"On a encore beaucoup de jeunes qui sont motivés pour être agriculteurs" : contre l'accaparement des terres, il existe un outil de régulation foncière

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France Info  01/02/2024

"On a encore beaucoup de jeunes qui sont motivés pour être agriculteurs" : contre l'accaparement des terres, il existe un outil de régulation foncière

Comment éviter que les terres agricoles soient accaparées au détriment des jeunes agriculteurs qui cherchent à s'installer ? Exemple en Normandie dans cet extrait d'"Envoyé spécial", où l'intervention de la SAFER, un organisme créé par l'Etat dans les années 1960, aide certains d'eux à accéder à la propriété.

Face à un coût du foncier de plus en plus élevé, les jeunes agriculteurs ont souvent beaucoup de mal à acheter des terres pour s'installer. Financièrement, ils ne font pas le poids face à de gros exploitants, ou même à des sociétés d'investisseurs qui n'ont parfois rien à voir avec leur activité. Pour lutter contre l'accaparement des terres agricoles, il existe un outil, créé par l'Etat à la fin des années 1960 pour aider les paysans à accéder à la propriété : les SAFER (Sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural), qui couvrent tout le territoire français.

Exemple en Normandie, où une ferme et ses 300 hectares de terres agricoles étaient convoités par un gros pépiniériste. Préférant vendre à une seule personne, les propriétaires étaient prêts à conclure la vente avec cet entrepreneur... qui possédait déjà 400 hectares dans une autre région.

Une arme imparable : le droit de préemption

Face à de telles situations, les SAFER disposent d'une arme : le droit de préemption. L'organisme peut faire annuler une vente et racheter lui-même une ferme – au besoin très cher, comme dans ce cas précis : 11 millions d'euros, soit un prix supérieur à 30 000 euros l'hectare. Ensuite, ces terres de première qualité, idéales pour la culture du lin, des pommes de terre ou pour le maraîchage, ont été divisées en plusieurs lots pour les rendre plus accessibles financièrement à de jeunes agriculteurs.

Elles n'auront pas de mal à trouver preneurs. Sur les 120 dossiers reçus à la SAFER, 80 ont confirmé leur candidature, dont 50 sont des candidats à l'installation. Cet afflux de demandes n'étonne pas Vincent Letellier et Gautier Demichel, qui travaillent pour l'organisme : "En Seine-Maritime, on est habitués, dès lors qu'on a du foncier sur ce secteur-là, jusque sur la pointe de Caux, au niveau du Havre, à avoir entre 40 et 60 candidats, avec une majorité de jeunes à l'installation."

L'aspect positif, "c'est qu'on a encore beaucoup de jeunes qui sont motivés pour être agriculteurs", relève Vincent Letellier. L'aspect négatif étant bien sûr "le manque de foncier pour servir ces jeunes qui souhaitent s'installer, vivre de leur métier"...



Extrait de "Plus chère sera la terre", un reportage à voir dans "Envoyé spécial" le 1er février 2024.
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