Au Cambodge, deux fois plus d’arrestations pour les terres

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Les autorités du Cambodge ont arrêté 201 militants et manifestants des droits fonciers en 2012, soit deux fois plus que les 98 arrêtés en 2011 (Photo: Reuters)



Au Cambodge, deux fois plus d’arrestations pour les terres

En 2012, d’après les ONG, les autorités ont fait arrêter deux fois plus de militants des droits fonciers, en comparaison avec l’année précédente.

« 2012 a été la pire année, parce que le nombre de personnes arrêtées a augmenté, à l’image des arrestations de militants fonciers et politiques qui se sont levés et ont parlé », a déclaré le 24 janvier au cours d’une conférence sur la terre et les logements Chan Soveth, de l’organisation de défense des droits de l’Homme Adhoc, cité dans le Cambodia Daily. Selon lui, les autorités du Cambodge ont arrêté 201 militants et manifestants en 2012, soit deux fois plus que les 98 arrêtés en 2011. Ces chiffres sont les plus élevés depuis 2007. « Il s’agit plus d’une confrontation entre le gouvernement et les gens qu’entre les gens et les investisseurs privées », a poursuivi Chan Soveth. « Le gouvernement essaye de protéger les sociétés ».

Parmi les militants arrêtés en 2012 figurait Tep Vanny, une riveraine du lac Boeung Kak à Phnom Penh, à présent complètement remblayé avec du sable du Mékong pour les besoins d’un gigantesque projet immobilier qui a chassé la plupart de ses habitants. Tep Vanny, qui protestait contre ces expulsions, a été incarcérée avec 12 autres villageois en mai après un procès-éclair et libérée le mois suivant suite à des pressions locales et internationales. Le tribunal, malgré tout, n’a pas levé ses accusations « d’occupation illégale de terre et rébellion aggravée ». « Les autorités considèrent que la population est son ennemi. Nous, les femmes manifestantes, sommes traitées avec violence, arrêtées et dépeintes comme étant de l’opposition politique », a-t-elle lancé lors de la conférence. « C’est la solution qu’ils ont pour la population. Ils utilisent les tribunaux pour opprimer les gens, les arrêter et les envoyer à la prison de Prey Sar ».

Chan Soveth a également dénoncé l’augmentation en 2012 du nombre de concessions foncières économiques attribuées à des compagnies, qui entraînent bien souvent l’expulsion des habitants, parfois par la force, malgré un moratoire décrété par le Premier ministre Hun Sen en mai dernier. Il y aurait eu plus de 100 concessions attribuées en 2012, contre 68 en 2011. En novembre, Adhoc avait recensé 32 nouvelles concessions accordées depuis l’entrée en vigueur du moratoire. Le gouvernement s’était toujours défendu d’avoir violé le moratoire, expliquant que ces projets étaient en cours avant la signature de celui-ci.

Quant aux expulsions liées aux conflits fonciers, le porte-parole du ministère de l’aménagement du territoire a assuré « qu’il n’y en avait pas ». « A présent, nous n’utilisons pas le mot expulsion. C’était le terme utilisé sous le régime de Pol Pot. Les ONG l’utilisent de manière politique. Elles ne disent pas la vérité », a tranché Beng Hong Socheat Khemro, qui n’appelle pas les personnes chassées de leurs terres des « expulsés », mais des « réinstallés ». « Je ne sais rien de ces expulsions », a pour sa part laconiquement commenté le ministre de l’Agriculture Chan Sarun.

Selon Adhoc, les concessions économiques couvriraient à présent au moins 2 millions d’hectares, soit 10%, du territoire total du Cambodge. Depuis 2000, elles auraient affecté environ 700,000 Cambodgiens.

Original source: Asie-Info
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