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Terres agricoles: Accaparement de terres agricoles

Moussa Léo Sidibé, ministre de l’Agriculture, de la pêche et de l’élevage du Mali

Le Républicain | le 30 Mai 2012

Terres agricoles: Accaparement de terres agricoles

 

La société civile dénonce Modibo Keita et écrit à Moussa Léo Sidibé - « La cohabitation de l’agrobusiness avec l’agriculture familiale pourrait mieux servir au Mali et non la transformation des acteurs du dernier en un instrument du premier ». Telle est la vérité que la Convergence malienne contre les accaparements de terres a tenu à rappeler,  dans une lettre ouverte adressée le 18 mai 2012, à Moussa Léo Sidibé, ministre de l’Agriculture, de la pêche et de l’élevage.

La Convergence malienne contre les accaparements de terres, dans une lettre ouverte en date du 18 mai 2012, a dénoncé la dépossession de paysans maliens de leurs terres agricoles à Sanamadougou. Elle a apporté  certaines précisions au ministre et lancé certaines réflexions sur la question de l’Agriculture familiale ou des petits producteurs. Composée de l’Association des organisations professionnelle paysannes (AOPP), de la Coalition des alternatives africaines dette et développement (CAD-Mali), de la coordination nationale des organisations paysannes (CNOP) et de l’Union des associations et coordinations d’association pour la défense des droits des démunis et des déguerpis (UACDDDD), la Convergence malienne contre les accaparements de terres, vient de donner de la voix. Après avoir rappelé toutes les initiatives développées par ses membres, suite à  ce qu’elle considère comme « l’injustice grandissante envers les paysans », la lettre ouverte indique qu’il a été décidé de la convergence des efforts des organisations évoluant sur la question,  pour venir en aide aux paysans victimes d’injustices, notamment à Sanamadougou,  Saou et  Sansanding.

La Convergence malienne contre les accaparements des terres, a rappelé au ministre de l’agriculture : « du Soudan français, au Mali, de manière générale, l’Agriculture familiale où les petits producteurs comme certains se plaisent à dire, ont nourri et continuent de nourrir le Peuple malien.  Au-delà, ils exportent aussi ». Mieux, la Convergence malienne contre les accaparements des terres a rappelé au ministre : « les petits producteurs au Mali sont  ceux là qui ont investi dans les terres depuis des générations, et non les investisseurs qui viennent s’accaparer précisément de ces terres là ».

Pour cela, elle pense que le Mali  est redevable à ses braves paysans  et n’a pas le droit d’être ingrat à leur endroit. «  Nous ne vous apprenons rien en tant qu’ancien Directeur de l’Office du Niger. Si la question du paiement de la redevance d’eau était un casse tête chinois pour les paysans, aujourd’hui, c’est la survie de certains d’entre eux qui est menacée, surtout avec la ruée des investisseurs sur les terres agricoles pour l’agrobusiness. Or il n’est pas évident que ces investisseurs produisent pour les beaux yeux des Maliens et des Maliennes », indique la lettre ouverte.  «  Nous disons oui à la modernisation mais pas au détriment d’une grande partie de la population que constituent les paysans  qui jadis ont donné et donnent encore corps et âme pour nourrir ce pays », déclare la lettre ouverte qui précise clairement : « La cohabitation de l’agrobusiness avec l’agriculture familiale pourrait mieux servir au Mali et non la transformation des acteurs du dernier en un instrument du premier ». Ensuite, après avoir rappelé au ministre de l’agriculture ses propos selon lesquels, «Modibo Kéita est l’un des opérateurs économiques au Mali qui mérite soutien et encouragement dans ses efforts de développement socio économique du Mali à travers son projet de Sanamadougou », la Convergence malienne contre les accaparements de terres estime que « ces propos auraient pu avoir tout leur sens si ce projet n’avait pas versé du sang. Ils auraient leur sens s’il n’avait pas conduit certains Maliens et Maliennes à la dépendance et à l’humiliation ».

Et  l’organisation de la société civile estime que les propos du ministre auraient leur sens si « l’investisseur avait respecté les zones attribuées ou négociées ». A cet effet, elle a exhorté le ministre de l’agriculture à demander à la Société 3M, la superficie de terre qu’elle a attribuée par famille pour faire le jardinage, les conditions et contre combien d’hectares cela a été fait. «  La société 3M utilise à bon escient vos propos à Sanamadougou et est en train de les brandir comme moyen de communication voire  un trophée pour se hisser comme un tout puissant », a rappelé la lettre ouverte au ministre de l’agriculture. Ces propos contribuent « certainement à envenimer une situation déjà difficile et cela est inquiétant. Ils vont surtout à l’encontre de l’esprit du discours de Monsieur le Premier Ministre que nous citons : L’équipe gouvernementale que nous allons conduire, n’aura qu’un objectif : le Mali, son intégrité territoriale, le fonctionnement régulier de ses institutions. Elle fera preuve d’esprit créateur, de sens de la responsabilité et se mettra au-dessus des contingences partisanes et politiciennes…», dit la lettre ouverte. La lettre interpelle le ministre pour que des dispositions soient prises afin de  sortir de cette situation de mendicité dans laquelle  vivent les paysans.

Assane Koné

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