Signature d’un bail emphytéotique de plus 102 000 hectares avec Aforest Congo

ACI | 19 Août 2025

Signature d’un bail emphytéotique de plus 102 000 hectares avec Aforest Congo

By Dédé Massamba

BRAZZAVILLE, 20 AOÛT (ACI) – La République du Congo et la société Aforest Congo ont signé, le 19 août à Brazzaville, un bail emphytéotique portant sur une superficie de 102 560 hectares dans les districts de Gamboma et d’Abala, département de la Nkéni-Alima, en vue de la réalisation d’un projet de plantations forestières et agroforestières industrielles à base d’acacia, d’eucalyptus et d’autres essences.

Ce bail a été paraphé par le ministre d’État, ministre des Affaires foncières et du Domaine public, chargé des relations avec le Parlement, M. Pierre Mabiala, la ministre de l’Économie forestière, Mme Rosalie Matondo, et le ministre des Zones économiques spéciales et de la Diversification économique, M. Jean-Marc Thystère Tchicaya et  le président-directeur général du groupe Asc Impact, M. Karl E. Kirchmayer, représentant la société Aforest Congo.

Conclu pour une durée de 30 ans renouvelables, le contrat vise à contribuer à la lutte contre les changements climatiques, à créer 2.000 emplois directs par an et à réduire la pauvreté. Il prévoit un loyer annuel de 102,56 millions de Fcfa, payable en deux tranches, ainsi qu’une redevance de 500.000 Fcfa à l’État. À l’issue du bail, toutes les infrastructures et plantations reviendront au Congo.

Selon ce contrat, l’État congolais s’engage à garantir la jouissance paisible des terres et la protection des investissements, tandis que la société Aforest Congo devra mobiliser ses propres fonds, gérer durablement les plantations, s’acquitter des loyers et redevances, et former des jeunes Congolais aux métiers du secteur.

Le plan d’action de la société prévoit la création d’une pépinière semi-industrielle capable de produire 12 millions de plants par an, afin de soutenir un rythme de plantation de 10.000 hectares annuels. Outre les activités sylvicoles, le projet inclut la construction d’une usine de pâte à papier et d’unités industrielles connexes, pour un investissement global estimé à 200 millions d’euros, soit environ 131 milliards de Fcfa.

Pour la ministre de l’Economie forestière, ce projet permettra de réduire la pression sur les forêts naturelles, de moderniser l’agriculture et de générer des revenus additionnels pour les communautés rurales.

Les premiers travaux, prévus dès 2026, seront précédés par une étude d’impact environnemental et social, conformément aux normes nationales et internationales.

À l’issue de la signature, M. Mabiala a exhorté la société Aforest Congo à respecter les stipulations du contrat. Il a indiqué que la durée du bail pourrait être si renouvelée, si le gouvernement constatait que le projet connaît une ampleur significative. « Nous procéderons sans hésitation au renouvellement de la durée pour vous permettre d’aller jusqu’à 90 ans », a-t-il déclaré.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre du Programme national d’afforestation et de reboisement, qui vise à renforcer la filière forestière nationale et à attirer des investissements verts au Congo, a-t-on appris. (ACI)
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ADIC  | 19 Août 2025


Le gouvernement a signé, le 19 août, à Brazzaville un bail emphytéotique avec la société Aforest-Congo, adjudicatrice du projet, pour officialiser son démarrage effectif. Il a été conclu, côté gouvernement, par le ministre d’Etat chargé des Affaires foncières, Pierre Mabiala, et la ministre de l’Economie forestière, Rosalie Matondo. 

Le projet sera développé par la société Aforest-Congo, filiale du groupe international ASC Impact, entre Gamboma, chef-lieu du département de Nkéni-Alima et le district d’Abala. Le projet porte sur trois composantes, à savoir l’afforestation pour lutter contre le changement climatique, la séquestration du crédit carbone forestier et la transformation du bois afin de renforcer la diversification économique et le développement local.

Pour la mise en œuvre du projet, le gouvernement a déjà attribué à la société adjudicatrice 102 mille hectares de terre compris entre ces deux localités. Pour la phase pilote, consistant à la mise en place de la pépinière et la construction de la base-vie, environ 200 agents permanents seront recrutés. Ce nombre va doubler lorsque le projet atteindra sa vitesse de croisière.

Une pépinière semi industrielle sera mise en place et va produire chaque année  environ 12 millions de plans d’espèces forestières et agroforestières, soit environ 10 mille hectares de forêt à planter par an. «Sur la composante afforestation, plus de 2000 emplois directs et permanents seront créés. Ce nombre sera multiplié par deux  lorsque le projet va accroître sa capacité opérationnelle. Le démarrage du projet fera l’objet de l’étude d’impact environnemental et social, et l’année 2026 sera marquée par la réalisation des études sur le carbone forestier, de manière à aboutir à la certification des crédits carbones », a souligné un expert de la société Aforest.

Dans le cadre de sa responsabilité sociale, la société Aforest mettra un accent particulier sur le développement local. Ainsi, des cahiers de charges particuliers seront négociés, en privilégiant la protection de l’environnement. Le coût estimé pour la mise en œuvre du premier volet du projet incluant la construction des installations techniques de production de la pépinière et de la base-vie est de 26, 238 milliards FCFA.

Cet investissement va passer à 131,190 milliards FCFA, avec la construction de l’usine de la pâte à papiers et de bien d’autres unités industrielles connexes. Dans son allocution, la ministre de l’Economie forestière a salué l’aboutissement de ce projet qui, selon elle, s’inscrit dans la vision écologique du Congo, menée au plus haut sommet de l’Etat par le président de la République, Denis Sassou N’Guesso. Il permettra à la population de bénéficier de plusieurs avantages. «Les retombées positives de ce projet pour nos populations sont nombreuses. Il s’agit, entre autres, du désenclavement des zones rurales, création d’emplois durables, réduction de la pénibilité du travail agricole, appui à l’agroforesterie et commercialisation des produits agricoles », s’est réjouie Rosalie Matondo.

Le ministre d’Etat Pierre Mabiala, quant à lui, a estimé que « ce projet va favoriser la création de nombreux emplois pour le bien-être de la population congolaise en général, et de celle du département de la Nkeni-Alima en particulier ». Il a invité l’ensemble des acteurs impliqués dans le projet à une mobilisation générale pour sa réussite.

Firmin Oyé

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La Nouvelle Africaine | 19 août 2025


Le 19 août à Brazzaville, l’État congolais a scellé un bail emphytéotique avec la société Aforest Congo pour 102 560 hectares situés entre Gamboma et Abala, dans la cuvette de la Nkéni-Alima. Trois ministres d’État ont cosigné l’accord aux côtés du président du groupe Asc Impact.

D’une durée initiale de trente ans, prorogeable, le contrat prévoit une gestion durable de plantations d’acacia, d’eucalyptus et d’essences locales, assortie d’un loyer annuel de 102,56 millions FCFA et d’une redevance symbolique destinée à l’État, auquel reviendront terres et infrastructures en fin de bail.

L’opération, saluée par les acteurs institutionnels, constitue l’une des initiatives d’afforestation les plus vastes de la sous-région depuis une décennie et s’insère dans la volonté du gouvernement de densifier une économie verte présentée comme levier de diversification nationale.

Objectifs climatiques et retombées sociales

En plaçant l’accent sur le reboisement industriel, Brazzaville ambitionne de capter jusqu’à 15 millions de tonnes de CO2 sur la période du bail, conforme aux engagements pris lors des conférences climatiques et au Plan national d’adaptation adopté sous l’impulsion du président Denis Sassou Nguesso.

Le projet table sur la création de deux mille emplois directs chaque année, complétés par des dizaines de milliers d’occupations saisonnières dans la pépinière et la chaîne logistique, selon le ministère de l’Économie forestière qui y voit un amortisseur social d’envergure pour la jeunesse rurale.

En parallèle, Aforest Congo s’est engagée à former cinq cents jeunes par promotion aux métiers sylvicoles, mécanisés ou numériques, afin d’accompagner la professionnalisation d’un secteur longtemps cantonné à l’exploitation primaire des forêts naturelles.

Une stratégie industrielle intégrée

Au cœur du dispositif figure une pépinière semi-industrielle capable de produire douze millions de plants par an, volume nécessaire au rythme ambitieux de dix mille hectares annuels programmés, un record national jamais atteint par les initiatives publiques antérieures.

Le volet transformation inclut la construction d’une usine de pâte à papier, d’unités de sciage et de cogénération biomasse, pour un investissement global évalué à 200 millions d’euros, soit environ 131 milliards de FCFA, financé par le groupe Asc Impact et des partenaires bancaires.

En internalisant la valeur, le pays espère accroître ses exportations de produits transformés, stimuler les recettes fiscales et réduire la dépendance vis-à-vis du bois brut, souvent soumis à des fluctuations de prix peu favorables aux économies mono-produits.

Le management de la future zone industrielle prévoit aussi d’intégrer un centre de recherche appliquée sur les essences tropicales, en partenariat avec l’Université Marien-Ngouabi, afin de développer des clones plus résistants et d’optimiser l’usage de l’eau dans des contextes de stress climatique croissant.

Garanties juridiques et gouvernance foncière

L’accord prévoit que l’État assure la jouissance paisible des terres, condition sine qua non pour attirer des capitaux à long terme dans le secteur forestier, tout en maintenant un droit de regard permanent via les services déconcentrés des ministères concernés.

Le loyer de 1 000 FCFA par hectare correspond au benchmark régional, tandis qu’une redevance annuelle de 500 000 FCFA rappelle la volonté d’ancrer le projet dans la solidarité nationale, a souligné Pierre Mabiala, précisant que la transparence des flux financiers fera l’objet d’un reporting public.

Si les performances dépassent les prévisions, la durée pourra être portée jusqu’à quatre-vingt-dix ans, a indiqué le gouvernement, une flexibilité destinée à rassurer les investisseurs tout en garantissant, à terme, le transfert gratuit des acquis au domaine public.

Perspectives régionales et diplomatie verte

Inscrit dans le Programme national d’afforestation et de reboisement, le bail renforce la position du Congo comme pivot écologique du Bassin du Congo, deuxième poumon vert de la planète, régulièrement mis en avant lors des sommets sur les forêts tropicales.

Brazzaville mise aussi sur l’émergence des marchés de crédits carbone pour valoriser la séquestration future, un mécanisme susceptible d’attirer des bailleurs multilatéraux et des entreprises désireuses de compenser leurs émissions, observe la Commission climat du Bassin du Congo.

« Le leadership du chef de l’État sur ces questions a permis d’amorcer un dialogue constructif avec nos partenaires et de crédibiliser l’agenda vert national », se félicite Rosalie Matondo, rappelant que la diplomatie environnementale congolaise a récemment obtenu le siège du fonds bleu pour le Bassin du Congo.

Points de vigilance et calendrier

Avant le premier coup de pioche, une étude d’impact environnemental et social sera conduite selon les standards IFC, afin d’évaluer les incidences sur la biodiversité, les sols et les usages coutumiers; les résultats orienteront les plans de compensation et les dispositifs de concertation.

Des organisations locales, tout en saluant l’intérêt économique, demandent déjà un suivi indépendant pour garantir l’inclusion des populations riveraines et le respect des couloirs fauniques, illustrant la maturité d’une société civile vigilante face aux grands projets extractifs.

Si le calendrier est respecté, les premières lignes de plantation démarreront en 2026 et la mise en service de l’usine interviendra autour de 2029, marquant un jalon supplémentaire dans la transition verte voulue par les autorités et susceptible d’inspirer les pays voisins.
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