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Agribusiness: Les Indiens s’intéressent toujours à Madagascar

(Photo: Flickr)

La Gazette | Lundi, 17 Janvier 2011

Après la polémique autour de vastes terres pour la firme sud-coréenne Daewoo logistics et pour l’entreprise indienne Varun industries en 2008 et 2009, l’Etat malgache a suspendu tout octroi de grandes superficies. Mais si les méga projets de la taille de celle de Daewoo et de Varun sont en veilleuse, des projets de taille nettement plus modestes sont sur pied. Selon le journal indien, The Economic times du 15 janvier dernier, des agriculteurs entrepreneurs indiens qualifiés investissent à Madagascar. Ils sont essentiellement attirés par le loyer très abordable de la terre. Un agriculteur indien installé près d’Antsiranana avance qu’il loue ses terres pour l’équivalent de 37,5 dollars par hectare, soit dans les 75 000 ariary par hectare par an. Au Penjab en Inde, le prix varie pourtant de 400 à 1 000 dollars par an pour un peu moins d’un demi hectare (soit entre 800 000 et 2 000 000 d’ariary). Il y a aussi le coût de la main d’œuvre. Dans plusieurs régions de l’Inde, il n’y a pas que le coût élevé du loyer de la terre. La pénurie de main d’œuvre pose problème et renchérit les prix proposés par les rares travailleurs. Pour séduire les saisonniers par exemple, il faut les courtiser avec des téléphones portables, des postes téléviseurs, de la boisson alcoolisée… De plus, la réserve d’eaux baisse d’année en année, sans parler le recul des terres agricoles au profit de l’industrialisation.

Les migrants indiens cultivent du maïs, des légumineuses, des arachides. Notons qu’ils travaillent sur des superficies de quelques centaines d’hectares. Pour le cas d’un agriculteur qui a choisi de s’installer à 300 km de la capitale malgache, il loue un peu plus de 200 ha de terres. Ces Indiens qui ont choisi Madagascar sont des agriculteurs issus de la première révolution verte de l’Inde. Si l’Etat malgache met donc en place une politique claire sur la contribution des investisseurs en agribusiness dans divers domaines dont le transfert de technologies et de savoir-faire aux locaux, les paysans malgaches devraient tirer bénéfice de la présence de ces Indiens. D’ailleurs, le savoir-faire tout comme les petites technologies asiatiques dans l’agriculture sont pour la plupart plus faciles à assimiler et à adapter à Madagascar. C’est pour cette raison que le pays reçoit régulièrement des techniciens vietnamiens dans le cadre de la coopération agricole Sud-Sud. En ce qui concerne les agriculteurs migrants indiens, ils s’intéressent à plusieurs pays africains dont Madagascar. En fait, le continent devient une des nouvelles destinations des investissements étrangers d’autant qu’il offre des opportunités commerciales et un potentiel économique en hausse.

Rappelons toutefois que la FAO et de nombreuses organisations internationales mettent en garde contre l’intérêt croissant de pays développés et de pays émergents pour les terres des pays pauvres. Elles craignent l’utilisation massive de pesticides qui perturberont les aspects du sol, de l’eau, de la terre et qui déboucheront à terme sur une chute de la productivité agricole. Une fois de plus, le pays a besoin de définir une politique agricole claire.

Fanjanarivo
 

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