Sénégal : 10 000 hectares de terres agricoles cédés pour…2 milliards de Fcfa !

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Anas Safrioui, dirigent du groupe marocain Addoha.
Agence Ecofin | 24 avril 2017 

Sénégal : 10 000 hectares de terres agricoles cédés pour…2 milliards de Fcfa !
 
(Agence Ecofin) - Pour les populations du Fouta-Toro, dans le nord du Sénégal, la pilule a du mal à passer. Et pour cause. L’exécutif a annoncé avoir signé avec le groupe marocain Addoha, dirigé par le milliardaire Anas Safrioui, un contrat de bail de 40 ans portant sur 10 000 hectares de terres agricoles dans les communes de Dodel et de Demette.
 
La nouvelle pourrait paraître anodine si le montant de la transaction ne se révélait anormalement bas. L’industriel marocain, jusque-là actif sur le marché immobilier sénégalais, n’aura en effet à débourser que 2 milliards de FCfa. Un montant qui indigne et nourrit les accusations d’accaparement des terres.
 
Les terres ainsi louées devant servir à la production du riz, nombre d’observateurs s’interrogent également sur l’opportunité d’une telle cession alors que le gouvernement s’est fixé pour objectif d’atteindre l’autosuffisance rizicole d’ici 2018.
 
Souha Touré

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L’Essentiel | 21 Avril 2017
 
Fouta: 10 000 hectares octroyés au groupe marocain Addoha
 
Ayant manifestement le vent en poupe auprès des autorités sénégalaises et de beaucoup de baraka à revendre, le groupe Addoha, opérateur immobilier marocain, a réussi à se faire attribuer 10.000 hectares de terres dans les communes de Dodel et de Démette, dans le département de Podor. pour bénéficier de ce bail qui va s’étendre sur 40 ans pour un projet rizicole, les Marocains n’ont pas eu besoin de casser leur tirelire d’autant qu’ils se sont juste contentés de mettre sur la table la somme de 2 milliards. D’ores et déjà, une vague de contestations commence à sourdre dans la zone où l’on crie au bradage foncier.
 
Les Marocains prennent possession d’une partie de la vallée du fleuve. A travers le Groupe Addoha, connu dans le secteur de l’immobilier, le Royaume chérifien trône sur une belle réserve foncière dans les communes de Dodel et de Démette. En effet, dans ces deux collectivités locales situées dans le département de Podor, la société immobilière marocain est attributaire de 10.000 hectares destinés à un projet rizicole qui s’étend de Dodel à Dara Halaybé jusqu’à Démette. Les 8.500 hectares ont été cédés par la commune de Dodel dirigée par Thierno Mamadou Bassirou Sall, tandis que les 1.500 restants sont situés dans le périmètre communal de Démette que préside le milliardaire Abdoulaye Elimane Dia.
 
De sources très bien renseignées, «L’As» a appris que cette vaste superficie de terre a été presque gracieusement acquise par le Groupe Addoha qui, en contrepartie, n’a décaissé que 2 milliards Fcfa. Le site accueillera son projet rizicole. Bien entendu, la faisabilité de ce projet préoccupe fortement bon nombre d’observateurs qui suivent de près ce dossier. Leur souci découle du fait que Addoha est un novice dans le domaine agricole. On ne lui connaît aucune expertise et expérience avérées dans l’agriculture. Il a bâti sa réputation dans le secteur immobilier. D’où l’inquiétude légitime ( ?) de nos interlocuteurs qui jugent énorme la surface mise à sa disposition pour une nouvelle aventure. «Il aurait été plus sage de démarrer par quelque chose de moins de  grand», souffle un élu local.Autre signe de la baraka des Marocains sur les terres du Fouta : ils ont obtenu un bail sur 40 ans. Lequel bail a été signé sous réserve d’un protocole d’accord d’un an au cours duquel s’ils ne respectent par le protocole, le contrat est résilié. 
 
Compte tenu de l’ensemble de ces facteurs particulièrement avantageux pour les promoteurs  du royaume chérifien, une vague de contestation commence petit à petit à s’élever dans la zone pour dénoncer un gigantesque bradage foncier. Pourtant, confient nos sources, les autorités municipales de Démette, conscientes du caractère sensible du dossier, s’étaient entourées de tous les préalables pour éviter la colère des populations. A cet, elles avaient organisé des concertations entre le Conseil municipal, les populations et les propriétaires terriens pour se prononcer en toute liberté sur la question. N’empêche, le montant dérisoire de la contrepartie financière combiné à l’énorme superficie du site et à la longue durée du bail a mis en rogne certains autochtones. Le seul petit lot de consolation pour les populations constitue les 2.000 hectares que les Marocains ont promis d’aménager et de mettre à leur disposition. 
Original source: Agence Ecofin
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