Oussouby TOURE, sociologue rural : « 40 % des resserves foncières ont fait l’objet de transactions entre 2000 et 2010 »

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Les exploitations familiales sont les premières victimes des transactions foncières à grande échelle
Le Soleil | 23 janvier 2013

Oussouby TOURE, sociologue rural : « 40 % des resserves foncières ont fait l’objet de transactions entre 2000 et 2010 »

Les membres des organisations professionnelles agricoles, les organisations paysannes et de la société civile se sont réunis, samedi dernier, à l’Ecole nationale d’administration (Ena). Ils ont passé en revue la gestion de la propriété foncière et ses conséquences sur les modèles de développement agricole au Sénégal.

Le Conseil des organisations non gouvernementales d’appui au développement (Congad)  et le réseau  des plateformes d’Ong de l’Afrique de l’ouest (Repaoc) ont commandité une étude  intitulée « propriété foncière et conséquences sur les modèles de développement agricole ». Cette étude  a fait l’objet, samedi, d’un atelier de restitution. Selon le sociologue rural, Oussouby Touré, par ailleurs expert qui a réalisé  l’étude, ce travail a été fait pour les exploitations familiales. « L’avenir  de l’agriculture  sénégalaise dépend de la modernisation des exploitations familiales paysannes. Or, ces exploitations familiales sont les premières victimes des transactions foncières à grande échelle », informe-t-il. A l’en croire, entre 2000 et 2010, c’est entre 30 et 40 % de réserves fonciers qui ont fait l’objet de transactions foncières à grande échelle. « Il  y a eu  un transfert massif  de terres paysannes vers les investisseurs », confie le membre d’Initiative prospective agricole et rural (Ipar). Beaucoup d’institutions ont travaillé sur les transactions foncières à grande échelle, toutefois, indique Oussouby Touré, toutes les transactions ne sont pas connues. Les résultats disponibles ont juste permis d’estimer à 30,70 % la proportion de terre sur les réserves fonciers disponibles.

« A l’Ipar, nous n’avons aucune idée des transactions foncières en milieu urbain. Nous savons juste que toutes les réserves ont fait l’objet de transactions foncières entre 2000 et 2010 », informe-t-il. Pour apporter une solution à cette question foncière, M. Touré pense qu’aujourd’hui, il est indispensable d’abord de s’entendre  sur une démarche méthodologique pour conduire cette question de reforme foncière qui, depuis 2000, n’a connu aucun processus consensuel. « La priorité doit être accordée à la définition  d’une politique foncière, avant de la décliner en loi », préconise-t-il.

« Le choix du thème de l’étude, « propriété foncière et conséquences sur les modèles de développement agricole », s’explique par une certaine logique de contribution dans le cadre  de la définition des politiques agricoles au Sénégal », indique le président du Congad, Amacodou Diouf. « A travers l’étude réalisée, nous voulons savoir comment, à partir des enjeux fonciers, nous pouvons construire un développement rural agricole », fait-il savoir. « Quand on parle de propriété foncière et de développement  agricole, cela suppose que l’agriculture occupe plus de 85 % des revenus du monde rural ». « Dernièrement, les autorités ont décidé de mettre en place une commission nationale  pour réfléchir sur cette question de reforme foncière », dit-il. Il poursuit : «il  était donc important  pour nous  de faire  un état des lieux sur la gouvernance foncière, de réfléchir sur  les différents acteurs qui  sont impliqués dans la prise en charge de la question foncière, savoir quel est le profit de ces acteurs, leurs capacités d’influences, les espaces d’échange  dédiés à la question foncière  afin d’identifier clairement les grands enjeux  qu’il faut prendre en compte dans la réflexion sur la reforme foncière ».
 
Maguette Guèye DIEDHIOU
Original source: Le Soleil
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