Ethiopie: les locations de terres vont accroître les déplacements et la famine

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Environ 200.000 personnes pourraient être déplacées des 350.000 hectares loués dans le sud-ouest de l'Ethiopie
AFP | 29 juillet 2011

Ethiopie: les locations de terres vont accroître les déplacements et la famine

ADDIS ABEBA - La location par l'Ethiopie d'immenses étendues de terres arables à des sociétés ou des Etats étrangers risque encore d'aaccroître le nombre de personnes qui ont besoin d'une aide alimentaire d'urgence du fait d'une grave sécheresse, estime vendredi un centre de recherche américain.

Selon l'institut d'Oakland, environ 200.000 personnes pourraient être déplacées des 350.000 hectares loués dans le sud-ouest de l'Ethiopie depuis 2008.

D'après un rapport publié l'an dernier par la Banque Mondiale (BM), les acheteurs de terres dans des pays pauvres proviennent en général de Chine, Grande-Bretagne, des pays du Golfe, d'Arabie saoudite, de Corée du sud.

A Pékin, le gouvernement a catégoriquement démenti avoir acheté des terres en Afrique, qualifiant d'infondées les déclarations d'un responsable allemand qui a affirmé que ces acquisitions présumées aggraveraient la famine qui frappe actuellement l'Ethiopie.

Selon Frederic Mousseau, l'un des responsables de l'Institut d'Oakland, 90.000 hectares supplémentaires sont catalogués commes disponibles dans les registres fédéraux éthiopiens. L'impact va être terrible, car ce genre de pratique (location ou vente de vastes étendues agricoles) ne profiter certainement pas aux populations locales estime-t-il.

Tous ces gens vont perdre leur moyen de subsistance et venir grossir les rangs des millions de personnes qui dépendent de l'aide alimentaire dans le pays, estime-t-il.

Selon les Nations-unies 4,56 millions de personnes sont dans ce cas en Ethiopie.

Le gouvernement éthiopien a réagi au rapport de l'institut en se défendant de brader les terres agricoles: ce gouvernement est responsable et sait ce qu'il fait, a estimé son porte-parole Bereket Simon.

Selon la loi éthiopiennes, les pasteurs sont protégés et doivent être consultés si leurs terres sont reprises.

Les groupes de populations doivent être indemnisés en cas de déplacement, a ajouté le porte-parole.

Selon la constitution, dit-il à l'AFP, nous accordons une compensation adéquate et procurons (aux déplacés) un emploi, nous faisons en sorte que leurs vies ne soient pas bouleversées.

Mais l'Institut d'Oakland fait état d'informations de l'ONG Survival International selon lesquelles les populations locales seraient victimes d'intimidations pour les forcer à quitter leurs terres.

Il est clair que le gouvernement (éthiopien) est en train de mettre en oeuvre ces plans d'expulsion, affirme une porte-parole de cette ONG, Fiona Watson.
Original source: AFP
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