Les populations de Wassadou investissent l'avenue Léopold Sédar Senghor

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Le réseau des femmes «Cesiri» manifeste contre l’accaparement des terres.
Sud Online | le 24/07/2012

TAMBACOUNDA. POUR PROTESTER CONTRE LA MISE EN ŒUVRE D'UN PROJET AGRO INDUSTRIEL
Les populations de Wassadou investissent l'avenue Léopold Sédar Senghor


par Boubacar TAMBA

Le mercure est monté dans le thermomètre hier, lundi, à Tambacounda. Les populations de Wassadou et environs ont investi l’avenue Léopold Sédar Senghor pour protester contre la mise en œuvre d’un projet agro industriel sur un peu plus de 3000 ha. Elles ont invité les pouvoirs publics à trouver dans les meilleurs délais une solution à cet épineux problème, sinon elles comptent se faire entendre par le monde entier.

«Non à une seconde Fanaye à Wassadou», lit-on à la une du dossier de presse constitué par les populations de Wassadou et de 13 autres villages de la contrée qui ont battu le macadam hier, lundi , pour protester contre l a mise en œuvre d’un projet agro industriel dont les investissements avoisineraient les deux milliards de francs CFA. Aussi bien l’organisation des producteurs de banane de la zone, que les producteurs victimes d’accaparement des terres à Koussanar, les membres du conseil régional de concertation des ruraux, tout comme les organisations membres du Comité de Réflexion et d’Action sur le Foncier au Sénégal et le réseau des femmes «Cesiri», ont tenu à manifester contre ce qu’ils ont appelé «l’accaparement des terres».

L’argumentaire brandi tourne essentiellement autour de la lourde menace de perte d’une production de 5000 tonnes de banane, faute de pistes, d’autant plus que celles en réhabilitation avec le concours du Projet de développement des Marchés Agricoles du Sénégal (Pdmas) sont bloquées du fait de l’intervention du promoteur du projet agro industriel qui aurait signifié qu’il ne saurait accepter une telle chose, du moins si l’on en croit Malang Faty, un des chargés de l’organisation de cette procession. Il ya ensuite le fait que les 3 500 âmes vivent la psychose d’un second déguerpissement après celui opéré par les pouvoirs publics en 1972, pour les besoins d’extension du parc national du Niokolo Koba.

Enfin, les marcheurs ont indiqué très clairement que «depuis deux ans, sous l’aile protectrice des autorités administratives, le sieur Khayat use de ses pouvoirs et empêche à plus d’une trentaine de familles habitant le village de Wassadou de vivre décemment. Ses engins ont labouré les terres des petits paysans jusqu’à la porte de leurs cases et parfois même détruit les vergers en floraison des femmes sur 2 ha».

Dans le mémorandum remis au chef de l’Exécutif régional, les marcheurs n’ont pas du tout été tendres avec les autorités administratives. «L’alibi des autorités administratives qui consiste à classer cette affaire sous prétexte que le dossier est pendant devant la justice nous semble très léger et témoigne si besoin en était, du manque de discernement des hautes autorités de la région pour prendre en charge cette question». C’est pourquoi, ils ont juré de ne pas se laisser faire. Ou la puissance publique tranche dans les meilleurs délais cette problématique, ou les populations se feront entendre, quoiqu’il puisse advenir d’autant plus que c’est une question de survie.

Des sources dignes de foi ont laissé entendre que ce litige tourne autour d’un titre foncier de quelque 3123 ha que le promoteur Gilbert Khayat aurait hérité de son père, et qu’il n’aurait jamais menacé de déguerpir qui que ce soit.

D’ailleurs depuis 2006, Mr Khayat n’aurait cessé de tenir des rencontres avec les populations pour les tenir informées des tenants et aboutissants de son projet et de sa volonté de collaborer avec elles. Nos tentatives pour le joindre cet après midi du lundi ont été vaines.
Original source: Sud Online
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