Jean-Philippe Audinet : "Les États africains n'investissent pas assez dans l'agriculture"

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J.-P. Audinet économiste principal à la division 'Politique et conseil technique' du Fida.

Jeune Afrique | 21/01/2011

Par Michael Pauron

Le Fonds international pour le développement agricole (Fida) a présenté le 20 janvier à Paris son "Rapport sur la pauvreté rurale 2011". En marge de cet événement, Jean-Philippe Audinet, économiste principal de la division "Politique et conseil technique" du Fida, a répondu aux questions de Jeune Afrique.

Comment se portent les ruraux africains?

Nous remarquons depuis 2008, date de la crise alimentaire, une aggravation de la fragilité des petits exploitants agricoles. Ceci est dû principalement à une compétition accrue pour l'accaparement des terres agricoles et des réserves d'eau, exacerbée par la hausse du prix des matières premières. Ce dernier phénomène a, par contre, ouvert largement des opportunités sur les marchés urbains pour les exploitants locaux, du fait de la hausse du prix des importations. Hélas, la grande fragilité des agriculteurs ne leur permet pas encore d'en profiter.

Quels sont les axes à améliorer?

L'État doit se charger de réduire les risques. Il doit axer sa politique autour de quatre domaines prioritaires. Il faut d'abord augmenter les investissements dans l'agriculture. Je rappelle que les accords de Maputo signés en 2009 prévoient que les États consacrent 10 % de leur PIB au secteur. Aujourd'hui, en moyenne, ils n'y consacrent que 5 %. Les investissements doivent notamment concerner les infrastructures pour permettre aux exploitants d'accéder au marché des villes.

Une série d'instruments doivent en outre être mis en place, comme des assurances contre les risques climatiques, une sécurité sociale, une régulation des prix par la gestion des stocks par exemple. Les ressources humaines doivent par ailleurs bénéficier d'une attention particulière, avec des formations professionnelles mieux adaptées aux économies rurales. Nous avons constaté ces dernières années un désinvestissement massif dans ce domaine. Enfin, il faut donner aux organisations paysannes plus de visibilité, de pouvoir, car elles doivent impérativement avoir un rôle à jouer sur les décisions.

Original source: Jeune Afrique
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