Gnith : des populations expriment leur déception face au projet Senhuile-Senéthanol

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Plus d’un an après son installation, les retombées sont invisibles dans la zone où les éleveurs sont les plus grands pourfendeurs de ce projet qui les ‘’encerclent’’. (Photo : GRAIN)

Agence de Presse Sénégalaise | 2013-12-30

Gnith : des populations expriment leur déception face au projet Senhuile-Senéthanol

Gnith (Dagana), 30 déc (APS) - Des populations de Gnith ont exprimé, dimanche, leur rejet du projet Senhuile-Senéthanol, bénéficiaire d’une affectation de 20 000 ha dont l’essentiel se trouve dans leur communauté rurale.

‘’Ce projet a déçu l’espoir des populations et aucun engagement pris au départ n’a été respecté’’, a déclaré le président de la commission domaniale de cette localité, Alassane Diop, au cours d'un entretien avec les journalistes.

‘’Ce projet a été installé d’autorité par l’Etat qui lui a affecté 20 000 ha dans la réserve de Ndiahel, mais la communauté rurale n’en tire aucune ressource, alors qu’au départ il était question de verser annuellement 800 millions dans ses caisses’’, a dit M. Diop en présence d’une mission du Conseil national de concertation des ruraux (CNCR) et d’Enda-Pronat qui les accompagnent dans ce combat pour le respect de leur terroir.

Concernant l’emploi, les jeunes qui avaient émigré vers Dakar étaient revenus dans l’espoir de travailler chez eux, mais le constat amer fait par M. Diop est que ‘’l’essentiel de la main d’œuvre vient de Richard-Toll, contrairement à une autre disposition des promoteurs dudit projet’’.

‘’Pourtant, la zone compte des compétences qui ont formulé des demandes en vain avant de retourner pour certains là où ils étaient’’, a déploré le président de la commission domaniale.

Il était aussi prévu l’érection d’un centre de santé au profit des populations refroidis par les événements tragiques de Fanaye (Podor), où le projet avait été l’objet d’une bataille mortelle entre pro et anti-Senhuile.

''Les populations rencontrées durant ces deux jours ont unanimement exprimé leur désapprobation face à ce projet'', qui, pour M. Diop ''devait s’accompagner d’aménagements et de constructions de canaux'' pour l’irrigation de leurs champs.

Plus d’un an après son installation, les retombées sont invisibles dans la zone où les éleveurs sont les plus grands pourfendeurs de ce projet qui les ‘’encerclent’’, dénonce-t-on dans les rangs des riverains.

‘’Nous n’avons plus de zone de pâturage et nous ne savons plus où aller’’, ont déclaré des éleveurs qui vivent depuis des décennies dans cette réserve.

‘’Si nous avons pu vivre paisiblement dans ce terroir, nous risquons de souffrir énormément en quittant ce terroir. Vers le fleuve, il y a les aménagements qui n’ont pas tenu compte de notre activité et vers le diéri également, il y a l’activité agricole’’, a indiqué Ardo Sow, un habitant de cette communauté rurale.

Pour ces éleveurs qui ont eu à vivre des moments de cohabitation difficiles avec les gendarmes chargés de veiller à la bonne exécution de ce projet italien, les malheurs ne se comptent plus.

‘’Récemment le 4 juin, trois enfants ont péri noyés dans les canaux creusés par ce projet et nos parents ont été envoyés en prison pour avoir eu à s’opposer aux promoteurs’’, a souligné Gallo Ba de Ndiourki, l’un des 37 villages de la réserve et père des victimes.

''Ces populations désemparées ne demandent qu’à être impliquées dans la recherche d’une paix durable dans ce terroir où éleveurs et agriculteurs ont toujours vécu en harmonie'', a-t-il ajouté.

Joint par téléphone par l'APS, le directeur du contrôle et de l'organisation du projet Senhuile-Senéthanol, Ibrahima Sow, a soutenu que depuis, son installation, ''le projet a fait plusieurs réalisations en appuyant les éleveurs dans la période de soudure et la construction de latrines et chambres''.

‘’Nous avons aménagé quelques champs de culture fourragère, soutenu les éleveurs en produits agricoles, en cas de soudure. Nous avons aussi donné de l’emploi direct à 30 individus, soit ils sont des journaliers soit des permanents’’, a-t-il dit.

Le projet Senhuile-Senéthanol a aussi, selon M. Sow, construit et entièrement équipé un daara (école coranique) dans la zone. ‘’Près de 15 millions de francs CFA ont été déboursés pour soutenir les parents en fournitures scolaires. Il arrive que l’on construise également des chambres pour des personnes âgées ou des latrines’’, a-t-il ajouté.

AMD/ASG/SDI/OID

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Agence de Presse Sénégalaise | 2013-12-30

Le président du FONG pour une cohabitation harmonieuse des populations

Gnith (Dagana), 30 déc (APS) - Le président de la Fédération des organisations non gouvernementales (FONG), Babacar Diop, a plaidé pour une cohabitation harmonieuse entre les populations pratiquant des activités diverses sur l’ensemble de l’étendue du territoire national.

‘’Notre souci est de veiller à la cohabitation harmonieuse entre les populations partout où elles se trouvent’’, a dit M. Diop interrogé en marge d’une visite organisée par le Conseil national de concertation des ruraux (CNCR) dont il est l'administrateur et Enda-Pronat, dans la communauté rurale de Gnith qui abrite le projet Senathanl Senhuile.

''Dans ce sens, nous invitons à de larges concertations entre éleveurs, agriculteurs et autres promoteurs privés'', a dit le maire de Ross-Béthio sous ses habits d’acteur du monde agricole.

Le CNCR, selon lui, ne peut être contre un projet dont l'ambition déclarée est de contribuer au développement économique du pays, mais ''nous avons l’obligation d’appuyer nos membres constitués de pasteurs, pêcheurs et paysans''.

Selon lui, ‘’les aménagements dans la vallée du fleuve Sénégal n’ont pas tenu compte de l’élevage qui ne se pratiquait que dans la zone de Gnith où se trouve cette réserve affectée au projet Senhuile’’.

‘’En tant qu’habitant de Ross-Béthio, mon champs se trouve dans cette communauté rurale. Cela montre que les populations sont ouvertes et accueillantes pourvu qu’on leur laisse mener leurs activités’’, a dit M. Diop.

Le président du FONG a conduit durant deux jours une mission dans la zone impactée par le projet italien, source de plusieurs critiques de la part des éleveurs.

Ces derniers, menacés de déguerpissement par ce projet qui occupe 20000 ha de la réserve de Ndiahel où elles vivent depuis des décennies, se disent inquiets pour leur avenir.

AMD/OID/AD

Original source: APS
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1 Comments


  1. Richard Diémé
    02 May 2014

    Bon jour, je suis un doctorant qui travaille sur les ravageurs et maladies du jatropha.je dois visité les plantations et mener une enquête aux prés des producteurs. j"ai juste besoin d'un contact ou d'une adresse qui peut m'aider à vous joindre

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