A qui profite la colonisation des sols ?

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Clara JAMART et Faliry BOLY (M Lucchesi / Radio France)

France Culture | Du grain à moudre | 24.05.2012

A qui profite la colonisation des sols? 

La victoire a beau être importante pour de nombreuses ONG, elle sera passée à peu prés inaperçue chez nous : le 11 mai dernier, le comité de sécurité alimentaire de la FAO (l’organisation des Nations Unies pour l’agriculture), adoptait des « directives pour une gouvernance responsable des régimes fonciers ».

Présenté de cette façon, il est vrai que le sujet peut paraître abscons. Dit de façon un peu plus claire, cela pourrait donner ceci : le comité de la FAO demande aux Etats de mieux encadrer l’achat de terres agricoles dans le monde. Objectif : protéger les producteurs locaux d’une nouvelle forme de prédateurs : des investisseurs, souvent étrangers, qui se ruent sur les terres de pays, souvent pauvres, pour assurer leur propre sécurité alimentaire. Ce phénomène a un nom : l’accaparement des terres. S’il n’est pas nouveau, il a connu une forte aggravation à partir de 2008, au moment de la crise des prix alimentaires. Un certain nombre de pays (la Chine est le 1er de ceux-là), réalisant leur dépendance agricole, font alors le choix d’investir, massivement, en dehors de leurs frontières. L’année suivante, en 2009, ce sont plus de 200 millions d’hectares qui auraient fait l’objet de transactions, en Afrique pour la plupart mais aussi en Asie du Sud-Est. C’est ce que l’on peut constater, à l’œil nu désormais, grâce au travail cartographique réalisé par un groupe de chercheurs, regroupés sous le nom d’opération LandMatrix. Depuis, le phénomène semble s’être un peu tassé. Mais pas au point de disparaître, loin de là. D’où la nécessité de le réguler. Alors à qui profite la colonisation des sols ?

Philippe Collin (J Gacon / Radio France)

Et le contrepoint de Julie Gacon.

En France, où l'approche du droit foncier et de la propriété des terres n'a rien à voir avec celle des pays du sud, il n'est pas question de "colonisation des sols", mais de raréfaction des surfaces agricoles. Tous les dix ans, sous l'effet d'une urbanisation croissante, c'est l'équivalent en surface d'un département qui est soustrait de l'usage agricole. Philippe Collin, porte-parole de la Confédération paysanne, y voit une raison de parler, là aussi, d'accaparement des terres.

Lecture
Invité(s) :

Clara Jamart, responsable de plaidoyer sur les questions agricoles au sein d’Oxfam France
Alain Karsenty, chercheur au CIRAD, Département "Environnements et Sociétés"
Faliry Boly, riziculteur à l'Office du Niger, secrétaire général de la fédération des coopératives du Sexagon (Syndicat des exploitants agricoles de l’Office du Niger)


Ecouter :


  



Lien(s)

Site Oxfam France Oxfam France fait partie un réseau international de 17 ONG qui, ensemble, luttent contre les injustices et la pauvreté en partenariat avec des organisations dans plus de 90 pays.
Site CIRAD Le site ainsi que le rapport mis en ligne apportent aujourd’hui un éclairage essentiel sur le phénomène mondial et complexe des acquisitions de terres à grande échelle.
Site Landmatrix Landmatrix est un site qui met en ligne des données collectives sur l'achat des terres dans le monde.


Document(s)

Original source: Radio France
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