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Le Laos n'attribuera plus une concession minière ou agricole jusqu'en 2016

Radio France Ieternationale | jeudi 28 juin 2012
 
Le Laos n'attribuera plus une concession minière ou agricole jusqu'en 2016


 
Par Claire Fages

La visite de la Banque mondiale à Vientiane au début de la semaine n'est pas étrangère à l'annonce de ce moratoire, par le ministre laotien de la Planification et des investissements, dans la presse nationale. Une telle annonce n'est cependant pas la première dans cet eldorado minier et agricole de l'Asie du Sud-Est.

En 2005, un petit groupe minier, une junior, découvrait un beau gisement de cuivre et d'or à Sepon dans le centre du Laos. Depuis, le Laos est devenu une sorte d'eldorado minier, d'autant qu'il regorge aussi de gypse, de potasse, de charbon, de fer, de saphirs et autres pierres précieuses. Un eldorado, avec toute la liberté qu'offrait le Far West américain au XIXe siècle, mais cette fois, dans le Far East.

A l'opposé de ce qui se pratique dans les pays voisins, Cambodge et Vietnam, où il est très difficile pour les investisseurs étrangers d'exploiter des gisements ou des plantations agricoles, les autorités de Vientiane n'ont jamais été très regardantes sur les concessions autorisées dans le pays. Des concessions aux sociétés australiennes, mais surtout aux compagnies des pays voisins. La Thaïlande, le Vietnam et la Chine prennent un peu le Laos pour leur réserve personnelle de ressources naturelles et de main-d’œuvre bon marché. Ils y font en particulier l'acquisition de terres par centaines de milliers d'hectares pour y planter de l'hévéa et produire du caoutchouc.

Les études d'impact social et environnemental sont quasi-inexistantes ; les autorisations sont octroyées de manière anarchique à la fois par l'Etat, les provinces et les districts. Avec à l'arrivée un imbroglio foncier qui crée des conflits avec les communautés villageoises. Sans compter que certains investisseurs accaparent des surfaces pour y geler ensuite toute activité.

Le gouvernement de Vientiane a déjà monté le ton, sans mettre en œuvre ses menaces de moratoire des investissements étrangers. Le nouvel avertissement sera-t-il suivi des faits ? La Banque mondiale est en tout cas venue rappeler la veille au Laos, qui fait partie des pays les moins avancés, que son aide était conditionnée à une gestion durable des ressources du pays.

  • Icon-world  RFI
  • 28 Jun 2012

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