Le Cambodge suspend l'attribution de nouvelles concessions

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Des gens expropriés de leurs terres bloquent la rue devant l'Assemblée Nationale à Phnom Penh le 1 mai 2012. (Photo AP)
Agence France-Presse | le 07 mai 2012

Le Cambodge suspend l'attribution de nouvelles concessions

PHNOM PENH

Le gouvernement du Cambodge a annoncé lundi avoir suspendu l'attribution de nouvelles concessions aux entreprises privées, alors que les tensions foncières suscitent désormais des violences inquiétantes.

Le Premier ministre Hun Sen a fait état dans un communiqué de la «suspension temporaire de l'attribution de concessions économiques» afin «d'assurer l'équité et de renforcer l'efficacité» de la gestion de la terre.

La décision intervient alors que le rapporteur spécial des Nations unies pour les droits de l'homme au Cambodge, Surya Subedi, est en visite, en particulier pour examiner les processus d'attribution des terrains.

Hun Sen a réclamé des décisions «qui ne portent pas préjudice (...) aux moyens de subsistance de la population, de telle sorte que les concessions économiques apportent de réels bénéfices à la nation et au peuple».

Le texte stipule aussi que les concessions seraient annulées pour les entreprises coupables de trafic de bois, celles qui négligeraient les investissements et celles qui saisiraient des terres qui ne leur sont pas attribuées.

La décision intervient après la mort le mois dernier d'un militant renommé de la cause environnementale qui dénonçait précisément un trafic de bois. Chhut Vuthy a été abattu dans une forêt par un agent de la police militaire, lui-même tué juste après.

L'affaire a provoqué une vive polémique et relancé le débat sur l'impunité dont bénéficient, selon des ONG et des militants, les forces de l'ordre et agents du gouvernement.

Le dossier des expropriations est explosif au Cambodge, depuis la destruction des titres de propriété par le régime totalitaire des Khmers rouges dans les années 70.

L'an passé, le gouvernement cambodgien a accordé 800 000 hectares de concessions à des entreprises proches du pouvoir, selon des organisations militantes, soit 5% de la superficie nationale. Environ 300 000 hectares de plus ont déjà été attribués cette année.

La directive de Hun Sen est «insuffisante», a estimé Ou Virak, président du Centre cambodgien pour les droits de l'homme. «Ils doivent enquêter sur les concessions du passé».
Original source: AFP
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