Gel des avoirs du régime Kadhafi : une tâche ardue face à la nébuleuse

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De nombreuses sociétés qui changent souvent de nom. PHOTO AFP

La Voix du Nord| 12.06.2011

Si plusieurs pays ont annoncé avoir gelé des avoirs du régime de Tripoli, dans le cadre des sanctions décidées par les Nations unies, beaucoup pensent que des centaines de millions de dollars pourraient passer entre les mailles du filet. ...

À lui seul, un complexe d'immeubles d'appartements de luxe au Caire a englouti des milliards d'avoirs libyens, selon l'ancien ministre Mahmoud Badi, qui s'occupait notamment du contrôle financier et administratif des investissements étrangers.
 
« On peut estimer que le total des investissements étrangers a dépassé 104,5 ou 118,5 milliards d'euros, si ce n'est plus », dit-il. La trace de ces investissements se perd souvent dans un nombre incalculable de compagnies créées qui, en outre, changent souvent de nom.

« En plus, et ce n'est pas un secret, il y a beaucoup de comptes bancaires et sous énormément de noms », précise Mahmoud Badi. Certains fonds pourraient se révéler impossibles à récupérer.

Pour M. Badi, l'argent gelé par les États-Unis et les pays européens, plus de 42 milliards d'euros, est entre de « bonnes mains ». Mais il se montre sceptique pour le reste.

Avec la crise, au moins trois pays africains -- le Rwanda, la Zambie et l'Ouganda -- se sont empressés de prendre le contrôle de leurs plus grosses compagnies de télécommunications, possédées conjointement avec la Libye.

Également dans les limbes, l'avenir de la seule radio diffusée dans toute l'Afrique, Africa n° 1, qui émet depuis Libreville (Gabon) depuis les années 70. Son opérateur satellitaire a coupé l'émission le mois dernier disant qu'elle lui devait quelque 300 000 euros. La Libye possède 52 % de la radio.

La guerre civile en Libye a également fait planer le doute sur un projet de construction d'un oléoduc reliant l'Ouganda au Kenya, auquel la Libye participait à hauteur de 51 % et les gouvernements kényan et ougandais de 49 %.
Les affaires continuent

Le portrait géant de Kadhafi a été retiré du hall de l'hôtel l'Amitié de Bamako au Mali où séjournent les chefs d'État. Pour autant, les affaires continuent comme si de rien n'était pour les autres investissements libyens dans le pays des stations-service à la prospection pétrolière, le bail controversé de terres agricoles dans le delta du Niger et de nombreuses écoles et mosquées. Une immense mosquée a notamment été construite avec des fonds libyens, juste à côté de l'ambassade américaine à Bamako.

En Centrafrique, Kadhafi a été remercié par le président Ange-Félix Patassé (1993-2003) d'avoir envoyé des troupes pour le soutenir face aux tentatives de coups d'État. En échange, Tripoli a obtenu une licence de 99 ans pour explorer tous les gisements, dont ceux d'or et de diamant. Mais nul ne sait ce qu'il est advenu réellement de ces droits depuis que Patassé a été renversé. •

Original source: La Voix du Nord
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