Fatou Mbaye : ‘51% des ménages sénégalais vivent dans une insécurité alimentaire sévère’

TWITTER
FACEBOOK

Walf Fadiri | 9 février 2011

Fatou Mbaye (Action Aid/Sénégal) : ‘51 % des ménages sénégalais vivent dans une insécurité alimentaire sévère’

La responsable du programme droit à l’alimentation d’Action Aid/Sénégal Fatou Mbaye, a révélé hier que plus de la moitié des ménages sénégalais vivent dans une insécurité alimentaire sévère. Elle intervenait lors d’un panel sur l’accaparement des terres et des ressources naturelles et la sécurité alimentaire, organisé par l’organisation non gouvernementale Action Aid.

‘Cinquante-et-un pour cent des ménages sénégalais vivent dans une insécurité alimentaire sévère et 41 % sont dans une insécurité alimentaire modérée’, a soutenu Fatou Mbaye, responsable à l’Ong Action Aid/Sénégal. Selon elle, cette situation d’insécurité est causée par les crises ‘énergétique, alimentaire et financière’. A cela s'ajoute un accroissement démographique de la population mondiale causant une demande foncière plus forte. Par conséquent, ‘les Etats européens et arabes cherchent des terres en Afrique. Ces acquisitions sont utilisées pour l'agriculture, mais aussi à des fins non agricoles’. Ainsi, ‘des pays comme l'Arabie Saoudite utilisent ces terres comme réserve alimentaire pour leur population. Mais les Européens en font un usage tout autre puisqu’ils s'en servent pour satisfaire leur besoin énergétique afin d'atteindre les objectifs d'incorporation d'agro-carburant dans le secteur du transport qu'ils se sont fixés’, explique-t-elle. Par conséquent, une ruée sur les terres de l'Afrique est notée et le Sénégal n'est pas épargné.

L'accaparement des terres au Sénégal est également causé par les programmes spéciaux qui ont nécessité une forte acquisition de terres, notamment le plan Reva, le programme national d'agro-carburant et la Goana. Mais Fatou Mbaye déplore la façon dont l'Etat du Sénégal brade ses terres. ‘C'est difficile de comprendre nos gouvernants qui bazardent nos terres alors que le Sénégal est un pays avec une insécurité alimentaire assez sévère’, se désole-t-elle évoquant, entre autres, les cas de Kédougou et de Mbane où des investisseurs étrangers ont bénéficié de plusieurs hectares de terres. Elle ajoute que les transactions foncières se font très souvent dans une grande ‘opacité’.

Selon des études menées sur le foncier au Sénégal, 700 mille hectares de terre ont été attribués entre 2006 et 2010 à des étrangers, dont les 400 mille sont destinés à la production d'agro-carburant. Ainsi, la responsable du programme droit à l'alimentation de l'Action Aid soutient qu'on ‘nourrit les véhicules et non les ventres humains’. Face à cette situation, ‘il faut continuer à prôner la souveraineté alimentaire’, indique Mme Mbaye. Cependant elle se pose la question de savoir ‘s'il faut interdire ou réguler cet état de fait’.

Aïda DIOP (Stagiaire)

Original source: Walf Fadjri
TWITTER
FACEBOOK
TWITTER
FACEBOOK

Post a comment

Name

Email address (optional - if you want a reply)

Comment