Des investisseurs saoudiens lancent un projet de riziculture en Afrique

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Reuters | lundi 3 août 2009 | traduction faite par GRAIN

Souhail Karam

RIYAD (Reuters) -- Un groupe d’investisseurs saoudiens, dont la Banque islamique de développement (BID), a décidé de lancer cette année un plan septennal se montant à un milliard de dollars US, afin de permettre à l’Afrique d’être moins dépendante des importations de riz et de ravitailler le Moyen-Orient en riz.

Selon Salim Lalani, responsable des investissements à la Foras international Investment Company, l’un des partenaires du projet, ce programme qui porte  le nom de 7X7 prévoit de développer et de planter 700 000 hectares de terres agricoles, pour produire en 7 ans 7 millions de tonnes de riz.

« Nous avons en vue trois ou quatre pays : le Mali, le Sénégal et peut-être le Soudan et l’Ouganda », a expliqué M. Lalani à Reuters.

La sécurité alimentaire a pris une importance cruciale dans les priorités de l’aride région du Golfe, suite à l’inflation galopante de 2008 : celle-ci a mis en évidence la dépendance aux importations et forcé les pays à investir à l’étranger, pour assurer leurs réserves en aliments de base, tels le riz et le blé.

Du côté politique, le projet est soutenu par l’Organisation de la conférence islamique (OCI) qui regroupe plus de cinquante pays, et par les gouvernements du Mali et du Sénégal, deux pays qui font partie de l’OCI.

« Le plan financier implique la participation de la BID et la Private Sector Islamic Development Corporation (la Société islamique pour le développement du secteur privé) »,  a indiqué Foras dans une réponse écrite aux questions de Reuters.

LES OBJECTIFS ISLAMIQUES

Le but du projet concernant le riz est de pourvoir aux besoins des pays d’Afrique de l’Ouest et du Moyen-Orient.

Selon Foras, « Le déficit annuel en riz de l’Afrique de l’Ouest atteint environ 2 millions de tonnes ».

L’Arabie saoudite a importé un peu plus d’un million de tonnes de riz en 2008, selon le ministère de l’Agriculture américain. En Afrique de l’Ouest,  l’énorme Nigéria - la nation la plus peuplée du continent fait elle aussi partie de l’OCI – produit seulement un cinquième des 2,5 millions de tonnes de riz dont il a besoin annuellement.

« Ce [projet] est l’un des objectifs mis en place par l’OCI et par la Chambre islamique du commerce et de l’industrie pour faire face à la crise alimentaire, augmenter la production agricole et améliorer la productivité du riz », continue Foras.

L’étude de faisabilité menée par une équipe d’experts thaïlandais sera terminée en août et le projet devrait démarrer par une phase de pré-réalisation qui couvrira 5 000 hectares au Mali, à proximité du Bassin du Niger.

Foras explique : « Nous passerons ensuite à la phase de réalisation du projet qui couvrira entre 50 000 et 100 000 hectares ; la surface augmentera progressivement sur une période de sept ans. Le travail véritable commencera avant la fin de l’année 2009. »

Sur cette surface de 50 000 à 100 000 hectares, 20 000 seront plantés en riz, un projet de 200 millions de dollars US.

Foras n’a pas précisé quelle forme de propriété serait accordée aux partenaires de ce projet.

L’Arabie saoudite a encouragé les entreprises à investir dans des projets agricoles, après avoir décidé l’an dernier de réduire de 12,5 % sa production de blé : le pays abandonnait ainsi un programme trentenaire qui était destiné à cultiver le blé sur place et avait atteint l’autosuffisance, mais avait aussi épuisé les rares ressources aquatiques du royaume du désert.

En janvier, le gouvernement saoudien a désigné l’Éthiopie, la Turquie, l’Ukraine, l’Égypte, le Soudan, le Kazakhstan, les Philippines et le Vietnam comme cibles potentielles pour les investisseurs et les fonctionnaires saoudiens.

Plusieurs entreprises saoudiennes ont déjà commencé à investir dans des projets agricoles, de l’Indonésie à l’Éthiopie.

Le premier exportateur de pétrole mondial a affirmé en janvier avoir reçu le premier lot de riz cultivé à l’étranger par des investisseurs locaux.
Original source: Reuters
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