La Banque allemande de développement finance en RDC une société accusée de spolier des terres

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"Les salaires que reçoivent les travailleurs dans ces plantations de Feronia avoisine à peine 0,9 dollars par jour," déclare Pierre Kumiel
Deutsche Welle | 23.11.2018

La Banque allemande de développement finance en RDC une société accusée de spolier des terres

Neuf communautés ont porté plainte contre la Banque allemande de développement début novembre. Elles reprochent à la DEG de financer Feronia, une société canadienne spécialisée dans la production d'huile de palme.

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Outre le fait d'être responsable d'accaparement des terres, il est reproché à Feronia, le mauvais traitement de ses employés qui sont payés moins d'un dollar par jour. Ce qu'a déclaré à la DW, Pierre Kumiel, coordinateur provincial du Réseau d'information et d'appui aux ONG nationales (RIAO). Celui-ci fait partie des personnes qui ont signé la plainte qui a été envoyée au début de mois à la DGE.

"Les salaires que reçoivent les travailleurs dans ces plantations de Feronia avoisine à peine 0,9 dollars par jour. L'accord global signé entre la société, les communautés et le RIAO était présidé par moi-même avec ma signature. Il faut être réaliste, nous ne voulons pas chasser Feronia de notre pays, ce n'est pas notre intention. Nous voulons que Feronia puisse pendre en compte le fait que les communautés puissent bénéficier des retombées de cette société. La première des choses, c'est que le salaire des gens soit amélioré et la seconde est qu'ils puissent laisser de l'espace aux villageois pour avoir des terres cultivables", explique le coordinateur du RIAO.

Stephane Desgain travaille pour le Centre national de la coopération au développement en Belgique. Il s'est rendu à Lokutu, dans la province orientale en RDC, où il a pu discuter avec les communautés locales. A son retour de mission, il a publié un rapport qui sortira courant novembre. Rapport dans lequel, il retrace l'historique des revendications des populations depuis 2015.

"D'après les informations que nous avons, la situation ne s'améliore pas. Il était nécessaire d'aller sur le terrain pour rencontrer les communautés sur place. Depuis 2015, on dénonce des conflits, des tensions, des solutions qui ne sont pas apportées par l'entreprise. Et lorsque nous sommes allés sur place, les populations ont répété que pour elles, il n'y a pas de processus de consultation qui respecte les critères internationaux encore moins ceux de la RDC. Que les conditions de travail ne sont pas faciles, qu'ils veulent récupérer leurs terres, qu'ils veulent surtout que l'entreprise tienne ses engagements. Enfin, qu'il y ait un véritable processus de dialogue et de consultation, ce qui n'est toujours pas le cas," souligne Mr. Desgain.

Situation difficile

Contactée, la Banque allemande de développement nous a répondu par mail en mentionnant que la DEG s'engage via ses investissements à la société Plantations et Huileries du Congo SA, une filiale de Feronia, à garantir des milliers d'emplois dans un des pays, les plus pauvres au monde.

La DEG souligne qu'elle entretient un rapport permanent avec les autorités de la société civile.

Pour sa part, Feronia en RDC nous a répondu que la personne habilitée à répondre aux questions de la DW était absente. Et qu'il  fallait attendre son retour prévu fin novembre.

Le dossier reste en suspens à ce stade, en attendant, les suites de la plainte déposée auprès de la Banque allemande de développement.
Original source: Deutsche Welle
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