Québec : Les agriculteurs s’inquiètent de l’acquisition de terres par des groupes financiers

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Radio Canada | 22.10.2014

Les agriculteurs s’inquiètent de l’acquisition de terres par des groupes financiers

Le reportage de Mélissa Paradis

Quelque 125 producteurs agricoles du Saguenay-Lac-Saint-Jean ont participé au congrès annuel de la Fédération régionale de l'Union des producteurs agricoles (UPA), à Alma.

Ils ont dressé le bilan de la dernière année qui a été, pour eux, mouvementée.

L'accaparement des terres agricoles par de grands groupes financiers, comme la société Pangea qui a acquis des au Lac-Saint-Jean, fait craindre le pire.

« Ce n'est pas un enrichissement du monde agricole, c'est un appauvrissement du monde agricole, précise le premier vice-président de l'UPA, Pierre Lemieux. Si je paie ma terre 500 $ ou 1000 $ de l'acre plus cher parce que ce joueur est arrivé dans le décor, cet argent-là, je ne l'ai plus pour réinvestir au niveau de la productivité de mon entreprise. »

L'UPA interpelle d'ailleurs les élus sur le sujet pour protéger la relève agricole.

« Ça prend des lois où les gouvernements vont vraiment se responsabiliser pour protéger l'activité agricole », ajoute M. Lemieux.

« Dans l'avenir, Pangea ne sera pas éternel, qui va racheter ces entreprises-là? La relève, le tissu agricole ne seront plus là », souligne le président de la Fédération régionale de l'UPA, Yvon Simard.

Sécuriser les revenus

L'UPA souhaite aussi que le programme actuel de sécurité du revenu soit revu pour faire face aux risques hors du contrôle des agriculteurs, comme les variations du marché et les conditions climatiques.

« Le revenu est tout le temps à risque, précise le producteur laitier Benoît Boily. C'est nous autres qui risquons. On est aux premières loges du risque. »

Les producteurs demandent aussi à la Financière agricole de revoir son système de dédommagement pour les pertes liées aux conditions climatiques et de débloquer 50 millions de dollars pour les régions qui souhaitent moderniser leurs installations, comme le Saguenay-Lac-Saint-Jean.

« L'agriculture, on la met un petit peu de côté, déplore la productrice Denise Gagnon. C'est ce qu'il ne faut pas. Il faut toujours penser que l'agriculture est importante et d'avoir des sous qui nous sont donnés pour nous faciliter la tâche. »

Quant à l'accord de libre-échange qui prévoit l'arrivée massive de fromages fins européens au pays, l'UPA espère que les fromagers d'ici auront un droit de regard sur les quotas d'importation.

Original source: Radio Canada
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