Investissements fonciers. Bolloré discute avec les communautés locales

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Le groupe de Vincent Bolloré détient des participations dans des plantations d'huile de palme. | Thierry Creux

Ouest France | 24.10.2014

Investissements fonciers. Bolloré discute avec les communautés locales

C'est une première sur la question des accaparements de terre. Des représentants venus d'Afrique et d'Asie négocient dans un hôtel aujourd'hui à Paris avec le groupe Bolloré.

Ils viennent du Cambodge, du Cameroun ou de Sierra Leone. Ils représentent les communautés riveraines des plantations de la Soc fin, une filiale du groupe Bolloré. Ce matin,« et pour la première fois, se réjouit Eloïse Maulet de l'ONG React. une entreprise accusée d'accaparements des terres accepte une rencontre internationale avec les représentants des communautés affectées. Alors que depuis 2008, enfle la polémique sur l'acquisition controversée de terres agricoles en Afrique ou en Asie par des investisseurs privés, la démarche du groupe Bolloré pourrait créer un précédent  ». Les discussions vont se dérouler toute la matinée dans un hôtel parisien.

Le groupe Bolloré est l'actionnaire principal de la Soc fin qui détient des plantations industrielles de palmiers à huile et d'hévéas dans de nombreux pays d'Afrique et d'Asie. « Depuis 2008, les expansions de ces plantations sont continues. Les surfaces plantées des sociétés africaines de la Soc fin sont passées de 87 303 à 108 465 ha entre 2011 et 2014, soit une augmentation de 24 %. Ces expansions provoquent de graves conflits avec les populations riveraines », poursuit Eloïse Maulet qui rappelle « les soulèvements des villageois au Liberia contre la Salala Rubber Corporation en octobre 2012, en Sierra Leone contre la Soc fin Agricultural Company en novembre 2012, le blocage des plantations Socapalm par les Mbonjos au Cameroun en février 2012. »

Le 5 juin 2013, jour de l'Assemblée Générale du groupe Bolloré à Paris, un groupe représentant des paysans africains avait interpellé Vincent Bolloré. Suite à cela, ce dernier avait feint l'étonnement puis "promis d'encourager des négociations locales, mais les communautés, constituées en Alliance Internationale des Riverains des plantations Bolloré-Socfin avec l'appui de l'organisation française ReAct, ont continué à réclamer un règlement global du conflit" observe React.

La situation sociale dans les plantations de la Soc fin a fait l'objet d'une enquête réalisée par l'ONG américaine Oakland Institute rapport  

Ce travail d'enquête conduit en Sierra Leone a été contesté sur la forme et sur le fond par le groupe Bolloré. Ce dernier souligne qu'il n'est pas directement partie prenante dans les plantations de la Soc fin puisqu'elles sont gérées par une filiale. Sur le fond, il a également réfuté les accusations. Mais semble aujourd'hui au moins prêt à entendre les voix des représentants de ces communautés venues d'Afrique et d'Asie.

Bolloré, un groupe fortement diversifié

Le groupe français Bolloré, qui lance une offre publique d'échange sur le groupe publicitaire Havas dont il détient jusqu'ici 36 %, est fortement diversifié avec des intérêts dans la logistique, les médias, l'automobile et même le vin.Une prise de contrôle majoritaire dans la prestigieuse doyenne de la publicité permettrait au groupe, que Vincent Bolloré a transformé, en une génération, d'une papeterie familiale en difficulté en un géant au chiffre d'affaires de 10,8 milliards d'euros, de consolider sa présence dans le secteur des médias et de la communication.

Entre autres, il détient déjà 5 % de Vivendi, est présent entre les mains de 900 000 lecteurs au quotidien grâce au gratuit Direct Matin, et possède l'institut de sondages CSA, ainsi qu'une participation de près de 14 % dans l'américain Harris Interactive et de 9,6 % dans la société cinématographique Gaumont.

Les activités de logistique de Bolloré couvrent l'ensemble de la planète, avec des participations ciblées ou des rachats qui lui permettent d'être présent dans 99 pays, de la Grande-Bretagne au Timor oriental.En Afrique, la société « Bolloré Africa Logistics » gère 14 grands terminaux à conteneurs: Abidjan, Douala, Lagos, Libreville, Pointe-Noire, Cotonou, Lomé, Conakry, Freetown... Elle opère également deux lignes de chemin de fer.

Depuis une vingtaine d'années, Bolloré a aussi entrepris d'investir dans les batteries « Lithium Métal Polymères », dans la foulée de son activité de fabrication de films plastiques spéciaux pour condensateurs.Il a franchi une étape supplémentaire en proposant une solution de mobilité à partir de voitures électriques équipées de ses batteries, les Bluecar: Autolib, lancé en 2011 à Paris, rencontre un fort succès et des services d'autopartage sur le même modèle ont été installés à Lyon, Bordeaux et Indianapolis (Etats-Unis). Bolloré et Renault ont annoncé en septembre que la « Bluecar » serait à terme assemblée par la marque française dans une de ses usines.

En Afrique, en Asie et en Amérique du Nord, le groupe est présent dans l'agriculture et la sylviculture: plantations d'hévéas et de palmiers à huile via sa participation de 38,7 % dans le groupe Soc fin, et même trois fermes aux Etats-Unis, de 3 000 hectares au total.

Au chapitre des participations diverses, Bolloré détient 6 % de Mediobanca, l'une des principales banques italiennes, 1,7 % de Vallourec (tubes en acier) et 21,2 % de Bigben Interactive, fabricant d'accessoires de jeux vidéo.

En France, Bolloré revendique être le premier distributeur indépendant de fioul domestique, exploite un oléoduc et possède les dépôts de carburants de Caen, Belfort, Clermont-Ferrand, Mulhouse et Strasbourg.Il a aussi investi dans le vin en France, dont le cru classé« Domaine de la Croix ». Ses domaines viticoles produisent « environ 550 milliers de bouteilles par an ».

Le groupe familial fondé en 1822 et dont les Bolloré détiennent toujours la majorité, a dégagé un résultat net de 450 millions d'euros en 2013. Il revendique 53 606 collaborateurs dans le monde.

 

Original source: Ouest France
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