Réserve naturelle de biocombustibles

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Sénégal, région de Saint-Louis. L'entreprise italo-américaine Senhuile-Senethanol a obtenu une concession de 20.000 hectares de terres pour 55 ans pour cultiver des tournesols et des patates douces.
Agoravox | 18 mai 2013

Réserve naturelle de biocombustibles 

par Maura Benegiamo

Sénégal, région de Saint-Louis. L'entreprise italo-américaine Senhuile-Senethanol a obtenu une concession de 20.000 hectares de terres pour 55 ans pour cultiver des tournesols et des patates douces. L'investissement, qui vise essentiellement à produire de l’éthanol pour l'export n'est pas la première tentative de l'entreprise dans le pays : elle avait déjà essayé l'année précédente à Fanaye. A la suite d'une manifestation de protestation ayant entraîné deux morts et un vingtaine de blessés, le gouvernement avait opté pour la délocalisation du projet. C'est ainsi qu'une réserve naturelle, la réserve Ndiaël protégée par la convention de Ramsar, a été déclassifiée de son statut au nom de l’intérêt public et concédée à l'entreprise. La zone n'est pourtant pas moins peuplée que Fanaye, ni moins vitale pour ses habitants qui l'utilisent pour leurs propres activités économiques et leur subsistance.

Avec 3,8 millions d'hectares de terres arables et 60% de la population active occupée dans l'agriculture familiale, le Sénégal n'est toujours pas en mesure de garantir sa souveraineté alimentaire et il importe le 60% de sa consommation, principalement le riz, le blé et le maïs. Cette dépendance a montré largement ses limites quand la crise pétrolière de 2006 s'est répercutée sur le marché agroalimentaire et a provoqué une forte inflation des prix des biens de première nécessité. A Parcelles, dans la banlieue de la capitale sénégalaise, le riz a augmenté de 35% en une seule journée[1]. L'ancien président Wade, avec la devise d'assurer l'indépendance énergétique du pays et faire face à la crise alimentaire, avait lancé en 2008 la Grande offensive agricole pour la nourriture et l'abondance (GOANA), programme politique dans lequel s'était inscrit deux ans plus tard la Loi d'orientation des biocarburants[2] qui trace le cadre général pour le développement de l'industrie des biocarburants dans le pays.

Un programme spécial biocarburants visant à promouvoir la culture du Jatropha Curcas[3] avait déjà été lancé en 2007 dans le cadre du plan Retour Vers L'agriculture (REVA) (2006), prévoyant de « créer une dynamique nationale de retour massif des populations vers la terre » à travers la création de « pôles d’émergence agricoles (PEA) », mais ayant explicitement pour finalité la promotion de l’initiative privée dans le secteur agro-industriel, ce qui a surtout provoqué des attributions massives en faveur des dirigeants politiques et religieux, et des sociétés internationales. Il en a été de même pour la GOANA qui exhortait elle aussi tous les Sénégalais en mesure de cultiver la terre à le faire et demandait aux communautés rurales de mettre à la disposition de ce programme une superficie de 1.000 hectares chacune, en donnant la priorité à ceux qui avaient les moyens de se lancer dans une exploitation rentable.

Ce n'est donc pas un hasard si depuis 2006 le Sénégal a connu une forte augmentation des investissements directs étrangers dans l'agriculture. « Nous sommes en présence d'un mécanisme construit pour enlever les terres aux paysans et les faire revenir dans les mains de l'état, qui à son tour les accorde aux grands capitaux » déclare Mariam Sow, coordonnatrice d'Enda Pronat[4], ONG sénégalais active dans le champ du développement rural et parmi les premières a avoir attiré l'attention sur l'ampleur des acquisitions de terres dans le Pays. L'IPAR, Initiative Prospective Agricole et Rurale affirme[5] qu'en mai 2011, 249.353 hectares ont déjà fait l’objet de transactions à destination de privés étrangers, et 160.010 sont passés dans les mains de nationaux ne résidant pas dans les communautés rurales intéressée, soit au total plus de 10% du potentiel agricole du pays.

Il faut donc s'inscrire dans ce panorama pour comprendre l'histoire du projet agricole Senhuile-Senéthanol initiée le 20 juillet 2010 quand M. Karasse Kane, président du conseil rural de la communauté de Fanaye, (département de Podor, région de Saint-Louis) signe avec l'entreprise Senéthanol un accord de mise à disposition de 20.000 hectares de terrain situé sous sa juridiction. Le projet, un investissement de 137 milliards de francs CFA (environ 228 millions d'euros), prévoyait la conversion de terres agropastorales, composées de savane et de plaines sèches, utilisées alors pour l'élevage traditionnel en une culture intensive de patate douce pour la production d'éthanol.

Senéthanol est composée à 25% de capitaux privés sénégalais les 75% restants appartenant à ABE ITALIA SRL, elle-même propriété de ABE LLC (Advanced Bioenergy, USA) à 66% et AGR.I. SRL à 34%. Comme c'est souvent la méthode pour rentrer sur ce type de marché, c'est une entreprise partiellement locale qui négocie l'accord avec les autorités, mais ce n'est en réalité que l'arbre qui cache la forêt puisqu'en marge de cet accord, Senéthanol signe une alliance avec une autre société Italienne TAMPIERI FINANCIAL GROUP, spécialisée elle dans la culture de tournesols pour la production d'huile et de biocarburant, donnant naissance à Senhuile-Senéthanol détenue à 49% par SENETHANOL SA et 51% par TAMPIERI FINANCIAL GROUP SPA[6.]

Selon ses promoteurs le projet agricole de Fanaye aurait dû créer au moins 5.000 emplois, et on peut se demander lesquels en considérant que ce type d'exploitation entièrement mécanisée ne nécessite que très peu de main d’œuvre, exception faite dans certains cas de la récolte, ce qui ne se produit que quelques mois dans l'année. Le recrutement n'a pas eu lieu, ce qui a renforcé la position des habitants qui jugent inacceptables de telles concessions dans un pays où l’accès à la terre est déjà précaire. L'arrivée de l'armée et la sécurisation de la zone n'a pas contenu la protestation, et six mois après les violents affrontements de Fanaye, le 20 mars 2012, deux décrets sont émis le même jour.[7] Le premier établit la déclassification partielle d'une aire de 26.550 hectares située dans la réserve naturelle de Ndiaë, déclarée en 1977 « zone humide d'importance internationale » par la Convention de Ramsar. Le second décret en attribue 20.000 pour une période de 55 ans au projet Senhuile-Senéthanol. Une antenne de 6.000 hectares située en périphérie de la zone est destinée au relogement des populations qui habitent la terre désormais concédée à l'entreprise. Il s'agit de 37 villages, 9.000 habitants des communautés rurales de Ngnith, Diama de Ronkh et Ross-Béthio.

Les Peuls, éleveurs semi-nomades, qui habitent depuis des siècles l'Afrique occidentale, représentent le principal groupe ethnique dont la plupart étaient déjà sur place avant que la zone ne soit déclarée réserve naturelle, ce qui les avait alors privés de la possibilité d'avoir ne serait-ce qu'un droit d'usage de la terre à des fins agricoles.
Les Peuls, éleveurs semi-nomades, qui habitent depuis des siècles l'Afrique occidentale, représentent le principal groupe ethnique dont la plupart étaient déjà sur place avant que la zone ne soit déclarée réserve naturelle, ce qui les avait alors privés de la possibilité d'avoir ne serait-ce qu'un droit d'usage de la terre à des fins agricoles. La communauté s'était cependant vu accorder le droit d'utiliser le bois mort, la nourriture et les plantes médicinales, gommes et résines que l'on trouve naturellement dans la réserve. Ils étaient également autorisés à utiliser la zone pour le pâturage, le site étant le seul espace encore disponible pour l'élevage dans la région. On comprend donc les raisons de l'indignation des villageois qui déclarent n'avoir pas été mis au courant avant la mise en exploitation du projet. Ils l'ont découvert brutalement, réveillés un beau matin par le bruit des machines au travail.

Une telle course à la terre peut paraître surprenante, et en particulier dans un pays caractérisé par la faible disponibilité en eau et la désertification croissante des sols. Ce n'est pas l'avis de la Banque mondiale qui dans son rapport Awakening Africa's Sleeping Giants publié en 2009, décrit la savane guinéenne comme l'une des plus grandes réserves de terres agricoles sous-utilisées dans le monde et insiste sur l'idée que des potentiels agricoles nettement sous-explorés se cachent dans toute l'Afrique, incluant notamment des zones semi-désertiques. Sous la formule Land Abundant, Investor Scarce la Banque mondiale semble donc justifier les investissements terriens sur le continent, en souhaitant leur réglementation dans un optique win-win. On est de fait face à une pression pour la commercialisation à grande échelle de la terre sur le continent Africain.

Quatre ans plus tard, cette approche n'a pas changé, la dernière publication sur le site de la Banque mondiale[8] affirme que le potentiel du secteur agricole et agroalimentaire en Afrique pourrait se chiffrer à 1.000 milliards de dollars à l’horizon 2030. C'est à dire trois fois plus qu'aujourd'hui. On y trouve aussi confirmée l'idée que l'Afrique concentre plus de la moitié des terres fertiles et pourtant inexploitées de la planète.

La Banque mondiale interprète ici ce que les marchés avaient déjà commencé à mettre en application : depuis l'année 2008, environ 45 millions d'hectares (représentant l'équivalent de plus de 80% de la surface de la métropole française) ont été l'objet de transactions financières visant à investir dans des projets agricoles, les deux tiers ayant eu lieu sur le sol africain et concernant des terrains d'une superficie comprise entre 10.000 et 200.000 hectares. Selon l'ONG Grain, la superficie vendue ou concédée serait en réalité largement supérieure, de l'ordre 56 millions d'hectares pour la seule période 2008-2009 si l'on considère l’ensemble des chiffres rapportées par les médias et les dénonciations des réseaux locaux. Ce sont les économies les moins développées, caractérisées par la prédominance du secteur agricole, qui attirent le plus ces capitaux. D'après les données relevées pour le Land Matrix Database[9], les investisseurs sont attirés par des pays qui combinent une bonne garantie institutionnelle des investissements et une faible sécurité foncière pour les populations autochtones, ce qui permet un accès facile à la terre tout en assurant un prix bas[10].Au Sénégal, du fait de la persistance de la loi sur le domaine national, la plupart des terres ne sont affectées que pour un droit d’usage, pouvant être facilement révoqué par l'état au nom de l'intérêt public, notion dont le cadre manque fort de précision.

Lors d'un repérage dans la région, accompagnée par Isma Ba, le chef du village de Yowré, et Stefano Lentati, directeur de l'ONG italienne Fratelli dell'uomo[11], nous avons pu observer nous-même l'exploitation. On n'est qu'à quelques kilomètres de la frontière avec la Mauritanie où la nature semble n'offrir que du sable et quelques herbes sèches, et des centaines de milliers de tournesols et de longs canaux remplis d'eau se détachent du décor. En se déplaçant de quelques kilomètres, on peut voir en action le système d'arrosage projeter en l'air d'énormes quantités d'eau. Une telle technique d'irrigation, canaux à ciel ouvert et jets continus en plein soleil par 45 degrés, entraîne vraisemblablement une perte des deux tiers du précieux liquide par évaporation avant même d'avoir pénétré le sol. De leur coté, les femmes de Iowre marchent dix kilomètres de plus chaque matin pour atteindre le puits où se fournir en eau : les gardiens placés au contrôle de la zone interdisent le passage.

Le projet s'approvisionne au lac de Guiers, le plus grand du pays, et l’une des principales réserves d’eau douce du Sénégal, situé dans le dans le haut de la région du delta du fleuve Sénégal. Une histoire qui se répète, puisque l'utilisation agricole de cette source a déjà conduit à l'épuisement quasi total des rivières qui traversent la réserve. Ce qui lui a valu d’être ajoutée en 1990 dans le registre de Montreux qui répertorie les « zones humides d'importance internationale dont les caractéristiques écologiques ont été modifiées par suite d'évolutions technologiques, de la pollution ou d'autres interventions humaines ».

En passant par les zones attribuées Senhuile-Senethanol, on arrive au village de Diourky 1. « on est en cage » déclarent les habitants, « les projets nous entourent entièrement, nous n'avons plus de passage pour le bétail ». Et on ne trouve en effet guère de vaches dans les parages. Les bergers ont été forcés de quitter leurs troupeaux, laissés en garde dans d'autres villages : l'implantation du projet a éliminé toute possibilité de mouvement ou de pâturages. « Il n'y a plus de place pour nous, 6.000 hectares sans possibilité de déplacement ne peuvent pas être une solution. On est obligé de partir et on ne sait pas encore où. » Ce sont les paroles de Daara Sow, le chef du village, qui rajoute « Même si on déménage ailleurs, on ne peut pas déménager nos morts. Et la compagnie est en train de cultiver sur le cimetière de la communauté. »

Les témoignages que l'on entend dans les villages de Ndiael nous narrent une histoire bien connue. Les grand capitaux gagnent l'accès à la terre, une terre de plus en plus privé de son droit de propriété collective et coutumière, et à la fois de plus en plus intégrée dans le libre marché, une terre qui est la source essentielle de subsistance de ses habitants, qui à la perdre, perdent aussi leurs moyens de production. En échange les entreprises promettent des écoles, des hôpitaux, des bourses d'études et des emplois, comme une faveur accordée dans le cadre de leurs politiques de responsabilité sociale. « Ils promettent mais n'ont pas de parole », déclarent les personnes concernées. Et même dans le cas où ils respecteraient leurs engagements, « pourquoi devrions-nous céder au chantage de ceux qui s'accaparent nos terres en échange de services qui devraient être assurés par l'état ? » « Je ne veux pas devenir un travailleur salarié au service de ces gens, j'ai déjà mon activité d’éleveur, du moins s'ils ne m'en privent pas », explique M. Amadou KA, responsable du collectif des 37 villages. « Les investissements sont les bienvenus, mais des investissements qui aident le gens, pas qui soient contre eux. »

Le 9 Août passé lors d'une réunion avec l'entreprise, la communauté des 37 villages avait proposé en médiation de limiter l'exploitation à 10.000 hectares. Les représentants de l'entreprise ont fait mine de leur accorder satisfaction, mais quand les villageois ont constaté que les travaux persistaient hors de la zone convenue, ils ont tenu une autre réunion, le 16 Septembre 2012, et ont déclaré toute relation de confiance rompue avec Senhuile-Senéthanol.

La raison pour laquelle une entreprise investit tant d'énergie et d'argent dans un projet présentant manifestement d'aussi hauts risques de rejet, comme en témoigne sa précédente délocalisation de Fanaye, ne peut se justifier que par une perspective de très haute rentabilité en un court laps de temps. On doit également souligner le rôle actif mené par l’État pour protéger ces investissements du mécontentement de la population. Malgré les tentatives de dialogue et les protestations, dans le cas présent tout comme à Fanaye ou pour de nombreux autres cas d'investissements imposés au détriments des communautés locales, la réponse aux demandes des populations affectées est l'état d'exception et la militarisation systématique des lieux. L'arrivée sur place de l'armée contribue à l'escalade de la violence, exacerbant le conflit entre les citoyens et le gouvernement. Les affrontements avec la police sont fréquents et ont déjà provoqué plusieurs blessés, tant du coté des habitants que des forces de l'ordre. Les sept fils d'Adama Ba, dans le village de Guiladou, venaient de fêter un mariage lorsque la police a fait irruption dans la maison en les arrêtant tous, sans preuve mais les accusant d'être les auteurs de l'incendie d'une machine appartenant à l'entreprise. « Jamais mes enfants n'ont eu d'ennuis avec la loi auparavant », me dit Adama, inquiet.

Ces types d’intérêts ne semblent pas destinés à disparaître. L’attraction des capitaux par le potentiel agricole africain ne cesse d'augmenter. Depuis les années 70, l'industrie alimentaire avait commencé à se retirer de la production directe pour se concentrer sur des activités plus en aval dans la chaîne de valeur telles que la transformation et le commerce des produits, où les marges bénéficiaires étaient plus élevées : la production primaire avait été considérée économiquement moins attractive et plus exposée aux risques pour des raisons techniques (liées aux rendements des terres : intempéries, parasites, etc) et politiques. Aujourd'hui la tendance à la hausse des cours des matières premières a accru les risques pour les secteurs de la transformation et de la distribution des produits, et en parallèle la production agricole pour le marché de l'énergie avait déjà attiré l'attention de nombreuses compagnies multinationales, y portant de fait un attrait grandissant.

La perception de la hausse de la valeur de la terre et de l'eau qu'elle contient a aussi contribué à l'émergence des terres agricoles en tant que titres dans un portefeuille d'investissement. Le secteur financier est un acteur relativement nouveau dans le domaine de la production primaire, mais les grands capitaux, déstabilisés par la crise financière ayant rendu moins fiables certains domaines classiques de l'investissement, sont à la recherche de nouveaux actifs sur lesquels se positionner, ils ont donc commencé à considérer la production agricole et la terre elle-même comme une possibilité réelle de diversification. En conséquence, au delà les grandes firmes agroalimentaires, les fonds d'investissement, banques, fonds de pension, hedge funds et private equity se sont aventurés dans le secteur, visant entre autres à transformer des zones aménagées par la petite agriculture familiale en projets agro-industriels à grande échelle, ou de convertir des terres non exploitées en nouvelles régions agricoles.

La Banque mondiale avait donc raison. Il semble qu'il n'y ait rien de plus fertile que le désert si on l’arrose avec pas mal d'argent. Et même si on admet la possibilité d'une augmentation de la productivité agricole africaine, à qui doit être laissé son développement et sa gestion ? Qui doit en être le bénéficiaire ? « Nous imposer ce genre d’investissements au nom d'un prétendu développement signifie nous insulter ! » s'exclame Mariam Sow, « On est certes en Afrique, mais cela ne signifie pas être coupé du monde, on a internet, des universités, et on connaît en particulier les effets néfastes de la monoculture intensive ou de projets similaires, par exemple en Amérique du sud. Nous sommes capables d'interpréter les résultats du modèle de développement occidental et ne pas vouloir en répéter les erreurs. »

Si les solutions ne semblent effectivement pas évidentes, les causes en sont peut-être d'autant plus faussement objectives. Le pic pétrolier et l'augmentation de la population sont désignés comme les principales explications du stress sur les ressources devenues rares et donc attractives. Tout comme l'expression crise énergétique utilisée pour désigner une « urgence » qui dure depuis plus de soixante-dix ans, à travers le concept de manque on opère à un glissement sémantique qui réduit une situation complexe à son unique apparence d'état de fait décontextualisé, sans histoire ni intention.

Mais la notion de manque, loin d’être monodimensionnelle, présente plusieurs niveaux de complexité qui méritent d'être déconstruits. D'un coté elle ne se définit pas de manière autonome, elle n'existe qu'en relation à des désirs spécifiques et elle revêt parallèlement des dimensions physiques, politiques ou économiques. Selon que l'on privilégie l'une ou l'autre de ces dimensions, que l'on tient l'une ou l'autre pour responsable, le manque devrait se trouver résolu respectivement par le progrès scientifique, à travers la loi et l'orientation politique ou par l'action du marché. En conséquence, interpréter la crise des ressources comme un événement naturel et en aucun cas comme une anomalie du marché ou comme le résultat d'un modèle de consommation insoutenable implique pour seule résolution le progrès technologique, plutôt que de prétendre à une meilleure protection contre la spéculation ou exiger du politique une intervention active pour la redistribution.

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1 ALAIN ANTIL, « Les émeutes de la faim » au Sénégal. IFRI, mars 2010

2 Loi 2010-22 du 15 Décembre 2010

3 Plante non comestible mais dont les graines sont riches en matières grasses transformables (env. 35% d'huile)

4 http://www.endapronat.org

5 Faye I.M., Benkahla A., Touré O., Seck S.M., Ba C.O, Les acquisitions de terres à grande échelle au Sénégal : description d’un nouveau phénomène. Initiative Prospective Agricole et Rurale, mai 2011

6 Impact des investissements agricoles italiens dans les biocarburants au Sénégal, Dossier IPAR, avril 2012

7 Décret n°2012-366 du 20 mars 2012 et Décret n°2012-3667 du 20 mars 2012

http://www.banquemondiale.org/fr/news/feature/2013/03/04/africa-agribusiness-report

9 http://landportal.info/fr/node/10290 : Le Land Matrix est une base de données publique en ligne qui permet à tous les utilisateurs d'accéder et de contribuer à améliorer les données sur les transactions foncières.

10 Anseeuw, W. ; Boche, M. ; Breu, T. ; Giger, M. ; Lay, J. ; Messerli, P. ; Nolte, K. Transnational Land Deals for Agriculture in the Global South, Analytical Report based on the Land Matrix Database Number 1, April 2012. The Land Matrix Partnership (CDE, CIRAD, GIGA, GIZ, ILC)

11 http://www.fratellidelluomo.org/fratellidelluomo/master/index.asp
 
Original source: Agoravox
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