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Les cessions de terres agricoles en débat à Davos

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Reuters | 27 janvier 2013

Les cessions de terres agricoles en débat à Davos

Adriane Ohanesian (Reuters)

Chaque année, des responsables politiques et des chefs d’entreprises du monde entier prennent le pouls du climat des affaires lors du forum de Davosen Suisse. Un signe, cette année, la question de l’accaparement des terres et des investissements fonciers a été abordée lors d’un débat.

« Être fermier dans un pays pauvre peut être dangereux, il y a eu des morts », a déclaré Barbara Stocking, présidente de l’ONG Oxfam Grande-Bretagne, lors d’une table ronde sur la sécurité alimentaire.

Barbara Stocking a notamment fait référence à des activistes au Guatemala, abattus il y a 18 mois, pour s’être opposés à des cessions de terres agricoles.

« Les cessions se font trop souvent dans la plus totale opacité, les terres sont cédées par le chef de village et le fermier se retrouve sans ressources », a ajouté Barbara Stocking, qui a réclamé une « réglementation légale du droit de la propriété », opposable aux vendeurs et aux investisseurs. Oxfam a ainsi enquêté récemment en Ouganda sur des investissements réalisés par une société New Forest Company. Ce projet qui se voulait exemplaire est soutenu par la Banque européenne d’investissement. Il aurait, selon les enquêteurs d’Oxfam débouché sur l’expulsion des habitants concernés. « Comme si je n’étais plus un être humain », a confié un petit paysan de la zone concernée.

Un registre foncier au Nigéria

Le ministre nigérian de l’agriculture Akinwumi Adesina, a expliqué à ce sujet que son pays était en train de mettre en œuvre un registre foncier des terres agricoles.

« Nous travaillons aussi sur une base de données des fermiers, ce qui nous permettra d’optimiser la taille des exploitations », a-t-il ajouté.

Les participants à cette table-ronde, organisée dans le cadre du 43e Forum économique mondial, se disent confiants dans les capacités de l’industrie agricole à nourrir neuf milliards d’individus d’ici 2050.

« Je suis optimiste », a déclaré Jaidev Shroff, le patron du groupe agrochimique indien UPL (United Phosphorus). « L’agriculture est devenue aujourd’hui un business, et le principal défi est de régler les problèmes logistiques », a-t-il ajouté.

Pas assez de stockage

De nombreux produits agricoles sont en effet jetés, faute de capacité de stockage et de conservation. Le ministre nigérian de l’Agriculture a indiqué à ce sujet que 45 % des tomates produites dans son pays devaient être jetées, faute d’infrastructures de stockage ou d’usines de transformation.

Selon une récente étude des Nations unies, 1,3 milliard de tonnes de nourriture sont perdues ou gaspillées chaque année.

Enfin, les participants à la table-ronde ont estimé que les produits alimentaires étaient devenus très sûrs aujourd’hui. "Ce que vous mangez aujourd’hui est beaucoup plus sûr que ce que vous avez mangé il y a 20 ans, le niveau de sécurité alimentaire augmente tous les ans, c’est devenu une priorité de tout premier plan", a assuré M. Shroff.

« Des droits fonciers inadaptés et non sécurisés augmentent la vulnérabilité, la faim, la pauvreté et peuvent conduire à des dégradations environnementales », rappelle la FAO. Pour y voir plus clair, les chercheurs français sont associés au sein d’un collectif international de recherche Land Matrix dans lequel on retrouve plusieurs organismes (CDE, GIGA, GIZ, International Land Coalition) ; ONG, syndicats agricoles, militants paysans sont invités à apporter leurs données qui sont ensuite vérifiées. Un premier rapport vient d’être mis en ligne (2). Sur 26,2 millions d’hectares qui ont changé de mains, « près de la moitié des transactions concernaient des zones déjà cultivées. L’agriculture a besoin d’investissement. Associer les populations locales est aussi une priorité. Nous sommes au début d’un phénomène majeur », insiste Mathieu Boche.

Un site pour aller plus loin. http ://landportal.info/fr

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