Voyage présidentiel : Coopération ou cession détournée de terres ?

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La Nation | 11 juin 2014

Voyage présidentiel
Coopération ou cession détournée de terres ?


Il est maintenant confirmé, lors de sa dernière visite en Israël, que le président de la République Hery Rajaonarimampianina mise sur le développement de l’Agriculture pour espérer sortir le pays de la pauvreté. Toutefois les conditions qui astreignent ces contrats ne sont pas très claires.

En effet, les 18 millions d’hectares de terre arable ont été étalés sur la table des Israéliens. Sans réel compte rendu ni contrats signés, une chambre de commerce a été créée pour faciliter la coopération entre les investisseurs israéliens et leurs homologues malgaches. De quelle coopération s’agit-il réellement ? Il est certain que l’opinion redoute une vente de plus des terres malgaches aux étrangers. Il est clair que le président de la République a avancé et soutenu le développement de l’Agribusiness alors que ce type d’agriculture nécessite l’usage de gros engins et beaucoup de terres pour en tirer d’avantage de profit pour les entreprises qui l’exploitent. Tout reste encore flou dans le projet et les observateurs ne vont pas manquer de manifester leur réticence quant aux intérêts que peut en procurer le pays, notamment les Malgaches qui vivent dans le monde rural. Dans cette visite présidentielle en terre sainte, est-ce que la situation des 92% de la population qui vit dans l’extrême pauvreté sera mise sur le tapis ? L’expérience de 2009 avec le projet « Daewoo » a été l’une des raisons qui a causé la chute du régime en ce temps là. Si de tel projet refait surface avec le régime de Hery Rajaonarimampianina, que va-t-il se passer ? D’après le communiqué de la présidence sur la visite de la délégation malagasy en Israël, le Président de la Fédération des Chambres de Commerce Malgache a mis en avant que sur les 60 millions d’hectares de superficie totale de la Grande Ile, presque la moitié s’apprête à l'agriculture et 18 millions d’hectares demeurent encore disponibles. Toujours d’après ce communiqué, cette étendue dépasse largement la masse terrestre de toutes les autres îles de l'Océan indien combinées. Il maintenant confirmé, lors de sa dernière visite en Israël, que le président de la République Hery Rajaonarimampianina mise sur le développement de l’Agriculture pour espérer sortir le pays de la pauvreté. Toutefois les conditions qui astreignent ces contrats ne sont pas très claires

La société civile à Madagascar ne cesse de rappeler que les accords avec les investisseurs étrangers sont toujours mal négociés et établies au détriment de la nation et des communautés locales. (Photo : GRAIN)

La société civile à Madagascar ne cesse de rappeler que les accords avec les investisseurs étrangers sont toujours mal négociés et établies au détriment de la nation et des communautés locales. « Les investissements agricoles par des nationaux ou des étrangers pour des monocultures sur de vastes surfaces ne sont pas les seuls à produire des accaparements de terres, c’est-à-dire une spoliation des droits des paysans et de la population rurale, sous la forme d’expulsion et de perte d’accès à leurs propres terres et à leurs ressources. La surface des terres disponibles pour les paysans malgaches se réduit donc de manière dangereuse », rappelle le Collectif TANY sur le sujet. Tant que l’Etat ne met pas en avant une politique de gestion des terres sécurisant les exploitations paysannes et favorisant en priorité les intérêts des cultivateurs, éleveurs et pêcheurs, dans l’accès durable aux ressources et la promotion des investissements, le cauchemar continuera. 


En attendant… 

L’Etat est sommé de procéder à des réformes dans le domaine foncier pour éviter les cas d’expulsion comme celle d’Ankadimbahoaka récemment. Le pire risque de se produire si l’Etat ne fait pas attention aux termes de référence avancés lors des négociations avec les investisseurs étrangers. En attendant, le Collectif Tany revendique l’abrogation des articles 18 et 19 de la loi sur les investissements 2007-036 qui autorisent la vente de terrains aux sociétés étrangères qui ont un associé malgache. Il faut aussi arrêter l’attribution de terres aux investisseurs, sous forme de bail emphytéotique, de concessions ou autres et l’arrêt des accaparements de terre. Enfin, il doit y avoir un renforcement des droits des communautés locales qui vivent et travaillent sur les propriétés privées non titrées (PPNT) de manière légitime. L’expérience du passé a démontré que le fait de donner avantage aux étrangers n’a pas apporté le développement escompté. Lorsque les investissements impliqueront le développement local et national, incluant le développement du capital humain, alors le contrat mérite d’être signé… 

Racl. R.

Original source: La Nation
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