Ils accaparent la pelouse de Bolloré pour dénoncer son implication dans les accaparements des terres

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ReAct et Confédération paysanne, Bagnolet, 3 juin 2015

Ils accaparent la pelouse de Bolloré pour dénoncer son implication dans les accaparements des terres

Jeudi 4 juin, des Camerounais, Ivoiriens et des militants de la Confédération Paysanne vont venir perturber l’assemblée générale du groupe Bolloré à Puteaux. Les communautés locales privées de leurs terres par les plantations industrielles de palmier à huile ont lancé un mouvement en avril au Cameroun, Cambodge, Côte d’ivoire et Liberia pour revendiquer leurs droits.

« Il prend nos terres, à nous de prendre les siennes ». Ce jeudi 4 juin, ils seront plusieurs dizaines à répondre à l’appel des communautés locales privés de terre par les plantations industrielles liées au groupe Bolloré. Armés de bêches et de râteaux, ils s’invitent à l’assemblée générale du groupe Bolloré à 16h au 31-32 quai de Dion Bouton à Puteaux. « Nous n’avons plus de terres à cultiver dans notre pays, aujourd’hui, nous venons planter le manioc dans votre pelouse, M. Bolloré », voilà le message porté par les Camerounais et Ivoiriens ce jour-là, soutenus par la Confédération paysanne et de nombreuses ONG françaises (Sherpa, Peuples Solidaires, CCFD, Grain, Agter). Cette action s’inscrit dans un mouvement de résistance mondiale lancé fin avril par l’Alliance internationale des communautés riveraines des plantations Socfin Bolloré avec le blocage des plantations au Cameroun entre le 23 et le 28 avril, suivis des manifestations au Liberia, au Cambodge et en Côte d’Ivoire. Partout les communautés ont les mêmes revendications : que la Socfin rétrocède l’usage d’une partie des terres considérées comme espace vital aux villageois riverains, qu’elle tienne ses engagements sur les compensations auxquelles les différents accords l’engagent (voir état des lieux et revendications ci-joint).

Bolloré ferme la porte du dialogue et se cache derrière les actionnaires belges. Le groupe Bolloré est l’actionnaire principal (39%) de la Socfin qui détient des plantations industrielles de palmiers à huile et d'hévéas dans ces pays. Depuis 2008, les expansions de ces plantations sont continues. Les surfaces plantées des sociétés africaines de la Socfin sont passées de 87 303 à 108 465 ha entre 2011 et 2014, soit une augmentation de 24% qui se fait au détriment des communautés locales. Pour tenter de résoudre ces conflits, Bolloré avait accepté d’entamer un processus de négociation dont le 1er round a eu lieu à Paris le 24 octobre dernier avec les représentants des communautés de ces cinq pays. Il a depuis fait marche arrière et récuse sa responsabilité en affirmant « qu’il n’est que actionnaire minoritaire et non gestionnaire du Groupe Socfin qui, depuis plus de 70 ans, est contrôlé majoritairement et dirigé par la famille belge Fabri ».

« La Socfin et Bolloré incarnent un capitalisme socialement et environnementalement irresponsable »
« Bolloré encaisse les dividendes de la Socfin tout en récusant sa responsabilité, dénonce Emmanuel Elong, porte-parole de l’Alliance internationale. Nous demandons une négociation internationale avec la Socfin et Bollore pour définir un calendrier de rétrocession des terres et de compensations tels que définies dans les accords passés.»

Pour Luc Boedt, directeur général de la Socfin, les petites exploitations familiales en Afrique relèvent de « pratiques du Moyen-Age » et ont besoin de complexes agro-industriels pour se développer. Ce n’est pas de l’avis de la Confédération paysanne : « Nous menons en France des combats contre des projets comme la ferme des mille vaches qui symbolise un modèle d’agriculture industrielle écologiquement et socialement destructeur. La lutte des paysans africains et cambodgiens s’inscrit dans la même lignée » affirme Laurent Pinatel de la Confédération paysanne.

Contacts presse :
Christian Roqueirol, Confédération paysanne/Via Campesina 0033 6 72 68 45 40
Nicolas Rametot, ReAct, France 0033 6 27 01 05 36
Emmanuel Elong, Alliance des riverains des plantations Socfin Bolloré, Cameroun : 00237 67 45 29 387

ReAct Alliances Transnationales - www.projet-react.org  
Original source: ReAct et Conf
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