Louis Dreyfus Commodities : De l’agriculture durable à la vente des produits finis aux supermarchés.

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Louis Dreyfus Commidities possède une plantation d’agrumes de 30.000 hectares au Brésil grâce à laquelle il produit un milliard de litres de jus d’orange chaque saison.

AGEFI | mardi 09 juillet 2013

Les activités bien intégrées

Louis Dreyfus Commodities. De l’agriculture durable à la vente des produits finis aux supermarchés.

Nicolette de Joncaire

Louis Dreyfus Commodities (LDC), créé en 2006 comme entité autonome issue du groupe Louis Dreyfus – lui-même fondé en 1851 – est d’abord un spécialiste du commerce des denrées. Grains, oléagineux, riz, café, coton, sucre, jus de fruits, produits laitiers et engrais représentent la plus grande partie d’activités très intégrées qui se déploient de la culture (180.000 hectares de terres exploitées) à la vente de produits finis aux supermarchés. Spécialiste du fret depuis plus d’un siècle, il dispose d’une flotte de plus de 170 bateaux et des capacités logistiques correspondantes. Depuis 2006, il développe une activité dans le commerce et l’infrastructure logistique des métaux.

Selon les chiffres publiés pour 2012, en période de pointe le groupe emploie 20.000 personnes dont 12.750 en Amérique centrale, pour un chiffre d’affaires total de 57,1 milliards de dollars, réalisé dans 90 pays. Dès la fin des années 1990, le groupe a commencé à soutenir son approvisionnement par l’acquisition d’actifs industriels et logistiques dans les oléagineux, la transformation des agrumes et la production de sucre. En 2011, le groupe se lance dans la provenderie (alimentation animale) en Chine et développe son infrastructure logistique en Afrique avec l’acquisition du distributeur d’engrais SSI. Il possède aujourd’hui plus de 200 actifs industriels et logistiques répartis sur quatre continents dont plus de la moitié en Amérique et près de 30% en Amérique Centrale. LDC  y a investi 570 millions de dollars par an en moyenne sur les trois dernières années, avec une nette accélération en 2011 et 2012, et entend investir 5 milliards supplémentaires dans les cinq prochaines années dont 1,1 milliard en Asie où ses investissements quadrupleront.

En 2012, Louis Dreyfus Commodities a renforcé son approvisionnement en café et sa base logistique dans la Mer Noire, en Asie du Sud-est et en Amérique du Sud. Deux évènements ont marqué l’année: l’acquisition en juin de l’américain, Imperial Sugar (et de ses marques Dixie Crystals et Holly), l’un des plus importants transformateurs et distributeurs de sucre raffiné aux États-Unis, et, en octobre, du hollandais Ecoval, leader de la production et de la distribution de produits laitiers. En mars, LDC a également acquis une unité de fabrication de jus d’orange au Brésil, ajoutant 20.000 tonnes à sa production d’ensemble et accroissant sa part de marché dans le pays de 17 à 19%. En juin, le groupe a pris une participation de 51% dans GKE Metal Logistics, une société dont les entrepôts de métaux à Singapour sont approuvés par le London Metal Exchange (LME) et qui en possède également à Shanghai. Depuis peu sur le marché de la provenderie, LDC y est entré en Chine où il a ouvert trois unités de production en 2012 et compte en opérer une dizaine d’ici 2014. Son ambition est de produire 6 millions de tonnes d’alimentation animale d’ici 2017.

Le groupe est l’un des plus grands négociants de grains du monde (son activité d’origine), et plus particulièrement de blé et de maïs, ainsi que de riz (paddy, riz brun et riz blanc). La libéralisation du marché du blé canadien lui permet d’exploiter à plein son vaste réseau de silos et il achève la reconstruction d’un silo à Port Allen (Louisiane) ainsi que des équipements portuaires au Brésil. Négociant environ 10% des volumes de riz mondiaux, il renforce sa position en aval en Asie où il installe ses propres unités de transformation et des terminaux portuaires.

Il fait aussi partie des trois premiers négociants de coton du monde avec 25 sites d’entreposage et des investissements importants au Brésil.

La transformation des oléagineux (soja, colza, tournesol, coton, palme) comprend 15 unités de transformation et 17 facilités de stockage et manutention. Le groupe a loué une usine de concassage et de raffinage du soja en Chine qui devrait entrer en production en 2013-14. Il construit également deux raffineries en Indonésie et vient d’en commissionner une en Inde. L’investissement dans l’entreposage en Afrique lui assure l’un des meilleurs rangs dans l’approvisionnement d’huile de palme et il est également parmi les premiers fournisseurs de farine de soja du continent. En Argentine, il possède et opère le port de Bahia Blanca et vient d’ouvrir une deuxième unité de biodiesel. Il construit également une unité de concassage au Paraguay et se développe fortement au Brésil.

LDC contrôle une chaine complète de production de cafés arabica et robusta comprenant 17 entrepôts (avec unités de broyage) dans onze pays et répond à la demande croissante de café produit dans des conditions durables en association avec 4C Association, UTZ, Rain Forest Alliance, Café Practices et le Programme de certification du commerce équitables.

C’est aussi l’un des plus grands raffineurs de sucre de canne du monde avec la création en 2009 de Biosev (lire ci-dessous). Outre l’investissement consenti l’année dernière dans Imperial Sugar, le groupe a également développé deux raffineries en Indonésie et en Chine dont la production démarre cette année.

Louis Dreyfus Commodities compte pour 15% de la consommation mondiale de jus d’orange et se positionne également sur les pamplemousses, les citrons, les citrons verts, les dérivés des agrumes et le jus de pommes. Le groupe possède une plantation d’agrumes de 30.000 hectares au Brésil grâce à laquelle il produit un milliard de litres de jus d’orange chaque saison. Il transforme également les citrons et les citrons verts au Brésil, les oranges et les pamplemousses en Floride et les pommes en Chine et en Pologne. Grâce à l’acquisition de Cocamar à Paranavai au Brésil en mars 2012, sa capacité annuelle de production s’est accrue de 20.000 tonnes. Le groupe opère des terminaux d’agrumes dans le port de Santos au Brésil et à Gand en Belgique.

Aujourd’hui l’un des leaders mondiaux des produits laitiers, Louis Dreyfus Commodities commercialise ses propres marques Jolait, Milait, Sunny Farms et Montex dans l’Union européenne, aux Etats-Unis, en Argentine et en Océanie. Il produit et négocie l’ensemble des dérivés laitiers - crème, laits en poudre, protéines de lait et fromages. L’acquisition d’Ecoval a fortement consolidé sa position et son ambition est d’investir activement dans les régions de production à faible coût pour distribuer sur les marchés à forte croissance.

En complément, la distribution des engrais - à base d’azote, de phosphate et de potasse - offre d’excellentes synergies au groupe qui compte pénétrer le marché des produits phytosanitaires et des semences cette année.

Plusieurs projets au Mexique et en Afrique renforcent la distribution de métaux raffinés (concentrés de cuivre, cobalt, zinc, plomb  et cathodes de cuivre) démarrée en 2006,  de même que l’acquisition d’une participation dans GKE Metal Logistics en Asie. Un domaine où le groupe continuera à investir en 2013.

No 2 mondial du sucre de canne

Filiale du groupe Louis Dreyfus, Biosev née en 2009 de la fusion de LDC Bioenergia et de Santelisa Vale, est la seconde unité au monde de traitement du sucre de canne en termes de capacité de production. 

La société  emploie environ 17.500 personnes (y compris les ouvriers saisonniers). Elle opère 330.000 hectares de plantation de canne au Brésil et sa capacité de production annuelle est de près de 2,8 millions de tonnes de sucre et de 1,8 millions de m3 d’éthanol.

Depuis la cession de son unité de São Carlos en mai dernier, elle broie, en capacité , 37,9 millions de tonnes de canne par récolte dans 12 unités réparties en 4 clusters stratégiques, distribués dans les zones les plus fertiles en canne du pays afin de minimiser les risques agricoles et climatiques et d’optimiser les coûts de transport. Conçue comme une chaine totalement intégrée, Biosev produit les deux tiers de la canne qu’elle transforme et possède également de très importantes capacités de stockage. Le  terminal sucrier géant de TEAG - un partenariat contrôlé à 50% - situé dans le port de Santos, offre une capacité d’ensilage de 3,2 millions de tonnes de sucre par an.

La société a souffert de la chute des prix du sucre (qui représentent les deux tiers de sa production) et de ceux de l’éthanol mais la situation est rééquilibrée par une couverture adéquate de la production de sucre pour 2013/2014.

Elle a finalement réussi à entrer sur le marché actions brésilien au mois d’avril, levant ainsi un peu plus de 400 millions de dollars, grâce à une offre de garantie de rachat des actions par le groupe Louis Dreyfus, au même prix (plus  les intérêts) en  juillet 2014. (NJN)

Original source: Agefi
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