L'Indonésie lorgne les terres australiennes pour produire du bœuf

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Rockhampton, dans l'Etat du Queensland, en Australie. Cet été, l'Indonésie a ouvert en grand ses frontières au bœuf australien pour éviter une flambée des prix au moment du ramadan.

RFI | mercredi 18 septembre 2013

L'Indonésie lorgne les terres australiennes pour produire du bœuf

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Par Claire Fages

Pour assurer son approvisionnement en viande de bœuf, l'Indonésie envisage d'acheter plus d'un million d'hectares en Australie.

L'Australie fournit depuis longtemps du bœuf à l'Indonésie, y compris du bétail vivant : en 2010, 60% du bœuf australien sur pied embarquait vers l'Indonésie. C'était avant le scandale. En 2011, les méthodes d'un abattoir indonésien, peu respectueuses du bien-être animal, avaient poussé l'Australie à stopper temporairement ses exportations. L'Indonésie avait répliqué, en instaurant des quotas d'importation sur le bœuf australien ; le discours officiel fut alors à Jakarta : « Nous allons construire notre propre industrie du bœuf ». Sauf qu'en deux ans, les objectifs ont tardé à se réaliser : l'Indonésie est loin d'être autosuffisante. Les prix du bœuf continuent de grimper. Pour éviter la pénurie, les autorités indonésiennes ne cessent d'utiliser leurs quotas par anticipation. Cet été, elles ont carrément supprimé ces quotas et ont ouvert en grand les frontières au bœuf australien pour éviter une flambée des prix au moment du ramadan.

Aujourd'hui, l'Indonésie cherche une solution plus pérenne à ses besoins grandissants en viande bovine. Et elle a proposé très sérieusement qu'une entreprise publique indonésienne prenne le contrôle d'une ferme géante, dans le nord de l'Australie. 1,5 million d'hectares pour assurer la reproduction et la croissance des bovins, qui partiraient ensuite en Indonésie pour être engraissés et abattus dans l'archipel. Le tout avec les normes australiennes et à moindre coût pour les consommateurs indonésiens. Les éleveurs australiens sont pour. C'est un débouché intéressant pour eux, qui ont subi la sécheresse et les restrictions à l'export. En revanche, pour le nouveau gouvernement conservateur australien, qui joue sur la fibre nationaliste et qui veut traquer les clandestins indonésiens, il n'en est pas question pour l'instant. Mais il sera difficile de justifier un refus aux investisseurs indonésiens, alors que les Australiens disposent d'énormes surfaces minières en Indonésie.

Original source: RFI
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