Logo-text

Abou Dabi future place de négoce internationale

Radio France Internationale | dimanche 21 novembre 2010


Par Claire Fages

C'est une première, Abou Dabi abrite le Salon international de l'agroalimentaire, le SIAL, pendant trois jours. Au même moment, l'émirat réunit le Conseil de coopération du Golfe sur l’approvisionnement alimentaire et il prépare le lancement de sa propre plate-forme de négoce de matières premières.

Etre le troisième exportateur de pétrole ne suffit plus aux Emirats arabes unis pour garantir leur approvisionnement en produits alimentaires ou en métaux. La population s'accroît, de même que la fréquentation des touristes dans ces Etats, particulièrement à Abou Dabi. Relativement épargné par la crise par rapport à son voisin Dubaï, l'émirat a même lancé un vaste plan d'infrastructures, qu'il faudra bien alimenter en matériaux.

L'inquiétude est encore plus forte dans le domaine alimentaire : comment répondre aux besoins de plus en plus importants en denrées de base, alors que les prix repartent vers les sommets, et que les émirats peuvent du jour au lendemain voir le détroit d'Ormuz bloqué par un conflit avec l'Iran ? L'achat de terres agricoles à l'étranger est une option, Abou Dabi a des vues sur des superficies en Irak. Mais depuis quelques semaines, l'émirat s'attèle surtout à la création de sa propre plate-forme de négoce, et de ses propres entrepôts, dans le but de contrôler une part de plus en plus importante du commerce des matières premières.

Dans le domaine alimentaire, les Emirats arabes unis sont déjà la plaque tournante du thé et dans une moindre mesure du sucre raffiné. Ils veulent s'affirmer aujourd'hui sur d'autres créneaux plus stratégiques comme les grains et les métaux. Abou Dabi, qui dispose de l'un des fonds souverains les plus riches au monde, aurait donc destiné plusieurs centaines de millions de dollars au capital de départ d'une nouvelle structure, ADS pour «Abu Dhabi Sources». ADS permettrait à l'émirat de garantir les approvisionnements, mais aussi de mettre la main sur quelques profits liés aux fluctuations des cours.

«Abu Dhabi Sources» pourra-il bientôt rivaliser avec les plus grands négociants : Glencore, Cargill, ou Dreyfus ? En tout cas, des entrepôts et des silos sortent de terre à Fujaïrah, l'émirat voisin, et selon les banquiers de Londres ou de Genève, les chasseurs de tête missionnés par Abou Dabi sont à l'œuvre depuis quelques semaines pour débaucher les traders européens.
  • Icon-world  RFI
  • 21 Nov 2010

Who's involved?

Who's involved?


Languages



Special content



Archives




Latest posts