalie Bugalski, directrice juridique d'Inclusive Development International et coauteure du rapport.

Contactée à Paris, la SFI a répondu « prendre au sérieux » ce rapport. « Dans chaque cas cité, nous travaillons avec nos clients pour résoudre les problèmes soulevés ». « Ces cas montrent que nous devons continuellement améliorer notre approche en termes de surveillance » dans la gestion des projets. Même si la SFI a commencé à réformer son mécanisme de prêt aux intermédiaires financiers, soulignent les ONG, c'est loin d'être suffisant. D'où les demandes qui lui sont adressées : effectuer des investissements moins nombreux mais de meilleure qualité, conformes à ses propres standards sociaux et environnementaux ; ne plus investir dans de nouveaux projets à haut risque par le biais d'intermédiaires financiers, jusqu'à ce que la SFI dispose de systèmes adéquats pour réduire les risques.

Richard Hiault, Les Echos
 
Original source: Les Echos
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