Une nouvelle étude sur Addax Bioenergy montre les investissements problématiques des banques de développement

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4.000 hectares de brousse et 600 hectares de forêts seront rasés, alors qu’Addax affirme éviter les forêts.
Pain pour le Prochain | 18.11.11

Une nouvelle étude sur Addax Bioenergy montre les investissements problématiques des banques de développement

L’entreprise genevoise Addax Bioenergy a vendu son projet d’éthanol au Sierra Leone comme un «projet durable» auprès des investisseurs et a ainsi obtenu plus de la moitié des fonds de la part de banques de développement, dont la Banque Africaine de Développement, qui est appuyée par la Suisse. Une nouvelle étude de Pain pour le Prochain montre que le projet est loin d’être durable. Les nombreuses exemptions fiscales, les impacts environnementaux négatifs, l’utilisation d’énormes quantités d’eau durant la saison sèche et les accords illégitimes avec les autorités locales jettent une lumière sombre sur ce projet. Pain pour le Prochain exige que les banques de développement évaluent mieux les impacts et les risques de ce genre d’investissements.

Aspects fiscaux

Une des préoccupations majeures concerne les aspects fiscaux: le Gouvernement du Sierra Leone a accordé différentes exemptions et déductions fiscales, qui empêcheront le Sierra Leone de prélever une part équitable d’impôts sur l’entreprise. De plus, la structure du groupe Addax, qui comprend des filiales dans plusieurs paradis fiscaux, augmente le risque d’évasion fiscale.

L’analyse de la répartition de la valeur ajoutée future du projet montre que c’est l’entreprise qui encaissera les profits, alors que d’autres parties prenantes, comme la population locale, n’auront que des miettes.

Impact environnemental

L’analyse de Pain pour le Prochain révèle que l’éthanol a un impact environnemental jusqu’à trois plus élevé que l’essence (car la production d’éthanol pollue l’air, l’eau et les sols, consomme de nombreuses ressources et demande l’application d’engrais et de pesticides). De plus 4’000 hectares de brousse et 600 hectares de forêts seront rasés, alors qu’Addax affirme éviter les forêts.

La consommation d’eau n’est pas du tout durable non plus. Le projet d’Addax va utiliser 26% du débit de la plus grande rivière du Sierra Leone durant la saison sèche (février à avril). Ce chiffre n’est malheureusement pas reconnu par l’entreprise, qui mentionne seulement une moyenne annuelle de prélèvement de 2% du débit.

Corruption et collusion

Les projets d’accaparement des terres sont sujets à des risques élevés de corruption, spécialement au Sierra Leone qui est classé parmi les pays les plus corrompus de la planète. Le système de compensation du contrat de location pourrait bien avoir encouragé la collusion des autorités locales et les conflits d’intérêt. En effet, les autorités locales reçoivent une partie des paiements de location sans avoir à souffrir de pertes de terres.

Les banques de développement sont coresponsables

Le projet d’Addax est financé à 52% par les banques de développement, dont la Banque Africaine de Développement, qui est appuyée par la Suisse par le biais du SECO. Les banques de développement sont donc coresponsables des risques et des impacts de cet investissement. La Banque Européenne d’Investissement (BEI) a refusé de financer ce projet car il ne remplit pas ses standards environnementaux.

L’accaparement des terres menace la sécurité alimentaire

Le Sierra Leone n’est pas en mesure de nourrir sa population. La sous-alimentation concerne un tiers de la population et est responsable d’un des plus hauts taux de mortalité infantile et maternelle du monde. Dans ce contexte, le fait de continuer à louer de grandes surfaces à des investisseurs est très problématique. Jusqu’à maintenant les contrats, qui ont été ou sont en passe d’être signés avec des investisseurs, couvrent déjà un million d’hectares – soit 18% de toutes les terres cultivables au Sierra Leone!

A cause du fait qu’elles financent ces projets, les banques de développement menacent la sécurité alimentaire et la souveraineté alimentaire ainsi que l’accès à l’eau d’une grande partie de la population.

Pain pour le Prochain exige des banques de développement qu’elles évaluent mieux les risques et les impacts des projets financés et qu’elles s’appuient sur des évaluations de tiers indépendants. En collaboration avec ses partenaires locaux, Pain pour le Prochain va continuer à suivre et à évaluer les impacts de ce projet.


Etude:
Land Grabbing: The Dark Side of ‚sustainable‘ Investments

Pour de plus amples informations:
Yvan Maillard Ardenti, Chargé de programme, Pain pour le Prochain,
+41 79 267 01 09 / E-mail

Miges Baumann, Responsable politique de développement, Pain pour le Prochain,
+41 31 380 65 72 / E-mail

Original source: PPP
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