Philippines: dix projets emblématiques du président Duterte

TWITTER
FACEBOOK
Le président Rodrigo Duterte lors de son investiture le 30 juin 2016 à Manille (PCOO/AFP/HO)

AFP le

Philippines: dix projets emblématiques du président Duterte

Guerre contre la criminalité, décentralisation, rapprochement avec la Chine... Tour d'horizon des dix propositions les plus emblématiques du nouveau président philippin Rodrigo Duterte.

-Guerre contre la criminalité-

Estimant que l'archipel était en passe de devenir un narco-Etat, l'avocat de 71 ans a fait de la lutte contre la criminalité et le trafic de drogue une des pierres angulaires de son programme. Il a promis de tuer des milliers de criminels, de permettre aux forces de sécurité de tirer pour les abattre, de verser des primes aux policiers qui le feraient ou encore de restaurer la peine de mort.

-Décentralisation-

Longtemps maire de la grande ville méridionale de Davao, celui qui ne cesse de dénoncer les élites et "Manille l'impérialiste", a promis de modifier la Constitution pour graver dans le marbre son projet fédéraliste: déléguer le pouvoir central à de nouveaux Etats qui présideraient aux destinées des 81 provinces existantes.

Aux termes de ses réformes, les nouveaux Etats auront une large autonomie et pourront conserver une grande partie de leurs recettes, ce qui, dit-il, favorisera l'essor économique local

-En finir avec les rébellions-

Rodrigo Duterte est convaincu qu'il peut mettre un terme aux anciennes rébellions communiste et musulmane, qui ont fait des dizaines de milliers de morts dans l'archipel. Des négociations de paix avec les communistes devraient débuter rapidement. M. Duterte est convaincu que son projet fédéral aura pour conséquence d'apaiser les rebelles musulmans.

-Planning familial-

Le nouveau président veut ralentir la croissance d'une population passée au-dessus des 100 millions d'habitants. Et chaque famille ne devrait pas selon lui avoir plus de trois enfants.

Il préconise des distributions gratuites de préservatifs et de pilules contraceptives aux plus démunis. Une loi de 2012 le prévoyant n'a pas été véritablement mise en oeuvre du fait de l'opposition de la puissante Eglise catholique.

-Lutte contre les inégalités-

Environ un quart de la population vit sous le seuil de pauvreté. Le fédéralisme doit selon M. Duterte, qui se décrit comme "socialiste", permettre d'y remédier. Il prévoit aussi poursuivre la politique macroéconomique de son prédécesseur Benigno Aquino qui a été saluée à l'étranger.

-Couvre-feu-

Rodrigo Duterte a annoncé un couvre-feu nocturne pour les enfants et l'interdiction après minuit de la vente d'alcool et du karaoké, pourtant un sport national dans l'archipel.

-Lutte contre la corruption-

Le président a promis de s'attaquer à la corruption. Mais en dépit de déclarations générales, comme par exemple le fait que les responsables corrompus doivent "partir ou mourir", il n'a donné aucune précision sur le détail de ses projets.

Et pour relativiser cet engagement, il faut rappeler que le président a annoncé qu'il gracierait l'ancienne présidente Gloria Arroyo, actuellement jugée pour corruption et fraude électorale.

-Inhumation de Marcos-

M. Duterte a annoncé que le défunt dictateur Ferdinand Marcos pourrait finalement être enterré en héros, ce qui représenterait une énorme victoire pour sa famille qui cherche à revenir au pouvoir.

Après la révolution de 1986 dite du "pouvoir du peuple", Marcos et sa famille avaient fui aux Etats-Unis. L'ancien dictateur, qui est accusé d'avoir orchestré des abus des droits de l'Homme à échelle massive et d'avoir détourné 10 milliards de dollars des caisses de l'Etat, est décédé trois ans plus tard à Hawaï.

-Investissements étrangers-

Le président souhaite amender certaines lois restreignant les investissements étrangers. Il a ainsi mis en demeure les opérateurs télécom d'améliorer les connexions internet, sous peine de se voir mis en concurrence avec des acteurs étrangers. Il est cependant hostile à la vente du foncier à des intérêts étrangers.

-Rapprochement avec la Chine-

Les relations avec Pékin ont sombré sous la présidence Aquino en raison du contentieux sur la mer de Chine méridionale. M. Duterte semble ouvert à des discussions directes avec Pékin. Il ambitionne aussi d'attirer des investissements chinois dans les infrastructures.

Original source: AFP
TWITTER
FACEBOOK
TWITTER
FACEBOOK

Post a comment

Name

Email address (optional - if you want a reply)

Comment