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Lettre du Collectif des Familles Victimes du Projet « GRAINE » de Mboma
Published: 27 Oct 2015
Posted in:  Gabon | Olam
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Des travailleurs maliens aux plantations de Olam au Gabon. (Photo: phys.org)
Canton Bissok | 27 octobre 2015

COLLECTIF DES FAMILLES VICTIMES DU PROJET « GRAINE » DE MBOMA
Canton Bissok – Département du Woleu (Oyem – Gabon). Mail : [email protected] – Tel (+241) 06770721
 
Libreville, le 27/10/2015
 
A la très haute attention M. ONA ONDO Daniel Premier Ministre, Chef du Gouvernement De la République Gabonaise - Libreville

Excellence,

Nous venons porter à votre connaissance le scandale relatif à l’accaparement des terres dont sont victimes nos familles respectives au profit du projet « Graine ».

Nous nous tournons vers vous du fait de vos responsabilités de garant de l’action gouvernementale mais aussi parce que vous êtes un ainé, fils du terroir, connaissant bien la configuration de nos villages et les enjeux liés aux patrimoines familiaux.

C’est en venant en vacances au village durant cet été que nous avons constaté que le projet « Graine » venait de s’octroyer plus de 60 hectares de nos terres à moins de 300 mètres du village.
 
Le site ainsi spolié appartient aux familles suivantes :
- Mendame Nguéma
- Mintsa mi Zué
- Zué Obame
- Ndong Béh
- Béh Ekore
 
Sans aucune concertation préalable avec chacune de ses familles, un individu a pris sur lui la lourde responsabilité de céder cette partie de nos terres au projet « Graine » alors qu’il n’a reçu aucun mandat ni un quelconque aval du chef de village supposé être le garant des actes officiels dans un village.

Le projet « Graine » expose nos différentes familles à des menaces suivantes :
- Nous et nos enfants n’auront plus d’espace pour étendre et développer notre village
- Nous n’auront plus jamais d’espace pour développer l’agriculture qui a toujours nourri nos différentes familles et assurée nos scolarités ;
- Nos vieilles mamans devront désormais faire plus de 3 kilomètres pour avoir le bois de chauffage et envisager refaire leur plantation ;
- Beaucoup de nos arbres fruitiers restés très symboliques ont été abattu tuant ainsi une bonne partie de notre mémoire collective ;
- Tous les rêves actuels et futurs dont la réalisation nécessiterait de l’espace, des terres, sont condamnés à mourir...
- Mboma n’existera plus puisqu’il est dépossédé de son territoire, de sa mémoire, de son espace vital, etc.

Excellence,

Tout projet de développement doit avoir un visage humain. Mais nous constatons que vous prétendez bâtir pour nous alors que ces actions dites de développement mènent inéluctablement à la ruine de nos villages. Laisser prospérer ce projet c’est valider et cautionner un génocide contre nos populations Ces populations n’attendent pas les titres fonciers de l’Etat pour développer des activités agricoles mais plutôt des moyens matériels, humains, financiers et des routes. En mettant en avant l’octroi de titres fonciers, nous soupçonnons avec raison des spéculations foncières à l’avenir. L’analyse des textes produits à cet effet alimente nos soupçons et inquiétudes.

Sur la forme, nous avons constaté que la coopérative qui aurait obtenu le titre foncier sur nos terres n’était de Mboma que de nom. En effet, plusieurs de ces membres lors de la constitution et la validation du dossier qui a permis l’octroi de ce titre foncier ne sont point ressortissants de Mboma. Ces noms ont récemment été retirés des dossiers par le responsable régional «Graine». Ainsi, cette coopérative s’est construite sur le faux ! Par conséquent, tous les actes y relatifs ne sauraient être valides du fait du vice de forme. La coopérative serait-elle composée exclusivement des ressortissants du village ne saurait s’octroyer un patrimoine communautaire. Notre terre c’est notre vie car elle est l’incarnation de notre appartenance à la patrie.

Sur le fond, en nous dépossédant de nos terres agricoles pour y mettre essentiellement de la banane, le Gouvernement de la République s’est-il interrogé un seul instant de l’avenir de nos familles dans la gestion de leur autosuffisance alimentaire ? Par ailleurs, notre village victime des permis forestiers qui n’ont point respectés le périmètre réservé aux populations rurales et sans aucune contrepartie ne dispose plus d’espaces pouvant accueillir nos différentes activités génératrices d’autosuffisance alimentaire et de revenus. Est-ce responsable que le Gouvernement de la République puisse ainsi asphyxier et tuer des familles dans un pays en mal d’autosuffisance alimentaire pour satisfaire des appétits d’une multinationale de l’agrobusiness bien connu dans la spéculation foncière et au grand mépris des exigences du développement durable ?

Notre interpellation consiste à solliciter votre médiation pour :
  • mettre un terme à ce projet « Graine » dans notre village, à défaut d’obtenir un site plus éloigné des populations ;
  • obliger des exploitants forestiers ayant volontairement violé le périmètre réservé aux populations de se conformer aux lois de la République et dédommager les populations du village Mboma à l’instar des autres villages.
Excellence, Monsieur le Premier Ministre et cher ainé, nous vous assurons que notre détermination à ne point céder à l’accaparement de nos terres est sans faille. Aussi, sommes-nous disposés à y sacrifier nos vies si aucune solution respectueuse de la dignité du citoyen que nous sommes n’est prise.
 
« Tout ce qui se fait pour nous, sans nous est fait contre nous ». (N. Mandela). Très cordialement,

Pour le Collectif,
Abbé Bruno ONDO MINTSA
Source: Canton Bissok



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